A VANT-PROPOS
Arrivé au terme de nos études médicales, c’est pour nous un plaisir bien doux de remercier ici publiquement nos maîtres qui, soit dans les hôpitaux, soit à la Faculté, nous ont aidé de leurs conseils, instruits parleur science, et encouragé par leur bienveillance.
Que M. le Professeur agrégé Sigalas reçoive nos remerciements et le plus sincère témoignage de notre vive reconnaissance. C’est lui, en effet, qui a bien voulu mettre gracieusement à notre disposition, une partie des observations et des expériences si intéressantes qu’il a faites sur l’action des bains froids.
Ce qu’il y a de bon dans ce travail, c’est à lui que je le dois.
Nous n’oublierons jamais notre premier maître dans les hôpitaux, M. Dudon. Il nous a trop souvent donné des preuves de l’intérêt qu’il nous témoignait.
Nous conserverons longtemps le souvenir des matinées passées dans le service de M. le Professeur Vergely, pendant lesquelles il nous enseignait avec tant de bienveillance, la thérapeutique et la clinique.
Nous tenons à dire, à M. le Professeur Picot et à M. le Professeur Lanelongue, combien est resté gravé dans notre esprit, le souvenir de leurs leçons magistrales, si semblables par bien des côtés. Ils nous ont appris, par leur méthode sûre, à poser un diagnostic.'
Nous avons eu le plaisir d’être pendant un an, le préparateur de M. le Professeur Ferré ; nous le remercions de sa sympathie et de l’intérêt qu’il nous a toujours témoigné.
Enfin, le regret de quitter la Faculté a été doublé cette année-ci, par celui de quitter le service de M. le Professeur Arnozan. C’est chez lui que nous avons passé notre dernière année d’études, et nous n’oublierons jamais ses leçons si précieuses, soit à la Faculté, soit au lit du malade , sa bienveillance qui rapproche les distances entre maître et élève, et ont fait desheures que nous avons passées avec lui, des heures àla fois instructives et attrayantes. C’est dans son service que les expériences ont été faites ; il nous a aidé de ses conseils et il nous fait maintenant l’honneur de présider notre thèse inaugurale.
INTROD U CTION
« L’action physiologique du bain froid a été peu 'étudiée. Quelques-uns même, partisans de son emploi systématique, forts de la prétendue supériorité de ce mode de traitement, ont mis un singulier point d’honneur à la laisser dans le domaine de l’empirisme. Quelques recherches précises, établissant la raison d’être de leurs succès, eussent cependant plus fait pour entraîner les convictions que les statistiques qui ont été produites. » (Manquât, Traité de thérapeutique .)
Nous n’avons pas la prétention de combler ce desiderata.
M. le professeur agrégé Sigalas ayant fait cette année, dans le service de M. le professeur Arnozan, des expériences sur les bains froids au point de vue de leur action sur les températures fébriles, nous avons assisté à tous les bains qu’il a donnés, nous avons vu les résultats obtenus et nous avons accepté, avec plaisir et reconnaissance, l’offre qu’il nous a faite d’en faire le sujet de notre thèse inaugurale.
Le travail que nous soumettons à l’indulgence de nos juges se divisera en quatre chapitres.
La.
i° Historique rapide de la méthode réfrigérante. Bains qui sont actuellement employés ;
2° Considérations générales et détails techniques sur les bains expéiimentés ;
3° Observations et détails des expériences;
4° Résultats de ces expériences.
Nous ne donnons, on le voit, aucune statistique, et nous ne défendons ni n’attaquons la méthode réfrigérante. Les médecins ayant pratiqué depuis longtemps, peuvent seuls savoir, par le nombre de leurs guérisons et de leurs décès, si une médication est bonne ou mauvaise. Nous avons voulu seulement éclairer, par des observations précises, un point important de l’action des bains froids. La lecture du quatrième chapitre nous apprendra les résultats obtenus. Nous aurions voulu ne pas nous borner à ce point là et étudier, sur d’autres malades, autre chose que li marche de la température pendant et après le bain.
Nous aurions désiré nous assurer des phénomènes qui se passent du côté du cœur, du côté de la respiration, du côté des urines. Mais nous avons vainement attendu des malades pouvant être baignés, nous permettant de prendre de nouvelles observations et, pressés par le temps, nous avons été obligés d’arrêter là un travail que nous aurions souhaité plus complet.