‹ Contribution à l'étude de l'action de la thyroxine et des substances antagonistes dans la métamorphose expérimentale des batraciens anouresChapitre 9 sur 42 · II. LE MATÉRIEL. LES TECHNIQUES. LES MESURES · texte numérisé non relu

II. LE MATÉRIEL. LES TECHNIQUES. LES MESURES

Ce chapitre contient des observations générales qui peuvent s'appliquer à l’ensemble du travail et sur lesquelles je ne reviendrai plus, sauf toutefois pour expliquer quelques modifications de technique.

Le matériel. — Le matériel d'expériences m'a été fourni en grande partie par des Lêtards de Rana lemporaria Linné, et accessoirement par des têtards de Rana agilis Thomas et d’Alyles obsletricans Laurenti.

La première espèce nommée est d’un emploi particulièrement commode, en ce qu’elle s’accouple et pond en captivité, il est ainsi possible de faire la diagnose de l'espèce sur les géniteurs, ce qui est plus aisé que sur les larves. Cependant, ayant constaté que les pontes recueillies dans la nature donnaient une plus forte proportion d’éclosions et des individus plus robustes que celles recueillies au laboratoire, j'ai été amené à me servir, par la suite, exclusivement de pontes récoltées dans la nature.

Pour les pontes de Rana agilis elles ont été obligatoirement prises dans les mares sylvestres. Quant aux Lêtards d’Alyles, je me les suis procurés, soit dans les bacs du Jardin Botanique du Muséum, soit dans le commerce.

Les pontes, qu’elles fussent recueillies au laboratoire ou au dehors, étaient mises en aquarium ou dans de grands cristallisoirs, de manière que les pontes (de Rana lemporaria) puissent s’étaler au maximum, car j'ai remarqué qu’en cas d’étalement imparfait, les œufs situés en profondeur nese développaient pas.

Après l’éclosion, j'ajoutais quelques pieds d’Elodea canadenSis et de Myriophyllum soigneusement lavés à l’eau courante, pour servir de substrat aux larves nouvellement écloses.

Les techniques. — Dès le début de mes recherches, j'ai employé un dispositif expérimental et une technique qui n’ont pas beaucoup varié par la suite, tout au moins en ce qui concerne les bains de Thyroxine.

En plus des animaux de contrôle, les têtards soumis au traitement thyroxinien ou antithyroxinien se trouvaient en même nombre issus d’une même ponte, choisis de même longueur et aussi semblables que possible dans d’autres récipients contenant un volume donné d’eau de source.

Leur nombre a souvent varié, mais en même temps le volume du milieu dans lequel ils étaient immergés était augmenté proportionnellement.

La Thyroxine (et la Diiodotyrosine, quand il y avait lieu) était soigneusement adjointe au milieu au moyen de pipettes graduées et le mélange bien opéré. Ce milieu était, en principe, renouvelé tous les deux jours, sauf quand la température s'élevait ou que les animaux étaient près du terme de la métamorphose. Dans ce cas, il était renouvelé tous les jours.

La température a toujours été celle du laboratoire, qui oscillait entre + 15 el 200 ; ce qui donne une moyenne de + 182 environ. Il importe, ainsi que l’a montré ADLER, qu’elle ne soit ni trop basse ni trop élevée.

Les animaux traités n’ont jamais été exposés aux rayons solaires et leur nourriture a toujours été, jusqu’en 1942, de la poudre de viande semée à la surface du milieu d'élevage. A partir de 1942, je fus contraint de substituer à la poudre de viande, introuvable, des parcelles de jaune d’œuf et d'organes (foie, rate) de mammifères et d'oiseaux, du son encore mélangé de farine et de la salade cuite.

J'ai évité, en général, d’injecter la Thyroxine (et la Diiodotyrosine) aux animaux, même quand j'ai opéré sur des têtards d’Alyles. Je n’ai eu recours à cette méthode que pour administrer aux têtards les hormones sexuelles dont l’excipient huileux rendait cette méthode obligatoire.

Les mesures. — J'ai d’abord noté le temps de métamorphose qui se décompose en deux phases :

19 Le temps de latence, c’est-à-dire, le laps de temps qui s'écoule entre la mise en traitement des têtards jusqu’à l'apparition du premier signe visible de la mise en train de la métamorphose ; la forme dile «en violon ».

20 La durée totale du processus de la métamorphose, depuis l'application du traitement, jusqu’à la sortie des membres antérieurs, ou jusqu’à la mort avant la métamorphose complète.

Il était facile, ensuite, de comparer les temps des animaux d’une même série et de ies comparer avec ceux d’une série voisine et des témoins, mais ce critère était insuffisant. Pour mieux rendre la physionomie et l’allure des phénomènes expérimentaux, il me fallait en trouver un second.

J'avais remarqué, en mesurant de petites grenouilles parvenues au terme de la métamorphose normale, que la longueur de leur tronc était toujours inférieure à la longueur de leurs membres postérieurs. En divisant l’un par l’autre, j'obtenais toujours un quotient inférieur à l’unité. Au contraire, en faisant la même opération avec les mesures prises sur des animaux métamorphosés expérimentalement avec certaines doses de thyroxine, j'obtenais un quotient d'autant plus supérieur à l’unité que la dose avait été plus forte.

J'ai donc pris comme second critère ce coefficient, résultat du rapport

longueur du tronc Jongueur des membres postérieurs

des animaux traités par la Thyroxine

somato.

catopodique

Tous les animaux mis en expérience ont donc été, à l'issue de ces dernières, mesurés d’après les paramètres suivants :

— Le tronc, depuis l’extrémité du museau jusqu’au cloaque.

— Les membres postérieurs, depuis l'articulation coxo-fémorale jusqu’à l'extrémité du plus long orteil.

J'ai aussi souvent mesuré les animaux d’après deux autres paramètres : les membres antérieurs, depuis l'articulation scapulo-humérale jusqu’au doigt le plus long et la largeur de la tête, au niveau de l'articulation des mâchoires, mais ces dernières mesures n’ont pas servi à l'établissement d’un autre coefficient.

et des animaux de contrôle, et je l’ai appelé : coefficient

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