‹ Contribution à l'étude de l'action des bains froids sur les températures fébrilesChapitre 7 sur 14 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observasion I

S. J..., âgé de dix-huit ans et demi, exerçant la profession de peintre, entre à l’hôpital Saint-André, salle 20, lit 9, dans le service de M. le professeur Arnozan, le 12 mai 1893. Il se plaint de violents maux de tête et de frissons depuis quelques jours.

Antécédents héréditaires. — Père mort jeune d’une affection pulmonaire, mère vivante, mais de santé très mauvaise; deux frères et une sœur. Le fçère aîné, bien portant; le plus jeune, maladif ayant eu dans son enfance des ganglions cervicaux, tousse fréquemment, est très maigre et très pâle. Sœur bien portante.

Antécédents personnels. — Rien à signaler dans sa première enfance, pas de traces de strumose. A l’âge de sept ans, rougeole qui a parfaitement guéri, et sur laquelle, du reste, il ne peut donner que des renseignements très vagues; s’enrhume assez facilement surtout depuis l’âge de quatorze ans. Mais ces rhumes sont passagers et guérissent rapidement. Depuis l’âge de quize ans et demi, il est dans un atelier de peinture et n’a présenté aucun accident d’intoxication plombique. Il y a quelques jours, avant d’entrer à l’hôpital, il a eu un violent mal de tête avec épistaxis et fièvre violente qui l’ont forcé à s’aliter. Une légère amélioration s’est produite ; mais quatre ou cinq jours après, nouveaux maux de tête, nouvelle

fièvre, et le malade de pouvant se faire soigner chez lui est transporté à l’hôpital

Examen du malade. — Faciès pâle, yeux brillants. Pas d’amaigrissement notable. La peau est chaude. La température axillaire est de 39° 2. Pouls, 92. Pas de dicrotisme. Le malade n’a pas la torpeur et le faciès hébété des typhiques. 11 répond parfaitement aux questions qu’on lui pose et insiste, en particulier, sur les maux de tête et les épistaxis qu’il a eus. Pas de douleurs dans la fosse iliaque. Pas de diarrhée. Pas de tâches rosées.

L’examen des organes ne révèle rien, ni du côté du cœur, ni du côté du tube digestif dont le fonctionnement est normal.

La poitrine seule attire l’attention : en avant et à droite, légère submatiié, murmure vésiculaire diminué, expiration un peu rude, quelques frottements. A gauche, rien. En arrière, mêmes signes au sommet du côté droit; à la base, légère congestion pulmonaire, avec râles fins, mais peu étendus. A gauche, rien, sauf quelques râles à la base et dans le tiers moyen. Le malade ne tousse pas et ne crache pas. Pas d’hypertrophie de la rate. Trois diagnostic sont en présence : embarras gastrique, tuberculose miliaire, dothiénentérie.

Sans poser aucun diagnostic précis, on incline vers celui d’embarras gastrique. La suite des évènements et la marche des symptômes semblent confirmer cette opinion; à partir du 15 mai, en effet, la température baisse et tombe à 37 ' le 22. On pensait le malade guéri, et on lui avait permis de manger, lorsque le 23 mai, les symptômes du début réapparaissent; la température atteint 39» et ne cesse de s’élever jusqu’au 1 er juin. Elle est à 40° le 30 mai à quatre heures et demie du soir.

En présence de cette température, bien que les épistaxis n’aient pas reparus, que les tâches rosées lenticulaires fassent défaut, on porte le diagnostic de fièvre typhoïde, et on se décide à baign~r le malade.

La marche de la maladie a été normale, sans accidents, sans complications.

Dès le troisième bain, une amélioration se fait sentir, et le 1 er juin, la

température ayant baissé, nous cessons de baigner le malade, qui sort guéri le 28 juin.

Expérience 1. — On introduit dans le rectum du malade le réservoir du thermographe. 4près 20’ il indique une température de 39• 5; la température axillaire est de 39’ 2. L’eau de la baignoire est à 26- C. Le bain commence à 10 h. 25 et finit à 10 h. 32 (premier frisson). Il dure donc 7 minutes. La courbe obtenue indique que la température a commencé a baisser immédiatement après l’immersion, que l’abaissement a été de 0- 5, qu’il s’est maintenu jusqu’à 11 h. 45’ moment à partir du quel la température a commencé à remonter.

Expérience 2 . — L’intromission du réservoir thermographique ayant été très douloureuse pour la malade et les indications fournies par l'appareil ne semblant pas assez précises, on se sert dans les bains suivants, de thermomètres à mercure, introduits l’un dans la cavité rectale, l’autre dans Je creux axillaire, e', toutes les 5 minutes, on fait une lecture thermométrique de façon à pouvoir tracer par points assez rapprochés, la courbe des variations de température provoquées par le bain.

Le thermomètre à maxima laissé dans la cavité rectale pendant toute la durée du bain et qui marquait 39- 95 avant l’immersion marque 30 - 95 à la sortie du bain. Il n’y a donc eu à aucun moment du bain élévation de la température rectale.

28 mai 1893, 4 h. soir.

Temp. axiH.39- 9

—- rectale. 39- 95

Temp. du bain. 26-

Entrée dans le bain. 4 h. 50’

Sortie du bain . 5 h. 1’

Durée du bain..., 11’

La.

TempêraeUres axillaire et rectale prises de 5’ en 5’ pendant Vexpérience 2.

5 h. 20’. 37- 6. 39- fort

Expérience 3. — 29 mai 1893,10 h. matin.

Temp. axillaire. 38* 8

» rectale. 39 •

Temp. du bain. 25-

Entrée dans le bain. 10 h. 30’

Sortie du bain. 10 h. 41’

Durée du bain : 11’

Comme dans l’expérience 2, le thermomètre à maxima a été laissé dans la cavité rectale pendent toute la durée du bain. Il marque à la sortie du bain 39- comme avant l’entrée dans l’eau froide.

Températures axillaire et rectale de 5'

penâaut Vexpérience 3.

-10 li. 45’. 35-

10 li. 55’. OO-

Expérience 4. — 29 mai 1893, 5 h. dn soir,

Temp. axillaire. 40- 1

» rectale. 40- 2

Temp. du bain. 25-

Entrée dans le bain. 5 h. 25

Sortie du bain. 5 h. 35

Durée du'bain : 10’

Comme dans les expériences 2 et 3, le thermomètre à maxima n’indique aucune élévation de température. A la sortie du bain, on lit 40- 2.

Températures axillaire et rectale prises de 5’ en 5’ pendant l’expérience 4.

. 39- 3 fort

fi h 40’

fi 50’

Expérience 5. —• 30 mai 1893, 8h. du matin.

Temp. axillaire. 39- 3

» rectale.39 • 45

Temp. du bain. 25-

Entrée dans le bain. 8 h. 25’

Sortie du bain. P h. 40’

Durée du bain! : 15’

Comme dans les expériences 2, 3 et 4, le thermomètre rectal à maxima marque à la sortie la même tempéra ure, 39- 4, qu’avant l’entrée dans le bain.

Températures axillaire et rectale prises de 5’ en 5' pendant l’expérieme 5.

9 h. 25’. 37 - 85 . 38 - 5 fort.

9 h. 30’. 37 - 85... 38 - 5 fort.

9 b. 35’... 37- 9.38- 5 fort.

9 h. 45’. 38- fort. 38- 6

9 h. 50’. 38- fort. 38- 6

Expérience 6. 30 mai 1893, 4 h. soir.

Temp. axillaire.. >... .. 40- 1

— rectale. 40- 4

Temp. du bain. 25-

Entrée dans le bain. 4 h. 26’

Sortie du bain. 4 h. 40’

Durée du bain : 14’

Aucune ascension du thermomètre rectal à maxima ne se produit pendant le bain.

Température axillaire et rectale prises de 5’ en 5’ pendant VExpérience 6

i> .no-

e 7. — 31 mai 1893, 8 h. du matin.

Temp. axillaire.

» rectale...

» du bain.

Entrée dans le bain...

Durée du bain : 0 h. 15’

Température lue au thermomètre rectal à maxima :

T95. La tempé¬

rature initiale n’a donc pas été dépassée pendant 1 immersion.

Température axillaire et rectale j vises de 5' en 5’ pendant l’expérience.

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