INTRODUCTION
Les relations entre les métaux et les gaz — particulièrement les gaz dits «inertes » — manquent encore de netteté, Cela tient sans doute à la complexité des phénomènes mis en jeu, que des réactions chimiques habituelles ne suflisent pas à expliquer. Cela tient aussi aux diflicultés expérimentales en pareille matiere, et plus spécialement à l'extrême lenteur d'établissement des équilibres.
L'intérêt théorique de ces études en résulte par là même. Leur intérêt pratique provient de ce qu’elles posent en même temps un problème de pureré des Corps, que des recherches chimiques de haute précision, telles que la détermination des masses atomiques, n’ont pas été seules à essayer de résoudre : L'influence, souvent péjorative, des gaz sur les propriétés mécaniques des métaux et des alliages a ainsi beaucoup préoccupé les métallurgistes. Et, plus spécialement, dans l'industrie des lampes électriques, de récents travaux, eflectués notamment à la Gen. El. Co. ont montré l'importance des gaz émis par les filaments incandescents.
Le but tout d’abord assigné au présent travail, avait été l'étude des conditions de formation de quelques nitrures métalliques. Amenés à comparer nos premiers résultats, avec ceux obtenus par d’autres expérimentateurs, sur des systèmes « gazmétaux » très divers, nous nous sommes rendus compte que la question devait se poser d'une manière plus générale, que la simple recherche d'espèces.
En présence de théories d’esprits diffrrents, souvent inconciliables, il nous a semblé nécessaire, dans une première partie de ce mémoire, de tenter de préciser l'enseignement qui nous a paru se dégager de l'ensemble des données bibliographiques. Cela nous a permis d'indiquer une fois pour toutes, les points de vue qui nous ont servi de guides, tant dans l'orientation de nos mesures que dans leur interprétation. | |
Dans la deuxième partie, nous décrivons nos expériences personnelles. Le premier chapitre est consacré à l'appareillage, à la préparation et l'analyse des métaux utilisés, aux méthodes de mesures, et aux eauses d'erreurs dout elles peuvent être affectées. Le second chapitre traite des gaz extraits des métaux et de l'absorption de l'azote par ceux ci. principalement sous la pression atmosphérique. Le troisième chapitre étudie la dissociation des produits formés.
Dans la dernière partie, nous recherchons une interprétation théorique de nos résultats.
Enfin, une « conclusion » résume l’ensemble des points qui nous paraissent acquis.
2 GABRIEL VALENSI
Ces recherches effectuées au laboratoire de chimie générale de la Sorbonne, ont été commencées sous la direction de M Henry le Châtelier, membre de l’Institut, que nous remercions bien sincèrement de toute sa bienveillance, et terminées sous celle du regretié professeur André Job, dont nous saluons la mémoire avec respect. Elles ont été suivies de très près par M. Marcel Guichard. protesseur à la Sorbonne, qui n’a cessé de nous prodiguer ses conseils éclairés ainsi que ses encouragements, tant pour la réalisation pratique de nos expériences que pour leur interprétation. Nous luien exprimons ici toute notre reconnaissance.