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HISTORIQUE

« Le traitement de la fièvre typhoïde, le traitement par excellence, celui qui prime tous les autres, j’oserais dire le traitement spécifique, c’est le bain froid. Après avoir étudié de très près l’action et les résultats du bain froid depuis déjà bien des années, après en avoir prescrit des mdliers à mes malades de l’hôpital ou à mes malades de la ville, je rends pleinement justice à la méthode de Bràni, je suis pénétré de la conviction profonde, absolue, que le bain froid est aussi utile dans la fièvre typhoïde que la quinine dans la fièvre paludéenne et le mercure dans la syphilis ( 1 ). »

Notre opinion n’est pas aussi absolue; la fièvre typhoïde est constituée par une infection et par une intoxication complexe, dans laquelle dominent, au moins pendant les premières phases de la maladie, le ou les poisons secrétés par le bacille d’Eberth. La thérapeutique idéale consisterait donc à supprimer, à détruire cet agent pathogène ; mais nous n’avons encore à notre disposition aucun médicament capable d’atteindre ce but, et le bain froid est encore la médication qui donne les meilleurs résultats.

Il n’a pas du reste été accepté sans conteste. Défendu avec

(!) Dieulafoy. — Manuel de Pathologie interne (1° édition'.

acharnement par les uns, rejeté par certains, admis avec des réserves par les autres, il est cependant sorti vainqueur, et, à l’heure actuelle, presque tous les médecins proclament les bienfaits qu’on en retire. Mais l’accord n’est pas parfait et on discute encore, la manière de le donner, la température qui convient le mieux à la majorité des'cas. L’historique qui suit va nous montrer les vicissitudes par lesquelles il est passé, et les façons différentes dont les médecins actuels le comprennent et l’appliquent.

Avant Brand, rien ou du moins -très peu de connaissances importantes. Il ne faudrait pas croire cependant que la méthode réfrigérante ne fut pas employée, et connue avant 1861. De nombreux médecins avaient reconnu son efficacité dans les diverses maladies fébriles, et sans parler d’Hippocrate, de Gallien, de l’école d’Alexandrie, des médecins latins et des médecins arabes qui employaient empiriquement le froid, sous toutes ses formes, dans les affections hyperthermiques, on peutciteravant le médecin de Stettin bon nombre d’écrits, dans lesquels la méthode réfrigérante est vivement recommandée. Cyrillo, professeur à Naples (1730), Hoffman (1733), Fischer (1728) publient de nombreuses observations ou des fièvres éruptives, des maladies infectieuses furent guéries par des bains froids.

Hahn (1754), publie un traité de la médication réfrigérante appliquée aux maladies aiguës.

Currie (1797) célèbre médecin écossais, par ses expériences sur l’action de l’eau froide sur la chaleur animale, est le premier qui dégagea la médication réfrigérante des obscurités de l’empirisme, et la fit entrer dans le domaine vraiment scientifique. Il préconisa exclusivement l’affusion froide Giannini (1805) qui lui succéda est le véritable précurseur de Brand ; il étudie successivement les meilleurs moyens pour

abaisser la température du corps, et il défend énergiquement l’immersion froide. Il insiste sur la technique de ces bains qui par beaucoup de côtés est semblable à celle du médecin de Stettin. Il réfute les objections nombreuses qui lui furent faites, et montre que le bain froid ne peut, comme on l’accusait, favoriser les hémorrhagies intestinales. L’observation des battements cardiaques et du pouls radial chez un malade plongé dans un bain froid, sont parfaitement d’accord avec ce que nous savons aujourd’hui.

Après lui, Froelich, Priesmitz, Scoutteten, Récamier, reprennent ses idées, et les confirment.

En France, Jacquez, préconisa, l’emploi des compresses d’eau froide, sur le ventre et le bas de la poitrine., et Leroy (de Béthune) subissant les idées de son temps, défendit aussi le réfrigération, mais admit lasaignée et recommanda même dé commencer par elle avant d’employer les compresses d’eau froide.

Mais, tous les noms que nous venons de citer, tous les travaux énumérés, s’effacent devant le nom de Brand et devant ses écrits. Il se fit depuis 1861 l’apôtre zélé du bain froid, dans le typhus et dans la fièvre typhoïde. Il montra sa supériorité sur les autres médications, par des observations nombreuses, il régla son emploi, il décrivit minutieusement sa technique, et la deuxième édition de son livre parue en 1877, fit faire à la question des bains froids un progrès immense. Basant ses affirmations sur près de 800 cas de fièvre typhoïde traités par les bains froids, il corrige ce qu’il y avait d’imparfait dans sa première publication (1861) et arrête définitivement, sur des bases solides, l’action du bain froid, sur les fébricitants. Il décrit d’une façon minutieuse son mode d’emploi, la température qui lui a parue préférable, et nous donne la statistique des cas qu’il a traités de cette façon-là.

Nous n’analyserons pas ici l’œuvre de Brand. De nombreux travaux ont paru déjà à ce sujet, et ce serait faire un travail inutile que reprendre, ce qui a déjà si souvent été dit.

A partir de ce moment, de nombreux défenseurs du bain froid, parurent, en Allemagne surtout, Liebermeister, est un des plus célèbres. Il reprit et confirma ce que Brand avait décrit, et dans son ouvrage sur la <c pathogénie et le traitement de la fièvre » il apporte une nouvelle théorie. Il tache de démontrer qu’il y a une fonction de régulation technique et que la caractéristique de la fièvre est justement une perturbation de cette fonction ; il explique les effets de la réfrigération, mais il n’est pas seulement partisan du bain froid, et dans certains cas, il propose de lui donner comme adjuvant les médicaments antiseptiques. Il faut encore citer Jurgensen (1866) Ziemssen (1870) qui apportent de nouveaux matériaux à l’édifice, et cherchèrent à modifier la méthode de Brand.

Dans cette période contemporaine de l’histoire de la réfrigération qui va depuis 1861 à 1870, c’est l’Allemagne seule qui accomplit tous les progrès. Les autres nations de l’Europe, semblent peu enthousiastes de cette médication et aucun français ne peut être cité à cette période là. Ce fut seulement en 1870 que Glénard de Lyon, instruit par ce qu’il avait vu en Allemagne, et les résultats obtenus dans l’armée par l’application constante de cette méthode, voulut la vulgariser en France et s’en fit l’ardent défenseur. Depuis ce temps là, on peut dire que l’école lyonnaise toute entière, suivit les idées de Glénard; il faudrait citer tous les médecins lyonnais, si l’on voulait faire l’histoire complète du bain froid en France. Bouverret- et Tripier furent entre tous, ceux qui contribuèrent le plus à la généralisation des bains froids, et leur livre paru en 1886, est encore, l’ouvrage le plus complet

qui ait paru sur ce sujet. Nous leur avons fait pour cet historique de fréquents emprunts.

L’enthousiasme que l’école lyonnaise montra pour la méthode de Brand n’eut pas en France, au premier abord, un très grand succès. Les objections faites à Brand, àCurrie, à Giannini, furent reproduites à Paris, et, sauf, peut-être M. Bouley, qui le défendit énergiquement, et Féréol qui l’appliqua quelques fois, on peut dire que presque toute l’école deParis rejeta systématiquement le bain froid comme inutile et dangereux.

Ce n’est qu’à partir de 1888 qu’une réaction favorable commença à se faire. M. Juhel-Rénoy reprit les idées des médecins de Lyon ; il comprit la valeur de leur méthode et, depuis ce temps-là, il entraîna beaucoup d’adeptes et le bain froid eut bientôt droit de cité dans les hôpitaux de Paris. Il l’employa non-seulement dans la fièvre typhoïde mais dans beaucoup d’autres pyrexies (rougeole, scarlatine, pneumonie, broncho-pneumonie), et les diverses communications qu’il fit à la Société médicale des hôpitaux montra les bons résultats - qu’il avait retirés de la méthode de Brand. Dieulafov baigna aussi ses malades, avec cependant quelques légères modifications. Bouchard admit aussi le bain dans la dothientérie, mais le donna d’une façon différente, comme nous le verrons tout à l’heure; enfin à l’heure actuelle, à Paris, plus du tiers des médecins ont adopté la méthode réfrigérante dans les diverses pyrexies et en particulier dans la fièvre typhoïde, mais la plupart ont modifié la méthode de Brand continuée par l’école lyonnaise et Juhel-Rénoy, et diverses sortes de bains, ayant tous cependant pour but l’abaissement de la température du fébricitant, sont actuellement employés dans les hôpitaux.

L’ouvrage de Juhel-Rénoy (Du traitement de la fièvre

typhoïde) est une continuelle glorification de la méthode de Brand, et la thèse d’un de se3 élèves Harold-Faure-Miller parue dans les premiers jours de novembre (Les bains froids dans les formes typhoïdes des maladies infectieuses) qui n’est guère qu’une reproduction des idées et de l’ouvrage de son maître, vient défendre encore la méthode de Brand et montre que ses effets sont aussi excellents dans les diverses maladies infectieuses à forme typhoïde que dans la dothiénenterie elle-même, et que le bain froid peut être donné sans danger toutes les fois qu’une température élevée apparaîtra dans le cours de l’affection. Disons enfin, en terminant ce rapide historique, que la méthode réfrigérante tend de plus en plus à se répandre non-seulement dans les grands centres mais encore dans les petites villes et les campagnes, où l’on a bien encore à lutter contre les préjugés et la routine, mais où de jour en jour la méthode réfrigérante par les bains froids fait de rapides progrès.

Ainsi à l’heure actuelle, nous pouvons dire que la majorité des médecins est d’accord pour admettre l’utilité de la méthode réfrigérante par les bains froids, non-seulement dans la fièvre typhoïde mais dans les autres maladies infectieuses ù température élevée. On discute encore, mais simplement pour des questions de détail, à savoir : la durée du bain, la température à laquelle on doit le donner, s’il doit être administré seul ou avec d’autres médicaments antithermiques ou antiseptiques. Quelles sont ces divergences d’opinion, quels sont à l’heure actuelle, en France, les bains que l’on donne dans la fièvre typhoïde et dans les autres maladies infectieuses à température élevée ?

1° Ecole de Lyon. — Imbu des idées de Brand, Glénard avait à Lyon institué la méthode du médecin allemand dans toute sa rigueur, et l’on peut dire que, jusqu’à ces dernières années, le bain de Brand fut presque exclusivement employé par les médecins lyonnais. En quoi consiste ce bain? Nous ne voulons pas ici le décrire d’une façon minutieuse, énumérer ses indications et ses contre-indications, tout cela a déjà été fait et très bien fait dans l’ouvrage de Bouveret et de Tripier, dans celui de Juhel-Rénoy et dans la thèse de Faure- Miller. Disons seulement quelle est sa formule : « En règle générale, dit Juhel-Renoy, la température rectale sera prise toutes les trois heures. Si elle marque 39° au plus, le malade sera plongé dans un bain dont l’eau aura de 18 à 20 degrés, et il y sera maintenu jusqu’à l’éclosion du frisson, soit un quart d’heure environ. » Mais, depuis quelque temps, à Lyon même, on n’applique plus le bain froid dans toute sa rigueur, et un article de Lé] âne, paru dans la Semaine médicale du mois d’août 1892, nous montre que le bain a beaucoup perdu de sa rigueur primitive. « On ne donne plus invariablement, dit-il, les bains à 20° c., mais on adapte leur température à l’indication fondamentale d’abaisser d’un degré environ la température centrale du malade. A l’Hôtel-Dieu de Lyon, la moyenne des bains est plutôt 24° c. que 20° c. On débute souvent à 26° ou 27° et même à 28°. Ce n’est pas là un bain tiède, mais ce n’est pas un bain froid intolérable tant s’en faut. Ainsi, la méthode des bains froids est devenue tout-à-fait pratique depuis qu’elle n’est plus appliquée avec l’impitoyable uniformité à laquelle paraissaient tant tenir ses premiers apôtres » (1). .

(1) Lépine.- -Semaine médicale , 24 août 1892. Traitement de la Fièvre typhoïde par le bain froid.

La.

2° École de Paris. — Dans les hôpitaux cle Paris, les opinions sont plus diverses qu’à Lyon, et trois sortes de bains sont donnés.

l°Le bain de Juhel-Rénov. C’est celui de Brand sans aucune modification. Ce médecin s’étant fait à Paris le défenseur des idées des médecins lyonnais, adopte le bain de IB à 20° dans toute sa rigueur. La formule qu’il donne dans son ouvrage ne diffère en rien de celle de Brand; il l’accepte dans toute sa pureté.

Cependant, dans la thèse de son élève, Faure-Miller, nous voyons qu’il fait déjà des concessions, et que, dans les cas très graves, il n’hésite pas à prescrire ce qu’il appelle le bain tiede à 26, 28 30 degrés et à le refroidir ensuite progressivement suivant la méthode de Ziemssen ou bien même maintenu à la température de 26°.

M. le professeur Dieulafoy n’est pas aussi absolu que Juhel- Renoy, mais le bain qu’il donne se rapproche beaucoup du bain de Brand.

Le bain doit être, d’après lui, à la température de 24°. Le malade est placé tout nu dans son bain, et dès qu’il y est entré, on abaisse la température du bain à 22°, à 21°, rarement à 20°, en ayant soin d’enlever une quantité d’eau égale à celle que l’on ajoute. Le malade n’a pas ainsi l’impression très pénible du bain à 20° d’emblée et il en retire d’aussi grands avantages. On n’essuie pas le malade au sortir du bain, et on se contente de le plier dans une couverture de coton, et de lui faire boire du thé au rhum très chaud. On le laisse ensuite tranquille, et on recommence, suivant le cas, toutes les deux, trois, quatre heures. Enfin, dans l’intervalle des bains, il est très utile de placer sur le ventre du malade dés compresses d’eau froide fréquemment renouvelées.

C’est avec cette méthode qu’on pourrait appeler bain froid

prpgressivement refroidi, moins excessive que celle de Brand et de Juhel Renoy, que M. le professeur Dieulafoy a traité tous ses malades à l’hôpital Necker et a obtenu des résultats tels qu’il n’est pas loin de regarder le bain froid comme le traitement spécifique de la fièvre typhoïde.

M. le professeur Bouchard donne aussi des bains, mais il emploie la méthode réfrigérante à titre seulement d’adjuvant, il donne le bain associé à une médication interne.

« Son but, dit M. Chantemésse, a été de réaliser un bain ou le malade put perdre du calorique, sans choc nerveux, ni spasme des vaisseaux cutanés. La température initiale du bain est de 2° inférieure à la température centrale du malade. On refroidit insensiblement l’eau d’un dixième de degré par minute jusqu’à 30°, jamais au-dessous. Le bain est donné huit fois par jour. »

A cela on ajoute, lorsque le diagnostic de fièvre typhoïde est porté, un purgatif renouvelé méthodiquement tous les trois jours, 40 centigrammes de calomel en 24 heures, et l’antisepsie intestinale est réalisée par des cachets de naphtol et de salicylate de bismuth et des lavements d’eau naphtolée.

A Bordeaux;, la méthode réfrigérante n’a été employée au début que timidement, et ce n’est que dans les quatre ou cinq dernières années, que l’on a donné le bain froid d’une l'a ;on plus générale ; mais dans les divers services hospitaliers où nous avons passé pendant le cours de nos études, nous n’avons pas vu donner le bain d’une façon systématique, soit dans les maladies infectieuses à forme typhoïde — soit dans la dothientérie elle-même. On ne baigne que lorsque la température devient trop élevée, et jamais le bain froid n’est donné seul. On l’accompagne toujours de la médication interne par le sulfate de quinine et les antiseptiques.intestinaux.

Comme le fait à juste titre remarquer M. le professeur Arnozan, dans son cours de thérapeutique, 1892-93 : « Bordeaux et ses environs,» paye un large tribut à la fièvre paludéenne, et l’on peut dire que : ce qui est peub-être vrai à Lyon ne l’est pas à Bordeaux, et en présence des conditions marécageuses de notre sol qui donnent une teinte de paludisme à la. plupart de nos fièvres infectieuses, il nous paraît difficile et dangereux de traiter nos typhiques sans quinine, même avec les bains froids. »

Quoiqu’il en soit, les uns suivant la méthode deBrand èt de Juhel-Rénoy, donnent le bain à 20°, les autres, moins rigoristes, suivent l’exemple de l’École de Lyon, et, comme M. Lépine, donnent de préférence le bain de 25 à 28° c. Dans le service de M. le professeur Arnozan, où nous avons passé notre dernière année d’étude, c’est ce dernier bain que nous avons toujours vu donner, toujours avec de bons résultats. C’est donc du bain de 25 à 28° que nous nous occuperons maintenant. C’est avec lui que les observations ont été prises. C’est lui qui nous a donné les courbes de températures que reproduites ci-après, et nous pensons que sans vouloir en faire le bain idéal, qui répond le mieux à tous les cas donnés, il n’est pas passible de tous les reproches que les partisans de la méthode de Brand lui ont adressés.

Considérations générales et détails techniques sur les bains expérimentés.

C’est donc le bain de 25 à 30° que nous avons vu employer le plus fréquemment dans le service de M. le professeur Arnozan. A-t-il des avantages sur le bain de Brand, de Juhel- Rénoy et de Dieulafoy, et mérite-t-il les critiques qu’on lui adresse dans le livre de Bouveret et Tripier, celui de Juhél- Rénoy, et dans la thèse de Faure-Miller ? C’est ce que nous allons examiner.

Et tout d’abord dans quelle catégorie peut-on ranger le bain à 25° et au-dessus, jusqu’à 30? Si l’on accepte la division proposée, il rentrerait dans la catégorie des bains tièdes ou frais, mais cette division n’a aucune valeur. La chaleur et le froid n’existent pas comme entités à proprement parler, et c’est seulement par comparaison avec la température de notre corps que nous pouvons les percevoir : ce ne sont que des sensations. Un individu sain, ayant une température normale de 37°, mis dans un bain à 25° c., éprouvera la même sensation qu’un frébricitant ayant 39°, placé dans un bain à 27°.

La température ambiante joue aussi un très grand rôle dans l’impression de la chaleur et du froid, et il est certain qu’en été, avec une température ambiante très élevée, un

bain de 25° c, donnera une sensation de froid beaucoup , plus grande qu’au milieu de l’hiver, avec une température extérieure de 5 à 6°. Il est donc très difficile de donner des délimitations certaines et de faire rentrer chaque bain dans une classe distincte, suivant sa température. Ils sont tous, des bains refroidissants, du moment que leur but thérapeutique est d’abaisser la température du fébricitant.

Donc, le bain à 25° employé dans, un but thérapeutique, dans une pyrexie quelconque, est un bain refroidissahf .au même titre que celui employé par Brand ou Juhel-Renoy.

Quels sont ses avantages? Une des causes qui ont empêché la méthode réfrigérante d’être adoptée avec unanimité,, c’est assurément le côté barbare de cette médication. A l’hôpital passe encore, mais dans la clientèle civile bien des malades se refusent, après un premier bain, à tenter une seconde expérience, tant la première impression leur , a été pénible, tant ils redoutent cette immersion. La tendance,du reste, des médecins actuels, est de ne plus donner le bain aussi froid qu’auparavant ; même à Lyon, le bain entre 25 et 28° a ses partisans, et l'article déjà cité de Lépine, paru dans le Semaine médicale , nous montre que beaucoup de médecins ont abandonné la méthode de Brand, pour en adopter une moins rigoureuse pour les malades.

Et, si l’on consulte la Semaine médicale du 9 août 93, on voit qu’en Angleterre aussi, le bain de Brand perd beaucoup de partisans. En effet, le bain, à 25 degrés, est beoucoup moins pénible et tous les malades que nous avons vu baigner accusaient bien une sensation de froid assez accentuée, mais parfaitement supportable et aucun d’eux n’a refusé une seconde immersion.

Mais, cet avantage serait bien minime et il ne vaudrait pas la peine d'abandonner le bain de Brand si, pour une simple

question de bien-être, on faisaitperdre aux malades quelquesuns des effets de la réfrigération. Il n'en est pas ainsi, comme nous allons le voir.

Tout d’abord, le bain de 25° n’est pas passible des objections que l’on a adressées au bain de Brand. Ne produisant sur le malade aucune action pénible, on ne peut l’accuser de produire les syncopes et la mort subite au moment de l’immersion. Nous savons biéil que cétte supériorité n’est pas d’un poids immense pour faire pencher la balance d’un côté plutôt que de l’autre, car, môme avec les bains à une température très basse, les accidents de ce genre sont très peu fréquents. Pour peu que le bain soit donné avec soin et que le médecin ait eu soin de constater qu’il n’existait chez son malade aucune lésion ancienne contre indiquant le bain, les accidents ne doivent pas se produire. Ils ont été cependant signalés et méritent d’être pris en considération.

Les deux principales objections faites par les partisans, du bain a 20° au bain de 25° à 30° sont les suivantes.

1° Le choc est supprimé, c’est vrai ; mais qu*est-ce que ce choc? Quelle est son influence? Est-elle bonne ou mauvaise? C’est ce qu’il est difficile de dire d’une façon certaine. Bouveret et Tripier, Juhel-Renoy, le considèrent, comme indispensable dans la grande majorité des cas, en particulier dans les formes les plus graves, s’accompagnant de coma et de stupeur. On ne peut réfuter leur dire puisque rien de sûr, ne peut-être avancé à ce sujet. Mais il semble que si son utilité est bien indiquée dans quelques cas, dans beaucoup d’autres ou on se propose seulement un effet antithermique, il ne procure pas au malade un grand bénéfice et peut même être dangereux.

2° Ce bain ne produit que des effets antithermiques faibles « Sans doute, dit Bouveret, on peut dans les formes légères.

où au déclin de la fièvre, obtenir des abaissements assez prononcés de la température fébrile, mais du moins dans les formes sévères, ou pendant les premiers jours de la fièvre, le bain tiède ne produit jamais que des abaissements thermiques, très faibles, parfois nuis et à coup sûr très insuffisants. En outre, l’abaissement thermique, quand il existe, dure beaucoup moins après le bain tiède, qu après le bain froid. C’est une erreur de croire qu’un bain tiède puisse produire sur la température fébrile, un effet comparable comme intensité et comme durée à celui que produit le bain froid. Liebermeister, a démontré expérimentalement cette infériorité du bain tiède »

Juhel-ïtenoy, reproduit la même opinion qui se trouve aussi dans la thèse de Faure Miller. C’est donc l’opinion la plus généralement acceptée maintenant. Nous pensons cependant, qu’elle doit être modifiée, et que s’il y a une part de vérité dans l’opinion des partisans du bain froid, elle ne peut-être acceptée toute entière.

En effet, par l’examen pur et simple des courbes de température, à la fin de ce travail, et la lecture des observations et des expériences, on verra que la température n’est pas revenue plus rapidement à son point de départ, que dans les observations où les malades ont été baignés à 20° et relatés dans les ouvrages que nous avons déjà cités (1).

De plus, M. le professeur agrégé Sigalas, a encore fait à ce sujet des expériences très concluantes dont il a bien voulu nous communiquer les résultats.

Nous transcrivons tout au long la note qu’il nous a remise à ce sujet.

il) Ce sont même comme on peut le voir dans les expériences 9 et les bains à 27* 5 et à 30 qui ont pTodutt le plus grand abaissement de température.

Influence de la température du bain sur le refroidissement de la température centrale

« Il faudrait, dit Rostan, pour apprécier avec exactitude les modifications subies par la température des corps plongés dans le bain froid, suivant le degré de la température de

l’eau, les étudier degré par degré.mais cette étude n’a

jamais été faite » (1). Le docteur Aubert, de Lyon, dans son Mémoire sur la physiologie des bains froids (2), étudie successivement l’influencede la durée dn bain, de l’exercice avant, pendant et après le bain, de l’habitude sur la netteté des réactions, etc., mais il laisse complètement de côté l’influence de la température de l’eau du bain sur la valeur du refroidissement. L’absence de documents sur ce point montre l’intérét qu’il y avait à déterminer expérimentalement cette influence.

On conçoit la presque impossibilité de faire cette étude sur des sujets fébricitants. Leur donner des bains à des tempé-

(t) Dict. Etic. des Sciences médicales. (Art. Bains, p. 162). (2 ; Lyon Médical , 1883.

ratures différentes n’est point chose difficile, mais il est impossible d’affirmer qu’à deux moments différents de leur maladie, ils sont dans des conditions identiques, et par conséquent illogique d’attribuer à la seule différence dans la température du bain la différence dans les résultats que donnerait cette môtli ode.

Etant donné d’autre part la difficulté qu’il y a à trouver des sujets sains pouvant ou voulant supporter pendant un temps suffisant des températures de 20° et inférieures à 20°, nous avons pensé qu’il valait mieux opérer sur des animaux (chien) et de préférence sur un même animal , en prenant soin défaire toujours nos expériences comparatives à la même heure de la journée par une mèmè température extérieure, le régime alimentaire de l’animal ne variant pas, et seulement les jours où sa température centrale avait une valeur déterminée : celle de la première expérience.

L’animal devait, en outre, être fixé toujours de la môme façon sur une table spéciale, de manière à éliminer autant que possible l’influence, qui est énorme, des mouvements de l’animal sur les variations de son état calorifique.

La série des expériences résumées dans le tableau qui suit a été faite en observant rigoureusement toutes ces conditions : Le chien expérimenté avait un poids de 9 kilos 500 environ. La température du début a varié seulement de 39° 1 a 39° 4. La durée du bain a toujours été de quinze minutes.

Les chiffres de ce tableau montrent que si l’on entend par action antithermique utile' toute modification qui tend à abaisser la température centrale, il est permis de dire que dans les bains froids d’une certaine durée (15 minutes pour nos chiens), cette action est d’autant plus marquée que la température de l’eau du bain est plus basse.

Ls Tableau suivant résume nos résultats :

Nos DES expériences

TEMPÉRATURE des BAINS

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