REFROIDISSEMENT
Exp. 27
Exp. 26
Exp. 25
Exp. 24
Exp. 23
Exp. 22
Exp. 21
Mais on sait que les corps vivants, soumis a l’action d’une cause perturbatrice extérieure, ne se comportent pas nécessairement comme un corps inerte, ils ne subissent pas passivement l’influence extérieure, ils résistent et luttent contre elle : ils réagissent c nitre cette cause. Eh bien ! si l’on appelle réaction thermique les changements qui tendent à ramener à sa valeur primi ivé la température de l’animal, l’examen de la marche des températures après le bain montre que cette réaction est d’autant plus violente que l’action a
été elle-même plus intense. Si nous avons eu quelques écarts dans nos chiffres, le sens du phénomène a toujours été dans toutes nos séries celui que nous indiquons.
On est, d’après cela en droit de se demander s’il y a vraiment intérêt,, au point de vue thermique pur, à employer des bains à température très basse.
Quelle est maintenant la technique des bains expérimentés ? Nous allons maintenant la décrire, avec soin, telle que nous l’avons vu pratiquer par M. le professeur Sigalas, dans toutes ses expériences.
Tout d’abord, comme nous l’avons déjà dit, à Bordeaux, dans les services hospitaliers, on ne baigne pas tous les malades systématiquement, et la méthode réfrigérante n’est employée que lorsqu’une température trop élevée, et des accidents adynamiques viennent 'en montrer l’indication. Nous avons observé, dans ces deux derniers mois, bon nombre de fièvres typhoïdes très légères, ayant le soir 38, 8, le matin 38° s’accompagnant de tous les autres symptômes dothiénenterie, et qui ont parfaitement guéri, dans un espace de temps assez court.
Si nous avions baigné ce malade, nous n’aurions pas manqué peut-être de mettre la bénignité de la maladie sur le compte des bains à 25°, et il n’est pas sûr que les partisans absolus de la méthode de Brand, qui baignent dans tous les cas, légers ou graves, ne soient pas tombés dans ce travers.
Quoiqu’il en soit, voici la technique employée par M. le professeur Sigalas, dans ses conférences, pour déterminer d’une façon précise l’abaissement de température produits par les bains, et la marche de la température pendant les deux heures qui suivent l’immersion.
La baignoire est placée à côté du lit du malade, afin qu’il y soit facilement transporté. L’eau du bain à est 26,27, 28°, le
plus souvent à 25°. On prend alors ; très exactement la température axillaire et la température rectale du malade au moyen du thermomètre à mercure vérifié d’avance. 11 faut avoir soin de pousser le thermomètre rectal assez loin, mais avec douceur et prudence. Il faut le plonger auparavant, pour en faciliter le glissement, dans de la vaseline boriquée. Le rectum des typhiques est en général très sensible et le premier malade surtout accusait une assez vive douleur pendant l’introduction et le séjour du thermomètre.
Ces deux températures notées, on enlève le thermomètre axillaire et on laisse en place le thermomètre rectal qui est àmaxima, et ne peut, par conséquent, descendre. On transporte alors le malade dans le bain.
Toutes les recommandations faites par Brand, pour le bain froid, sont applicables au bain à 25°, eh nous n’avons pas négligé les affusions d’eau froide sur la tète, pour prévenir la syncope et la friction sur la partie antérieure de la poitrine ; mais il nous parait qu’il vaut mieux mettré le malade dans une baignoire assez grande pour permettre à l’eau d’arriver jusqu’au cou, et de couvrir toute la poitrine.
Le malade reste là sans bouger, et n’a aucune sensation désagréable.
An bout d’un temps variable, avec les individus, lorsque apparait le premier frisson vrai, nous sortons le malade de son bain. Il est porté dans son lit, essuyé avec modération et plié dans une couverture de laine. Au moment de la sortie, on lit la température rectale, et on note si elle est stationnaire ou s’il y a eu élévation. Ceci fait, le malade étant bien installé dans son lit, on remplace le thermomètre à maxima du rectum par un thermomètre ordinaire dont la colonne mercurielle peut descendre. Dans l’aisselle soigneusement essuyée, on place un thermomètre à maxima, puis de cinq en
cinq minutes, on fait une lecture thermométrique, et on note les températures axillaire et rectale. Cette lecture, pour donner des résultats importants, doit être continuée pendant une heure et demie ou deux heures au moins.
Nous né savons pas que jamais, pas plus à Lyon qu’à Paris, on ait pris les courbes thermométriques de cette façon-là. Et pourtant, : les renseignements que l’on retire de cette méthode sont nombreux. Elle nous renseigne : 1° sur l’état des deux températures centrale et périphérique avant le bain ; 2° sur l’ascension thermique, décrite par tous les auteurs au moment de l’immersion ; 3° sur la marche comparative des températures axillaire et rectale ; et la température relevée pendant près de deux heures, toutes les cinq minutes, nous donne une, courbe presque continue ayant la même valeur que .'.celle fournie par un thermographe. (1) ; 4° enfin, la lecture de ces courbes et leur comparaison avec celles deBouveretet de Juhel-Renoy, nous permettent d’apprécier si le bain à 25° abaisse autant que le bain de Brand et aussi longtemps, la température du fébricitant.
Disons, en terminant;cette question de technique, que toutes ces expériences, dont les résultats ne concordent pqs toujours avec les idées actuellement admises, ont été faites par M. Sigalas, dans le service de M. le professeur Arnozan, que tous les élèves du service ont pu comme nous y assister, et que l’habileté et le soin avec lequel elles ont été faites,, ne permettent pas de mettre sur le compte d’une faute de technique, les résultats nouveaux auxquels on est arrivé.
(1) Thermographe (Richard).