‹ Contribution à l'étude de l'acidité urinaire: Ses variations sous l'influence du Bromure de potassiumChapitre 15 sur 37 · IE FAC · texte numérisé non relu

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tants de Ia Jamaïque qui consomment des quantilés énormes de quinquina et par suite de l'acide quinique, éliminent une proportion très grande d'acide hippurique du fait de la présence du radical benzyl.

Tappeiner et Salkowski prétendent que l’origine des petites quantités d'acide hippurique serait due à la formation d’acide benzoïque provenant de l'acide phényl-propionique, produit constant de la putréfaction intestinale.

D'après Bunge et Schmiedeberg, c’est dans les reins que se formerait principalement l'acide hippurique. Abelous et Ritraut pensent qu'il existe une diastase susceptible de présider à sa formation. Les fortes fièvres, d’après Lehmann, augmentent sa production. Le même fait se passe dans le diabète, les affections du foie, la chorée. Wôhler et J. Weiss ont constaté que l’ingestion de cerises, de fraises ou de raisins faisait augmenter la production d'acide hippurique et diminuer au contraire celle d'acide urique.

En dehors des acides urique et hippurique, il existe une foule d’autres acides provenant de la destruction de nos tissus ou des aliments ingérés, acides faibles le plus souvent et dont nous empruntons la liste à l'encyclopédie chimique de Frémy.

Les acides formique, acétique, butyrique existentnormalement dans l'urine. Dans le diabète, von Saksch a constaté la présence de l'acide propionique et en même temps il y aurait une augmentation parallèle de l'acide acétique.

Frerichs a trouvé l'acide valérianique C‘HCOOH, homologue supérieur de l'acide butyrique, dans la variole, l'atrophie aiguë du foie, le lyphus. D'après Rosenfeld (1), les acides gras proviendraient soit des graisses, soit des albuminoïdes, des hydra-

tes de carbone divers, soit encore d’une action bactérielle se

produisant dans les parois de l'intestin. Leur quantité augmenterait dans les états cancéreux du tissu stomacal. L’acide lactique CHCHOH-COOH a été considéré comme la

(1) Rosenfeld, Sur la présence d’acides gras volatils dans l’urine, Deutsch medical, 1903, n. 13.

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cause vraie de l'acidité urinaire. Certains auteurs, Le Barbier en particulier, ont tenté sa recherche dans les urines normales à l’aide du procédé au sous-acétate de plomb et jamais ils n’ont pu obtenir le sarcolactate de plomb cristallisé que Colosanti et Moscatelli avaient cru retirer de quelques urines à la suite de marches forcées.

Schultzen et Priéso ont rencontré l'acide sarcolactique dans les cas d'intoxication phosphorée aiguë, Simon et Webel dans la trichinose; Schmuziger dans l’ostéomalacie; Salkowski dans la leucémie et Araki dans l’intoxication par l'oxyde de carbone. L'excrétion urinaire d'acide lactique atteint son maximum dans les affections du foie. C'est à l’état de combinaisons salines et non à l'état libre qu'on Le trouve dans les urines.

L’acide .acétyl-acétique ou diacétique CH-CO-CH?-COON, se rencontre dans les urines à l'état pathologique. Il donne avec le chlorure ferrique une coloration rouge violet. Accompagné généralement d’acétone, on le trouve dans le diabète sucré, dans les fièvres aiguës, telle que la rougeole et la scarlatine, dans le cancer de l'estomac.

L'acide $ oxybutyrique CH'-CHOH-CH?-COOH est toujours accompagné de l'acide diacétique et d'acétone qui sont ses dérivés d'oxydation.

L'acide glvcuronique CHO(CHOH)‘COOH n'existe pas à l’état libre dans les urines, mais bien sous forme de combinaisons dont les principales sont : Les acides,

trichloréthyl-glycuronique (acide urochloralique); trichlorobutyl-glycuronique (acide urobutylchloralique) ; phénol-glycuronique ; naphtol-glyeuronique ; campho-glycuronique ; terpéni-glycuronique ; indoxyl-glycuronique ; scatoxyl-glycuronique.

« On peut admettre, dit M. A. Gautier (1), que les éthers

(1) À. Gautier, Chimie biologique, 1890, p. 289,

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.» glycuroniques résultent d'une oxydation incomplète de la gly-

» cose physiologique dans l’économie, laquelle s'arrête à la » phase d'acide glycuronique, son premier produit d'oxydation » sous l'influence des dérivés nombreux tels que phénols, phéné- » tols, camphres, chlorals, etc., qui ralentissent le mouvement » nutritif et l'assimilation de l'oxygène, avec lesquels l'acide » formé s'unit sous la forme de composés copulés, complexes,

» excrélés sous cette forme définitive par les urines ».

L'acide oxalique : COOH-COOH $se rencontre dans les urines normales sous forme d'oxalate de chaux, il n'intervient donc pas dans l'acidité. Sa quantité augmente avec le régime végétal et forme parfois des calculs vésicaux, biliaires ou intestinaux. C'est à certains végétaux tels que l’oseille, les épinards, que l’on doit sa présence dans les urines, ou bien encore à l'oxydation incomplète des corps ternaires.

L'acide succinique &H<7 001 est le deuxième homologue supérieur de l'acide oxalique. Ce fut Meissner qui le signala le premier et Pouchet qui, en 1889, confirma sa présence. Il semble se former dans l'organisme aux dépens d’autres acides organiques tels que l’acide malique, l’asparagine ou être le résultat d'oxydation des graisses et de quelques matières albuminoïdes voisines de la leucine ou de la tyrosine.

L'acide phosphoglycérique j9 >cm0P<{6y existe normalement dans l'urine à l’état de traces. Il augmente de quantité dans certaines maladies tels que l’épilepsie, la leucémie, la chylurie. Il provient généralement de la décomposition des lécithines et de ce fait serait un déchet de la substance nerveuse.

L'acide sulfocyanique CAZSH a été découvert à l'état de traces dans l'urine normale, en 1870, par Leared. Il serait un produit de désassimilation des matières albuminoïdes grâce au noyau cyanique. D’après Gautier (1), il dériverait des matières protéiques ou des corps xanthiques. C'est toujours sous forme de combinaisons salines qu’on le trouve dans les urines. L'acide benzoïque CSH*COOH engendre l'acide hippurique.

(1) A. Gautier, Chimie biologique, p. 621.

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