‹ Contribution à l'étude de l'action de l'arsénobenzol dans certaines affections spirillairesChapitre 19 sur 24 · SAC · texte numérisé non relu

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rilles mêlés à d’autres bactéries. Il y avait très peu de globules de pus.

L'examen des différentes viscères n’a rien montré d’anormal. L’urine ne contenait pas d'’albumine. La lèvre gauche renfermait un seul noyau induré, assez superficiel, du volume d’une grosse noix,et l’on ne trouvait rien de semblable du côté droit.

Le 7 juin, on a fait une injection intra-veineuse de quarante-cimq centigrammes d’arsénobenzol. Le soir, la température dépassa 40 degrés et la malade resta plusieurs heures en proie à une vive agitation. On n'’institua à ce moment d’autres traitements que des lavages de bouche à l’eau bouillie.

Le 8 juin, la température redevint normale et comme avant l'injection et l’on remarqua que l’haleine était bien moins fétide.

Le 9 juin, la fétidité avait presque eomplètement disparu, la salivation avait beaucoup diminué et la malade déclarait moins souffrir. [’examen microscopique de l’'exsudat recueilli à la surface des plaques de stomatite montra que ces spirilles avaient totalement disparu. On ne trouvait plus que de rares bacilles fusiformes et quelques autres bactéries. L’exsudat renfermait en revanche de nombreux leucocytes polynucléaires. Les jours suivants, l’état de la malade s’améliora et le gonflement des joues diminua.

Cependant le 14 juin, sept jours après l'injection, on

remarqua qu'il y avait un peu plus de fétidité de l’haleine

Es PRES

et l’on institua un traitement local par le bleu de méthy- Jène.

Le 15 jum, huit jours après l'injection, la récidive des accidents était manifeste, l’haleine était redevenue fétide, la salivation avait reparu, la tuméfaction des joues s'était nettement accentuée, la malade était faible et l’urine contenait des traces très nettes d’albumine. On administra à partir de ce jour des lavements alimentaires.

Le 17 juin, devant la persistence des accidents, et malgré une légère albuminurie, on fit une deuxième injection intraveineuse d’arsénobenzol de trente centigrammes.

Deux jours plus tard, comme à la suite de la première injection, la fétidité de l’haleine avait complètement disparu, la selivation, la tuméfaction des joues diminuaient considérablement.

Le 21 juin, 4 jours après la deuxième mjection, les ulcérations buccales étaient complètement détergées. II n’y avait presque plus de trismus ni de tuméfaction des joues. L’albuminurie avait complètement disparu, la malade commençait à manger et se sentait plus forte.

On put faire alors un examen plus approfondi de la cavité buccale, partout les plaques de sphacèle grisâtre avaient disparu, laissant à leur place des ulcérations en voie de cicatrisation rapide. On put constater l'existence de ces ulcérations à la face interne de la joue gauche, à la face inférieure de la langue, le long des bords à la face dorsale du voile du palais.

Le 24 juin, les ulcérations étaient cicatrisées, la masti-

DEP Are

cation était devenue possible, aucune nécrose osseuse ne semblait plus à craindre.

La malade sortait complètement guérie le 14 juillet.

(Personnelle, service du Docteur Perrin de la Touche.)

La nommée Adèle D.., âgée de 23 ans, entra à l'Hôtel- Dieu le 4 juin 1909, avec un chancre situé sur la grande lèvre droite. Elle fut traitée par les sels de mercure.

Le 10 décembre 1909, elle revint avec des syphilides buccales et vulvaires et se trouva en pleine roséole; elle subit le même traitement.

Le 12 février 1910, elle revient une troisième fois avec des syphilides de la bouche et du col ultérm ; nouveau traitement mercuriel.

Le 9 décembre, la malade revient avec des syphilides buccales, le traitement mercuriel est institué, mais la bouche est en très mauvais état et la malade, malgré les soins de propreté de la bouche, ne tarde pas à faire de la stomatite mereurielle, d’où arrêt du traitement.

Le 8 mai 1911, la malade se représente avec, sur la grande lèvre droite, deux ulcérations indurées, profondes, à fond grisâtre, légèrement suintantes, reposant sur un

fond rouge et œdématié. Nouveau traitement avec des injections de briodure de mercure qu’on est obligé d’arrêter

à cause du mauvais état de ia bouche.

Le 20 maï 1911, malgré cela, la malade fait une stoma-

tite mercurielle avec fétidité extrême de l’haleine, saliva-

tion très abondante. Les joues sont tuméfiées et œdéma-

tiées, les gencives sont rouges et douloureuses. La langue

est le siège d’un œdème considérable. Un examen bactériologique montre la symbiose fusospirillaire.

On constitue alors un traitement avec lavages au chlorate de potasse qui donnent peu de résultats.

Le 23 mai 1911,les ulcérations vulvaires n’ayant aucune tendance à la guérison, la malade étant dans un mauvais

état général, et de plus le traitement mercuriel impossible,

on lui fait une injection intra-veineuse d’arsénobenzol de

0,30 centigrammes.

Le 25 mai, la fétidité de l’haleine a disparu, la rougeur et la tuméfaction ont diminué.

Le 27, haleine aucunement fétide; tout est à peu près rentré dans l’ordre, plus aucune rougeur n1 aucune tuméfaction.

Le 127 juin, la malade est en très bon état.

Nous avons revu la malade au mois d'avril 1942, depuis elle n’a jamais rien eu du côté de la bouche. Pourtant les dents sont toutes mauvaises et la malade prend peu ou

pas de soins de sa bouche.

(Personnelle, service Bodin.) Albertine de K..., 22 ans, entrée le 6 décembre 1911, a déjà été soignée au début de 1911 pour une syphilis en

pleine évolution et montra une particulière sensibilité

aux sels de mercure,

D js

Depuis deux mois, la malade avait l'habitude de prendre des injections de sublimé deux ou trois fois par semaine. Dimanche dernier 2 décembre, elle ressentit une douleur aux gencives, douleur consistant en une brûlure continuelle : le lendemain, elle ne pouvait manger d’aliments solides, le moindre contact faisant saigner les gencives abondamment.

À l’examen clinique on remarque que les dents sont en

très mauvais état, que l’haleine est fétide et que la base

des dents, au point d'implantation, est recouverte d’un

enduite brunâtre d’aspect sale.

Les gencives sont rouge vif et au niveau des dernières molaires gauche et droite, il y a une ulcération régulière elliptique dont le fond est recouvert d’un enduit jaunâtre de la grandeur d’une pièce de O0 fr. 50 centimes.

Le 7 décembre, on commence, on lui fait des attouchements avec une solution acide de «606 » à2,5 0 / après qu’un examen bactériologique à eu montré un grand nombre de spirilles associés à des bacilles fusiformes.

Le 8 décembre, il y a déjà une très légère amélioration, nouvel attouchement avec une solution à 50/, de «606 » dissous dans du sérum artificiel.

Le 9 décembre, l’état de la malade est très amélioré, les dents sont plus propres, les gencives sont moins irritées, la coloration rouge intense a en partie disparu. Les souffrances ont également disparu. On fait un nouvel attouchement à 5 pour cent dans l’eau physiologique.

Le 11 décembre, les gencives ne présentent plus aucune

irritation, les ulcérations des molaires se cicatrisent très rapidement, surtout à droite. Leur fond est complètement détergé et rouge vif.

Le 12 décembre, nouvel attouchement avec une solution alcaline de 5 °}, la malade se plaint de douleurs assez vives avec cet attouchement, mais le 13 tout est disparu, sauf un très léger liséré un peu plus rouge que le reste et un petit point en arrière de la molaire gauche. A droite, l’ulcération est cicatrisée, Faspect de la bouche est normal,

Phaleine ne présente aucune odeur.

(Personnelle, service Bodin.|

B... Jacques, marchand ambulant, entre le 1{ janvier 1912 à l’Hôtel-Dieu.

Comme symptômes généraux, il présente une fétidité très grande de l’haleine, une salivation exagérée, une difficulté très grande de la mastication et de la phonation.

La langue empâtée, et augmentée de volume, conserve l'empreinte des dents et occupe toute la cavité buccale. La face supérieure est couverte d’un enduit blanchâtre à stries dirigées d’avant en arrière. Il reste pourtant à gauche deux portions de couleur rouge vif, où les papilles sont complètement atrophiées. On remarque aussi à ce niveau un sillon plus accentué.

La face inférieure présente, surtout à gauche, de nom-

breux points recouverts d’un enduit blanchâtre à aspect

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nettement membraneux .Les joues sont œdématiées et la face interne est rouge et douloureuse. La joue gauche présente : 40 sur sa face interne, au niveau de la dernière molaire supérieure, trois points membraneux d'environ quinze-rnillimètres carrés de surface, séparés par un sillon de quatre millimètres environ de profondeur et de deux centimètres de longueur; 2° au niveau de la canine et de la prémolaire adjacente, d’autres points membraneux de quinze mullimètres de longueur sur cinq de largeur, atteignant la commissure gauche des lèvres.

Il n’y à aucune lésion correspondant aux arcades dentaires inférieures; de même la face interne de la joue droite est intacte. La lèvre inférieure est intéressée dans sa totalité. Dans la portion correspondante à l’arcade dentaire supérieure, elle présente une série de points blanchâtres membraneux, de plaques rouges érythémateuses et d’ulcérations à enduit grisâtre recouvrant la muqueuse qui dessous est saignante et anfractueuse. Les bords de ces ulcérations sont festonnés, irréguliers. Cet ensemble forme une traînée de quatre centimètres de long sur emq millimètres de large.

À gauche, en haut, au niveau de la deuxième incisive,

existe une lésion membraneuse. Les amvgdales sont in-

demnes.

Les deux prémolaires gauches sont gâtées, les autres dents sont saines: mais toutes présentent au niveau de

leur collet un enduit limoneux de tartre très abondant.

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