OBSERVATION XX VI
A. S..., servante, trente-sept ans. La malade se plaint d’avoir ressenti, il y a dix ans, une sensation de (mort) dans les deux mains et avant-bras, qui venaient souvent la déranger pendant son travail. Il y a environ six mois, sur cette sensation s’est greffée une douleur qui depuis cinq semaines a beaucoup augmenté. La malade ne sait à quoi l’attribuer ; elle lavait seulement une fois par mois pour la maison.
Etat actuel, 27 décembre 1885. — Santé générale bonne.
La malade se plaint d’une sensation d'engourdissement et de
nEpte chatouillement, s’accompagnant de douleurs dans les deux mains et avant-bras.
Ces phénomènes diminuent jusqu’à disparition complète par un travail opiniâtre. Mais lorsque les mains se reposent, les symptômes reviennent aussitôt et surviennent surtout la nuit avec une violence intolérable, On les observe surtout dans les deuxième et troisième doigts de chaque main et sont plus prononcés dans la main droite que dans la main gauche. Au moment des fortes douleurs, les doigts, comme le dit spontanément la malade, deviennent blanes. Cette pâleur se produit surtout le matin aussitôt après le lever et dure parfois une heure, mais ordinairement moins longtemps; puis apparaissent des douleurs lancinantes plus prononcées à droite qu’à gauche et de courte durée, qui s'étendent jusqu'aux coudes sans suivre de voie nerveuse déterminée.
Dans l'intervalle des accès, les parties envahies ne présentent rien d’anormal ; ne sont pas douloureuses à la pression.
La sensibilité à la piqûre électro -cutanée, ainsi qu’à la température, est un peu émoussée dans les deux mains et avant-bras, plus à droite qu’à gauche. La température est aussi, d’après plusieurs mesures, plus basse à droite. Ainsi on note 85°5 à droite et à gauche 36°3. î
La malade fut guérie à la suite de seize séances de courant constant.
OBsERvATION XX VII
Mathilde M..., servante, trente-huit ans. Pas d’antécédents héréditaires; elle n’a jamais été malade; réglée normalement depuis seize ans. Elle a accouché le 22 mars 1865. La grossesse et la puerpéralité furent tout à fait normales, Au milieu d’avril, elle observa pour la première fois une forte sensation de fourmillement daus le bout des doigts, qui ne dura que deux mois ; il lui semblait que ses doigts étaient comme morts. Depuis quelque temps, elle a remarqué qu'elle souffre plus la nuit que le jour.
Etat actuel, 20 mai 1865. — Bonne santé générale.
Aucun accident morbide à signaler du côté de la circulation, de
la respiration et de l'appareil digestif. Elle se plaint de faiblesse et d’une sensation d’engourdissement dans les mains et les pieds. Cette sensation est continue et augmente d'intensité sous l’influence du froid et diminue par la chaleur. Les deux mains restent pendant des semaines fortement cyanosées et froides malgré la chaleur. Sur la tête, le tronc et le haut des cuisses les plus légères piqûres d’épingles sont bien ressenties Le tact est très diminué aux extrémités ; depuis le coude et le genou jusqu'aux mains et aux pieds on peut y piquer et traverser un repli de la peau assez épais sans que la malade s’en aperçoive et à la limite des troubles sensibles de légères piqûres sont ressenties plus confusément qu’au tronc et au visage. Quand la malade ressent quelque chose, elle localise bien son impression. La sensibilité à la température est aussi considérablement modifiée, il lui faut l'application d’une température de 60 à 70 degrés pour qu’elle perçoive la chaleur. Le sens de la pression est si diminué que des poids de 3 livres ne sont pas ressentis ; elle n’éprouve également rien quand j’appuie sur son pied de tout le poids de mon corps. L'examen de la sensibilité électro-cutanée permet de constater qu'il faut pour déterminer l'impression minimum placer les rouleaux aux distances suivantes évaluées en millimètres.
Front Ce 1, ir | 18 millimètres Montons Mr. à, eu 09 — PONMRO = 06 re D7 = BRAS Ta cs Me eat et) D CAO — interne. . . 19 — externe. , . 15 — Doigist MAP ARE En CS — Caisson lt Lente ReuEGS — Mollet nee 086125 —- Dessus de pied . . . . . 20 — Doigts de pied face dorsale . 25 —
Avant-bras
Le dos et le creux de la main, la plante du pied et le dessous, des orteils ne sentent rien même lorsque les spirales sont poussées l’une contre l’autre.