‹ Contribution à l'étude de l'acide chromique, des chromates et de quelques composés du chrome (physiologie, thérapeutique et toxicologie)Chapitre 9 sur 9 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

En résumé, des considérations qui précèdent et de l’ensemble de ce travail, je suis amené à tirer les conclusions suivantes :

I. — L’acide chromique est un caustique destructeur qui, manié avec prudence, est appelé à rendre des services importants dans la thérapeutique chirurgicale et pourra être souvent préféré à beaucoup d’autres.

On s’en servira surtout avantageusement dans certaines affections chroniques du bord alvéolaire.

IL — On rencontre dans les différents échantillons d’acide chromique du commerce de nombreuses impuretés, parmi lesquelles se trouvent l’acide sulfurique et l’arsenic.

III. — Il est indispensable de ne faire usage que d’acide chromique chimiquement pur, car la présence de l’acide sulfurique et de l’arsenic peut

rendre les cautérisations extrêmement douloureuses, tandis que les plus petites quantités d’arsenic peuvent occasionner des phénomènes graves, surtout lorsque les applications sont répétées sur de larges surfaces.

IV. — Le bichromate de potasse ne me paraîtpas applicable à l’extérieur comme caustique,, d’abord, parce qu’il occasionne de vives douleurs ; puis , parce que, ne coagulant que lentement les matières albuminoïdes, il peut dépasser le but proposé.

V. — A l’intérieur, comme vomitifs, les chromâtes de potasse n’offrent absolument aucun avantage sur les vomitifs ordinairement employés.

VI. — Le chromate de soude, cependant, pourrait être appliqué en injection sous-cutanée, et il provoquerait alors sûrement et rapidement le vomissement.

VIL — Quant aux propriétés antisyphilitiques du bichromate de potasse, elles ne me semblent pas suffisamment établies pour 'conseiller l’emploi de ce nouveau médicament.

VIII. — D’après les travaux de certains auteurs, entre autres de Gmelin, il résulte que les chromâtes de potasse sont des poisons énergiques. Je pense que les doses de chromate neutre indiquées comme toxiques par Gmelin, sont beaucoup trop élevées.

Il sera par conséquent important de ne procéder à l’emploi du bichromate de potasse qu’avec une très-grande prudence.

IX. — En injection hypodermique le chromate neutre de soude amène la mort d’un cobaye à la dose de 0 gr. 005 ; un chien de forte taille, succcombe avec 0 gr. 30 cent.

X. — Le chromate de soude s’élimine en partie par l’estomac, en amenant dans cet organe des phénomènes inflammatoires.

XI. — On devra donc, à cause de l’action toxique de ce selj éviter de faire avec l’acide chromique des cautérisations sur de trop larges surfaces.

XII. — Le chromate de soude en injection souscutanée n’amène aucun désordre local.

XIII. — Les sels de chrome, tels que leschlorures sulfates, sont infiniment moins toxiques que les chromâtes ; ils ne causent la mort qu’à des doses beaucoup plus considérables, environ cent fois plus fortes.

XI Y. — 11 ne paraît pas y avoir de différence dans l’action des sels verts et des sels violets de chrome.

Ces recherches ont été faites au laboratoire de l’Hôtel-Dieu et, en terminant, je tiens à adresser mes remercîments à ceux qui dirigent ce laboratoire pour la bienveillance qu’il m’ont témoignée et les savants enseignements que j’ai reçus d’eux. Je prie en particulier M. Roux, aide de laboratoire, de vouloir bien agréer l’assurance de ma vive reconnaissance.

Enfin, ma sincère gratitude à M. Gille, interne à l’hôpital Lariboisière, pour les services qu’il m’a rendus pendant le cours de mes études médicales.

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