‹ Contribution à l'étude de l'acidité urinaire: Ses variations sous l'influence du Bromure de potassiumChapitre 9 sur 37 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Le premier qui essaya de réduire l'urine en ses éléments fut Van Helmont. Il obtint de l'alcali volatil. On crut donc que l'urine était alcaline et ce fut l'opinion qui régna jusqu’à la fin du xvui* siècle, et ni les travaux de Tachénius en 1668, ni ceux de Dippel en 1711, ni ceux de Homberg en 1712 et de Bærhaaven ne purent la faire abandonner.

Nicolas trouve dans les urines de l’acide phosphorique libre. Scheele affirme la présence de phosphate acide de chaux, de l'acide urique, de l'acide hippurique qu'il confond avec l'acide benzoïque. :

Berthollet trouve du phosphate de chaux acide.

L’attention des chimistes et des physiologistes fut attirée en 1794 par la coloration rouge, que communiquaient les urines fraichement émises au tournesol. Dès ce moment Fourcroy, Poulletier et Delassalle essayent de déterminer les propriétés de l'acide urique et pensent qu'il est la cause de l'acidité urinaire. Fourcroy et Vauquelin en 1806 trouvent de l'acide acétique dans certaines urines et risquent l'opinion que l'acide acétique existe dans les urines normales combiné aux sulfales, et que, même sous cette forme, il peut faire virer au rouge le bleu de tournesol.

Thénard confirme la même année ces recherches dans son mémoire sur l'acidité de la sueur et de l'urine.

Mais bientôt c’est vers l’acide lactique que vont se tourner les chimistes. Berzélius, en 1810, attribue l'acidité de l'urine à

l'acide lactique libre.

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Bien longtemps on se rangea à cette opinion et ce n'est que beaucoup plus tard, quand les méthodes furent plus précises, qu'on put se rendre compte que c'est en quantité très faible que l'acide lactique existe dans les urines, tout comme les acides gras qu'on peut y rencontrer et que, dans ces conditions, il ne peut influencer le tournesol d’une façon suffisante. :

Prout, en 1824, étudiant les causes qui peuvent amener les maladies, pense que l'acide urique n'existe pas à l'état libre dans les urines. Liebig, en 1832, constate que l'acide urique, agissant sur les phosphates basiques, les transforme en phosphates neutres et même acides.

Dès lors, commence l'ère nouvelle. En 1839, Rayer puis Donné, en 1847, pensent que l'acide urique existe sous forme d'urate alcalin et que l'acidité est due à l'acide lactique.

Plus tard, Lecanu, Bouchardat et bien d’autres font remarqu’il existe des dépôts spontanés d'acide urique pur dans l'urine normale, tandis que Vigla et Quevenne, en 1847, à l'encontre de Rayer et de Donné, essayent de démontrer que l'acidité urinaire est due à l'acide urique existant en grande partie à l’état libre.

En 1841, Liebig affirme la présence de l'acide hippurique dans l'urine normale de l’homme, fait que Lehmann avait signalé en 1839.

Alors apparaissent les travaux de Robin et Verdun (1), puis ceux de Béales, Bence Jones, Golding, Bird, Neubauer, Vogel et c'est au phosphate acide de sodium que, d’après eux, il faut attribuer l'acidité de l'urine.

Béraud et Béclard acceptent cette opinion, tandis que Longet se range à celle de Berzélius.

W. Marcet reconnait à l'acidité de l'urine des propriétés presque identiques à celles de l'acide hippurique. Lionel S$. Beale pense que l'acidité de l'urine n’est pas due à un seul acide et il songe, soit à l'acide carbonique, soit au phosphate mono-

(1) Chimie analomique, Paris, 1853, in-8, IL.

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