‹ Contribution à l'Étude de l'Action du Traumatisme Opératoire sur l'Évolution de la GestationChapitre 4 sur 60 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les tendances opératoires actuelles de la chirurgie devenant de plus en plus grandes au cours de la grossesse, il nous à paru utile d'étudier, dans notre thèse inaugurale, comment le traumatisme chirurgical est supporté par la femme enceinte et quels sont ses effets sur la gestation.

Nous examinerons d’abord, dans notre introduction, comment peu à peu les idées se sont transformées avec les progrès de la science et par quel mécanisme la grossesse peut être interrompue.

Ensuite nous considèrerons, dans une série de chapitres, les faits relatifs aux interventions portant 1° Sur l’utérus ; 2° Sur la zone génitale et les seins ; 3° Au niveau de l’abdomen ;

4° Sur différents points de l’organisme.

Enfin, dans un dernier chapitre, nous déduirons Ia conduite à tenir lorsqu'il y aura des indications opératoires.

DE

DISC LLCLCOTTON

Pendant longtemps, la grossesse fut une contre-indication absolue à toute intervention chirurgicale.

Ce n’est qu'après bien des discussions, des hésitations, des controverses, des erreurs même, que la chirurgie étendit son domaine à la période de la gestation.

Elle procéda par étapes, se tint d’abord loin de la zone génitale, l’atteignit et finit par s'attaquer à l’utérus luimême.

En 1817 déjà, Merriman propose d’extirper chirurgicalement les kystes de l'ovaire ; Bérard, en 1840, attire l’attention sur les accidents qui peuvent compliquer les opérations pendant la grossesse.

En 1857, Nüsser incise des hématomes de la vulve.

Dupuis, en 1872, enlève des végétations vulvaires sans accident ; Simon enlève un sarcome de la grande lèvre sans interrompre la grossesse; Marius Rey opère une fissure anale.

Spencer Wells préconise l'intervention pour kyste de l'ovaire ; il est suivi par Marion Sims, Polak, puis par Schræder qui publie 15 cas ; enfin, Pinard fait à ce sujet une série de communications.

En 1864, Valette, de Lyon, conclue un travail ainsi : « Les grandes opérations peuvent être bien supportées par les femmes enceintes ».

SP De

En 1867 puis en 1870, Verneuil montre les accidents aussi graves qu'imprévus qui peuvent être la conséquence des opérations pratiquées chez les femmes grosses et il s’oppose à Valette : « À moins d'extrême urgence, il ne faut soumettre les femmes enceintes à aucune opération, si minime qu'elle soit, surtout si l’action chirurgicale porte sur la sphère génitale ».

En 1876 ont lieu, à la Société d’Obstétrique de Paris, les discussions de Verneuil, Guéniot, Tarnier, Depaul, Reebt, Trélat, Lefort. Tous s'entendent pour déclarer qu'il faut opérer pendant la grossesse, mais seulement quand il est impossible d’ajourner l'opération.

Guéniot fait jouer un rôle prépondérant au degré d’irritabilité de l'utérus et à l’état de l'œuf.

Les autres auteurs n’accordent à ces deux facteurs qu’un rôle secondaire.

Puis la myomectomie est tentée par Spencer Wells, Péan, Schræœder ; l’appendicectomie par Paul Mundé qui, en 1894, publie 19 cas dans le Medical Record ; son opinion cst appuyée en Amérique par Abraham (In American Journal of Obstetric), en France par Dieulafoy et surtout par Pinard au cours d’une série de communications à l'Académie de Médecine.

A l'heure actuelle, l'opinion est unanime à vouloir opérer même pendant la grossesse, mais seulement quand cela est indispensable, lintervention, aussi peu importante soitelle, risquant de retentir fâcheusement sur la gestation.

Bien que ce ne soit pas la règle, tandis qu’on voit certaines femmes supporter sans trouble une myomectomie, on en voit d’autres avorter pour une opération légère et ne portant pas sur la zone génitale.

Le traumatisme n’est pas, en effet, le seul facteur auquel on puisse rattacher l'interruption de la grossesse.

L’utérus gravide voit s’exalter parmi d’autres qualités son irritabilité et sa contractilité.

Les excitations sont perçues avec une acuité bien plus

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considérable, provoquant des réactions qui se traduisent par des contractions,

Ce muscle, qui reçoit son influx nerveux de la moelle, du grand sympathique et de ganglions propres situés surtout au niveau de l’isthme, réagit sous l'influence d’excitations directes, indirectes, réflexes.

L'importance des excitations directes est considérable ; les opérations s’accompagnant le plus souvent d’interruption de la grossesse sont celles qui portent sur l'utérus et dans son voisinage.

Bar, sur 100 observations, trouve 45 avortements parmi lesquels 32 pour des opérations portant sur la zone génitale.

L'exposition de l'utérus à la température extérieure au cours d'une laparotomie, bien que son influence soit contestée, peut être cause d’avortement.

D’autres excitations sont indirectes

L'hyperthermie générale peut exercer une influence. En soumettant des souris pleines à un certain degré de chaleur, on les fait avorter, comme l'ont montré les expériences de Runge en 1877.

Cette élévation de température est réalisée au cours des phénomènes infectieux.

De plus, l'organisme est intoxiqué. C’est ce qui se produit par exemple dans l’appendicite où le traumatisme aura d'autant plus de chances d’être néfaste que le degré d'intoxication et d'infection sera plus grand.

Mais ces phénomènes infectieux qui ont la plus grande part dans l'interruption de la grossesse peuvent être dûs non pas à la maladie, mais à l’opération elle-même.

C’est ce qui se produisait surtout avant l’ère aseptique et ce qui devient chaque jour plus rare.

A mesure que la technique se perfectionne et surtout que l’asepsie devient plus rigoureuse, les résultats s’améliorent.

Là comme dans les autres branches de la chirurgie, c’est à partir du jour où, grâce aux méthodes pasteuriennes, on

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