‹ Contribution à l'étude de L'acroparesthésieChapitre 14 sur 41 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Clinique médicale, Observé le 15 mars 1890.

Antoine-Henri d'H..., âgé de quarante-huit ans, cultivateur. Avaiteu le typhus dans son enfance et, en 1870, une fièvre gastrique.

Dans la nuit de Noël 1888, il remarqua dans les deux orteils une sensation anormale comme un engourdissement., Trois mois après le même phénomène se produisit dans les extrémités des doigts et dans les bras, mais avec une intensité plus faible. Cette sensation anormale présentait son maximun d'intensité dans les membres inférieurs et en particulier aux talons.En juin, le malade vint à l’ambulance. Le phénomène diminua après un traitement de huit jours par le courant faradique. Pendant tout l’été, le phénomène fut moins prononcé et resta limité aux extrémités des doigts et aux talons. En octobre 1889, il se produisit rapidement une augmentation de la douleur débutant de la même façon qu’au commencement. Le malade est devenu très faible et s’est beaucoup amaigri à tel point qu’il ne pouvait ni marcher ni se tenir debout. Dans les bras, cetle faiblesse était moins prononcée. Actuellement l'intensité de la paresthésie a cessé depuis trois semaines. Le malade est maigre, a mauvais appétit surtout lorsqu'il est constipé.

Les pupilles sont égales et réagissent normalement. Dans les deux bras, au-dessous de la peau mais non liées nettement au tronc nerveux, on constate de petites tumeurs de consistance molle. La force des mains est normale. Elles marquent 44 à droite et 38 à gauche au dynamomètre.

La force des muscles fléchisseurs est également conservée. Les

porte

muscles ne présentent pas de contractions fibrillaires. Les pulsations des artères radiales sont égales des deux côtés. Le réflexe du supinateur et celui du triceps sont très exagérées à droite; à gauche, il est plus faible. Aux doigts de la main gauche, les objets émoussés sont mieux sentis que les objets pointus; à la main gauche la sensibilité est intacte. La sensibilité à la douleur et à la température est normale au bout des doigts. Par la compression de l'artère humérale gauche on ne réveille aucune paresthésie dans la main, pas même après une compression d’une minute. Il n’y a aucune raideur dans les mouvements. La couleur de la peau est un peu bleuâtre, mais n’a rien d'anormal.

Au niveau des extrémités inférieures la peau est froide et ne présente aucune nodosité. Après avoir mis les membres à nu par une température de 14050 Réaumur qui régnait dans la salle, il se produisit de fortes contractions fibrillaires et une ondulation très prononcée dans les deux muscles quadriceps. Ces phénomènes se produisaient même dans le lit. D’une façon faible mais distincte, ces contractions fibrillaires existaient aussi dans le gastro-cnémien droit et dans les muscles fléchisseurs du membre inférieur droit. Elles étaient beaucoup moins prononcées au gastrocnémien de la jambe gauche. Le réfiexe rotulien était normal. Le réflexe plantaire était faible à droite, à gauche il faisait défaut ; le réflexe crémastérien manquait à droite, et à gauche ïil ne se produisait qu'après une forte pression. Le réflexe abdominal est normal. La sensibilité de la peau du gros orteil est normale. Elle est diminuée sur la face plantaire des autres orteils, tandis que sur le dos du pied elle est mieux conservée. La sensibilité à la température est normale. La sensibilité à la douleur paraît augmentée, Une légère pression suffit pour éveiller une forte douleur surtout au niveau des orteils. Le malade éprouva une sensation de froid dans le creux poplité et une sensation de constriction dans la région inguinale.

La colonne vertébrale n’est pas douloureuse à la pression et ne. présente rien d'anormal, La couleur de la peau est tantôt pâle, tantôt rouge, tantôt cyanosée, Actuellement la sensation de fourmillement a disparu dans la plante des pieds. Le malade marche mieux.

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