‹ Contribution à l'étude de L'acroparesthésieChapitre 5 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Etiologiè

Les documents et les observations que nous avons pu réunir sur l’affection ne nous ont pas donné de résultats bien précis sur les causes qui sont capables de lui donner naissance, leur nombre est d’ailleurs trop restreint pour permettre aucune conclusion ayant un caractère définitif.

L'influence de l’eau froide, de l’air froid semble pouvoir être invoqué dans un grand nombre de cas sinon comme cause déterminante, du moins comme causes, prédisposante. Nous ne pourrions mieux citer comme exemple de l’influence de l’eau froide que le cas de Nothnagel dans lequel la malade, après avoir lavé jusqu’à cinq heures de l’après-diner, est prise subitement dans la nuit de phénomênes d’acroparesthésie. L'influence de Pair froid est aussi manifeste : beaucoup de malades en effet constataient que pendant le jour la douleur s’éveillait lorsqu'ils exposaient leurs extrémités à l’air extérieur.

D’après les donnees de lalittérature, les malades appar-

tiennent presque tous à la classe des travailleurs qui font un grand usage de leurs mains. Beaucoup de ceux-ci sont des laveuses, des servantes, toutes personnes qui sont forcées par leurs occupations à avoir souvent les mains dans l’eau.

Quelques-uns cependant ne peuvent fournir aucun renseignement sur la façon dont la maladie s’est établie. Chez les hommes, il semble qu’on ne puisse pas découvrir d'autres causes qu'un travail dans l’eau froide ou un usage exagéré de leurs mains, tandis que chez les femmes le professeur Bernhardt indique comme causes éloignées ou directes l’âge critique, la grossesse, la puerpéralité surtout lorsque de grandes pertes de sang ont précédé l'accouchement, l’anémie, les fatigues excessives. Cette dernière cause nous a été déclarée aussi par la malade que nous avons observée à l’Antiquaille.

Le tempérament nerveux joue probablement un rôle dans l'apparition de la maladie car un certain nombre de malades offrent des signes manifestes de cet état nerveux que l’on désigne sous le nom de nervosisme, c’étaient des névropathes. |

Dans les antécédents de quelques malades on trouve des maladies qui, sans constituer une étiologie bien nette et bien évidente peuvent avoir joué le rèle de cause prédisposante. C’est ainsi qu'Ornerod, pour ne citer que lui, a dans ses observations constaté un certain nombre de cas dans lesquels on relevait du rhumatisme, de la goutte, des phénomènes hystériques et épileptiformes, mais il faut savoir que ces cas constituent la grande exception et qu’ordinairement la maladie survient chez des sujets ne présentant aucun antécédent héréditaire.

Poire

On a aussi incriminé la misère comme cause prédisposante ; cela n’a pas lieu de nous étonner puisque l’affection se développe surtout chez des gens qui se nourrissent mal et qui font parfois des excès de travail.

L’âge semble avoir joué une influence très marquée.

La maladie n’a pas été signalée dans l'enfance.

Voici un tableau de M. le professeur Bernhardt qui donne une idée de la fréquence de l'affection aux différents âges :

Chez la femme, il s’est produit :

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