‹ Contribution à l'étude de L'acroparesthésieChapitre 8 sur 41 · NAT EE · texte numérisé non relu

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marche progressive et surviennent par accès. Au début, ce ne sont que des fourmillements qui naissent la nuit ou le matin au réveil; à une période plus avancée de la maladie, les sujets éprouvent des douleurs vives qui apparaissent également le jour, spontanément ou sous l’influence de causes diverses. Il suffit parfois que le malade plonge ses mains dans l’eau froide, ou les expose au grand air, veuille saisir un objet fin, tel qu’une aiguille, ou se livre à un travail délicat, comme la couture et Le tricotage, ‘pour que les douleurs apparaissent aussitôt. Il se trouve de ce fait obligé d'abandonner sa profession, ce qui n’est pas sans aggraver le pronostic de l’affection.

Dans quelques cas fort rares, les phénomènes peuvent débuter subitement avec leur maximum d'intensité. Nothnagel cite une observation dans laquelle la malade raconte qu'après avoir lavé jusqu’à 5 heures de Paprèsmidi, elle est allée ensuite rincer sa lessive dans le courant d’eau froide de la Pregel; elle fut prise subitement pendant la nuit de douleurs très vives au niveau des extrémités. Enfin chez certains sujets la maladie reste stationnaire : ils n’éprouvent que du fourmillement qui s'accompagne d’une certaine raideur et de paresthésie des extrémités; ce qui oblige également ces malades à renoncer à leurs occupations. Nous avons observé à l’Antiquaille une malade que M. Je ‘professeur ‘agrégé Devic nous avait signalée, qui rentrait dans cette catégorie: elle se plaignait que d’une sorte de paresthésie, d’engourdissement qui l’empêchait de tenir une aiguille entre ses doigts: il semblait qu’elle était paralysée. Nous devons faire observer que, malgré ces troubles apparents de la motilité, il n’y a pas de paralysie, ni même de parésie véritable.

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Cette gène dans les mouvements est simplement due à la douleur qui survient au moment où les malades veulent saisir un objet ou se livrer à un travail, et à la paresthésie qui accompagne généralement les phénomènes de cette affection. Ge qui tend encore à montrer qu’il n’y à pas de paralysie chez ces malades, c’est que beaucoup d’entre eux qui ne peuvent exécuter les travaux délicats, peuvent faire lestravaux grossiers, tels que les travaux des champs etc., ettrouvent même dans cette sorte de travail un soulagement à leurs douleurs, cela tient préalablement à ce que ces travaux nécessitant de plus grandes pressions il en résulte des excitations cutanées plus fortes, qui produisent par voie réflexe une modification favorable des troubles vaso-moteurs des doigts. En outre, beaucoup de malades, pour soulager leurs douleurs, emploient instinctivement, lorsque les accès surviennent, des procédés de ce genre. Les uns se frottent fortement les mains ; d’autres les agitent violemment ou les frappent sur leurs genoux ainsi que l’a constaté M. Destot dans une de ses observa tions.

Dans tous les cas et à toutes les périodes de la maladie la douleur se calme par la chaleur. L’eau chaude est généralement le meilleur moyen.

Le froid fait généralement apparaître la douleur ; aussi l'hiver est-il habituellement, sinon toujours, une période redoutée des malades dont elle aggrave les souffrances d'une façon très notable; l’été, au contraire, agit comme les applications d’eau chaude en topique et amène un bien être relatif.

Maisiln’en est pas toujours ainsi : la malade que M. Ballet a observée et dont nous reproduisons plus loin l’observa-

FR UV tion n’a pas remarqué qu’elle fût plus incommodée en hiver qu’en été.

Tels sont les symptômes qui découlent des observations que nousavons pu recueillir.

Mais à coté de ces faits positifs, l’affection présente un certain nombre de faits négatifs qui, au pont de vue de son diagnostic surtout ne méritent pas moins d’être signalés.

Les malades ne présentent aucun trouble de nutrition de tissus, la peau n’a ni cicatrices, ni escarres, et les muscles ne sont pas atrophiés, on ne constate aucune ano malie électrique. M. le D' Destot, dont les connaissances approfondies en électrothérapie ne permettent pas de douter de son talent, n’a également rien noté d’anormal dans l’examen électrique des cas qu’il a traités.

Toutefois nous devons dire que les recherches électriques, commele font observer les auteurs, n’ont pas été faites chez tous les malades, mais l’absence d’atrophie musculaire rend légitime l'hypothèse que les réactions de dégénérescence doivent aussi faire défaut.

Les troncs nerveux ne sont pas douloureux à la pression comme on l’observe dans les cas de névrite, le calibre des artères n’est pas modifié, ce qui permet de croire que les troubles vaso-moteurs que l’on observe dans cette affection n’intéressent que les vaisseaux de petit calibre, et particulièrement les vaisseaux cutanés et superficiels.

Enfin on ne note dans la plupart des observations ni albumine ri sucre dans les urines, aucune diathèse, aucune névose qui puissent être invoquées comme causes prédisposantes, telles que la goutte, le rhumatisme, l’hystérie, l’épilepsie.

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