‹ Contribution à l'étude de l'action de l'arsénobenzol dans certaines affections spirillairesChapitre 18 sur 24 · R..-C. LE BLAYE · texte numérisé non relu

R..-C. LE BLAYE

Pauline D..., femme de chambre, âgée de 20 ans, entra salle Quinquaud, lit n° 17, le 6 juin 1911, pour une stomatite mercurielle grave. Elle n’avait pas d’antécédents pathologiques autres que la syphilis, dont le début remontait à près d’un an.

C’est en juillet 1910 qu'apparut son chancre induré accompagné d’un œdème prononcé de la grande lèvre droite. Ce n’est qu’au mois d'août, plusieurs semaines après, que la malade alla se faire soigner à l’hôpital Broca, où on lui fit, chaque semaine, pendant 4 semaines, une injection d'huile grise. Après cette série de piqûres, elle cessa tout traitement. En janvier 1911, apparurent de nouvelles lésions vulvaires (plaques hypertrophiques probablement) que la malade négligea d’abord, puis elle entra, son état s’étant aggravé, à l’hôpital Broca. Elle y fut de nouveau traitée par l’huile grise, dont elle reçut 3 piqûres à 8 jours d’intervalle, et les lésions de la vulve, soumises en même temps à des cautérisations au nitrate d’argent, disparurent rapidement. Mais dès le début de son séjour à | Hôpital, l’angine apparut et c’est,au dire de la malade, par suite de la persistance de cette angine que l’hectme fut substituée à

huile grise. Ellereçut 20 piqûres d’hectine, l’angine disparut,

Ne

puis on fit avec les intervalles habituels 3 nouvelles injections d'huile grise. La dernière fut faite à la fin du mois d'avril et la malade quitta l'Hôpital en bonne santé. Depuis cette époque, elle n’a suivi aucun traitement hydrargyrique.

Dans les derniers jours du mois de mai, c’est-à-dire environ un mois après sa sortie de l'hôpital Broca, la malade commença à souffrir des gencives; son état s’aggrava rapidement et les jours suivants elle vint à Saint-Louis, le 6 juin 1911.

À ce moment, on constatait de la tuméfaction des deux joues, surtout du côté gauche, une adénopathie sousmaxillaire prononcée. Visage pâle, une salive filante s’écoulait sans cesse hors de la bouche, l’haleine offrait la fétidité caractéristique des stomatites gangréneuses. La parole était difficile, la déglutition douloureuse mettait obstacle à l'alimentation. Un trismus assez accentué, l’œdème de la langue, la douleur rendaient fort difficile l'examen de la cavité buccale. On pouvait voir cependant des plaques grisâtres d'aspect gangréneux reposant sur des tissus tuméfiés, qui occupaient du côté gauche une partie de la joue et des lèvres et qui couvraient une grande partie du voile du palais. Les deux mâchoires étaient tuméfiées du même côté et l’on pouvait remarquer que presque toutes les molaires présentaient des lésions de carie dentaire, plus ou moins avancée.

L’exsudat recueilli sur les plaques de stomatite s’est

montré extrêmement riche en bacilles fusiformes et en spi-

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