OBSERVATION IV
Clinique médicale : Frédéric M..., de Hundsheim, âgé de cinquante-six ans, exerçant la profession de maçon. Interrogé le 21 février 1890. Ses parents sont morts très âgés. Dans sa famille, aucune maladie nerveuse. Dans l’automne de 1889, il remarque une sensation de fourmillement dans les extrémités des doigts des deux mains ; puis un engourdissement et des douleurs aiguës dans les pieds. Ces phénomènes furent bientôt suivis d’une sensation de froid dans les mains, dans les pieds et particulièrement dans le segment du membre inférieur droit qui est placé au-dessus de l’articulation du genou. Depuis le moment où ces phénomènes se sont établis, le malade a éprouvé une raideur dans les membres et n’a plus pu travailler. Il est devenu également faible. ]1 n’a jamais eu à se plaindre de douleurs de tête ni de vertige. On ne note rien au point de vue de l’alcool et de la syphilis. Le cœur ne présente rien d’anormal digne d'être signalé. Les artères sont un peu rigides ; la carotide, particulièrement, fournit une sensation de tension. La pression sur les nerfs du bras droit n’éveille aucune douleur ; le bras gauche, au contraire, est douloureux. Il n’y a pas de parésie, La force musculaire est bien conservée dans les bras. Les mains sont froides. La recherche de l’état de la sensibilité ayant été faite plusieurs fois, n’a fourni rien d’anormal, si ce n’est la sensibilité à
la douleur, qui parait diminuée dans la moitié inférieure de la face antérieure de la cuisse. Le malade est partout ailleurs très sensible au courant faradique ; tandis que dans cette région même, lorsque le courant faradique est très fort, il ne ressent aucune douleur.
Le reflexe patellaire est normal. La nuit le malade dort bien.