CHAPITRE III
Variations physiologiques et pathologiques de l’acidité urinaire.
Quelle est l'acidité normale? Existe-t-il une urine normale?
« Les divergences des auteurs, dit Joulie, qui ont essayé de répondre à cette question pourraient assurément en faire douter. Ils ne sont d'accord sur rien : ni sur la densité, ni sur la quantité rendue en 24 heures par l'individu moyen et encore moins sur le dosage des éléments constitutifs de l'urine.
» Les causes de ces nombreuses divergences peuvent s'expliquer facilement.
» 1° L’urine ne peut être normale que si le sujet qui la fournit est en parfaite santé, ce qui n’est pas aussi fréquent qu'on le croit généralement.
» 2° L’urine humaine contient deux sortes de produits dont la distinction est souvent fort difficile.
a) Des produits de désassimilation résultant du fonctionnement des organes et de leur usure.
» b) Des produits provenant de l’alimentation, inutiles ou en quantité excédant les besoins de l'économie. Ces produits éliminés par les urines et nécessairement très variables, viennent par leur mélange avec les premiers troubler les idées que l’on pourrait baser sur la connaissance de leurs proportions ».
Pendant huit jours et tous les jours Gautrelet a procédé à des analyses sur des urines de 24 heures rendues par 10 personnes dont 5 hommes et 5 femmes pris à l’âge moyen de la vie, en
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bonne santé et travaillant à la campagne. La moyenne des résultats obtenus l'a conduit au tableau suivant :
Poids de l'urine (densité) . - : +: - - 1.017 gr. 80 par litre. TO ER NE AN ER SET LG 18 gr. % »
Acide Unique” he eo Ogr.4l6 »
Acide phosphorique . . : 4 + ++ -:: 2 'er..088 #0 Acide orlhophosphorique . : . + : + + 2 gr. 815 oo» COTE RE ve MR 4 gr. 166
Potasse. MEME UE TOR Eten 2 gr. 081 »
Coude rer MOVE SC kgr. 166 »
TN TT ne Ogr. 208 »
Magnèste 7, ONE ET Ogr. 208 » .
Oxydedeferer ru ENS Ogr. 045 ».
Acidilé en acide phosphorique. . . . . 1 gr. 230 » Acidilé en acide sulfurique . . . . - : Ogr. 849 »
Dans une urine quelconque, quand les T1 corps dosés ci-des-
sus se rapprochent des chiffres indiqués, l'urine étudiée est aussi normale que possible. L'acidité de l'urine est indispensable. Elle permet aux phosphates calciques et magnésiens ainsi qu’à l'oxalate de chaux qui passent dans le sang de rester dissous. Quand elle est exagérée, il y a précipitation d'acide urique par décomposition des urates.
Quand l'équilibre de l'acidité est rompu, il y a des troubles
de la circulation que l'on appelle des diathèses et qui sont hypoacides ou hyperacides, suivant que l'acidité est exagérée ou
non. x
« L'acidité urinaire, quand elle est en excès, dit Joulie, résulte nécessairement d'un excès d’acidité du sang, par la formation, dans l'économie, d'acides organiques qui n'ont pas été brûlés. Or, l'hyperacidité du sang à pour effet d'augmenter sa viscosité et, par suite, de gêner sa cireulation qui subit, de ce fait, un certain ralentissement ayant pour conséquence une diminution des oxydations et des échanges et un certain ralentissement de la nutrition. Aussi voit-on généralement coïncider avec la gravelle urique une série de maladies chroniques générales faisant partie des maladies par ralentissement de la nutrition décrites par M. le professeur Bouchard.
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« Le défaut d’acidité urinaire résulte au contraire d’une diminution de l'acidité du sang, c’est-à-dire d’une augmentation de la proportion de bicarbonates et des phosphates alcalins qu'il doit contenir normalement. Or l'augmentation de ces sels a pour effet de diminuer la viscosité du sang, de le rendre plus liquide et par suite de le faire circuler plus vite pour une même impulsion donnée par le cœur. Il en résulte forcément une augmentation de l'oxygène pris dans les poumons, toutes choses restant égales d’ailleurs, d’où une intensité plus grande des oxydations et des échanges organiques et par suite l'affaiblissement et la consomplion, si l'alimentation reste impuissante pour réparer les pertes excessives de l'organisme. Il est donc bien évident que la connaissance exacte du degré d’acidité que présentent Les urines est fort précieux, puisque ce dosage suffit à lui seul pour caractériser la diathèse qui domine la santé du sujet en observation et pour indiquer le traitement à lui opposer ».
L'acidité urinaire est sujette a des variations, non seulement dans les états pathologiques mais aussi à l'état physiologique, et encore chez le même individu suivant les différents moments de l'émission et sous l'influence des régimes.
Delavaud, en 1852, examine son urine aux différentes émissions de la journée tout en suivant un régime. Il en arrive aux résultats suivants :
1° La première émission d'urine de (5 à 7 heures) s’est montrée constamment très acide. :
2° Les émissions suivantes jusqu'au déjeûner (9 h. 1/2 à 10 heures), et peu après çe repas ont été presque toujours neutres ou très légèrement alcalines ou à peine acides, et fort rarement, dans ces cas exceptionnels, d'une acidité marquée.
3° Pendant le reste de la journée et pendant la nuit l'urine a toujours été acide.
Avec Etevenon, il faut admettre que l'acidité urinaire de Ja nuit est plus grande que celle du jour durant la même période de temps. Trois heures après le repas l'acidité absolue est plus grande, mais l'acidité relative est plus petite.
Tweedy se range à l'opinion de Bence Jones et pense que la
Pouyaud 3