‹ Contribution à l'étude de L'acroparesthésieChapitre 32 sur 41 · AC · texte numérisé non relu

AC

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Les nombres ci-dessus se rapportent à la moitié gauche du corps : la sensibilité est de quelques millimètres plus aiguë à droite.

Ja contractilité électro-musculaire est bien conservée.

Les mouvements des bras sont parfaitement libres, La pression des mains paraîtun peu plus faible, Quand la malade a les yeux fermés, elle fait très maladroitement et lentement de petits mouvements comme de boutonner sa robe et ne peut en venir à bout ; elle ne peut pas prendre une aiguille sur la table quoiqu’elle soit sous les doigts; elle ne peut pas arranger ses cheveux par derrière; elle ne peut tricoter qu’en regardant fixement. Dès qu'il fait sombre, elle doit cesser tout travail de ce genre. La malade remue librement les jambes; quand elle les lève les yeux fermés, elles ne chancellent pas. Elle dit quelorsqu’elle marche elle ne sent pas le sol et qu’elle a comme du feutre sous les pieds. Quand elle a les yeux fermés, elle chancelle et risque de tomber en se tournant rapidement, Il ne lui est possible de marcher dans l'obscurité que si elle prend un point d'appui et voit où elle doit aller; différemment elle chancelle et tombe bientôt. À la lumière et lorsqu'elle a les yeux ouverts, il n’y a rien d’anormal dans sa démarche, si ce n'est une légère pesanteur.

Note. — Un autre motif nous a conduit à citer un peu plus complètement ce cas ; il est indéniable qu’il rappelle par son ensemble de symptômes et surtout par les troubles profonds de la coordination des mouvements, la maladie due à la dégénérescence de la substance grise des cordons postérieurs de la moelle, et non seulement les symptômes, mais encore le cours et la marche de notre affection rappellent cette maladie. Aussi le cas est-il bien approprié pour démontrer que les troubles de la motilité désignés sous le nom d’ataxie ne procèdent que de la diminution de la sensibilité, car dans une affection périphérique des nerfs sensitifs de la peau, qui est la conséquence d'un spasme- vasculaire (voir mémoire de Nothnagel), on ne pourra pas penser que ces troubles de la coordination sont dus à des lésions des nerfs spécianx, ou des centres nerveux présidant à la coordination. Ici les troubles sont certainement la conséquence de l’altération de la sensibilité, et concordent parfaitement avec les troubles moteurs qui apparaissent à la

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dégénérescence de la substance grise des cordons postérieurs de la moelle. Tous les mouvements sont libres, tant que les yeux peuvent compenser le manque de tact. Lorsque les yeux ne peuvent remplir leur rôle, les troubles moteurs apparaissent d’une façon notable. Enfin, la disparition des troubles moteurs survenant avec la disparition de l’anesthésie, prouve aussi la dépendance de ces phénomènes des lésions du système nerveux sensitif.

Le malade employa environ pendant six semaines inutilement divers remèdes pour l'usage interne, le courant induit (nous n’avions pas de courant constant à notre disposition), et des bains chauds (8 seulement),

On lui fit alors brosser rigoureusement les extrémités, prendre des bains chauds moutardés, et on lui ordonna de se frotter les mains avec de l’essence de moutarde, Il n’y avait pas encore trois semaines qu’il employait ces frictions cutanées que l’état de la malade s'était amélioré : les mains étaient moins froides et moins cyanosées, les troubles sensitifs moins prononcés et les troubles moteurs moins accusés. Fin août, la malade est rétablie ; elle sent partout les moindres piqûres d’aiguille et marche sans chanceler.

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