OBSERVATION II
(Clinique d’Accouchement.)
M": L..., 24 ans. En août 1925, étant enceinte de 7 mois, se fait arracher une molaire. Dans les jours suivants apparut un phlegmon qui fut incisé deux fois.
On l’opère ensuite pour ostéomyélite de la branche horizontale du maxillaire inférieur à l'Hôpital du Tondu (Clinique oto-rhino-laryngologique).
Le 1‘ septembre, au moment où on renouvelait son pansement une hémorragie foudroyante se produit. M. le Professeur Portmann fait immédiatement la ligature de la carotide primitive droite, On lui fait une transfusion. La grossesse n’est pas troublée.
Nous citons enfin 8 observations se rapportant à des interventions ayant eu lieu en différents points de l’organisme.
1. — Clinique Gynécologique., — M" M... 20 ans, voit continuer sa grossesse après avoir subi, le 24 juin 1927, une ponction évacuatrice au niveau d’un genou atteint d’hydarthrose ; le 13 juillet, on lui fait un abcès de fixation. Age de la grossesse : 3 mois.
2. — Clinique d’Accouchement, — M"° C.., accouche à terme après avoir été opérée pour une fistule à l’anus le 23 novembre 1924, alors qu’elle était enceinte de 3 mois.
3. — Clinique d’Accouchement. — M''° M... 18 ans, accouche à terme après avoir été opérée, le 20 janvier 1926, d’une adénite bacillaire gauche, au 6° mois de sa grossesse,
4 — Clinique d’Accouchement, — M"° X.…., accouche à terme après avoir été opérée pour mastoïdite au 3° mois de sa grossesse en février 1920.
9. — Maternité. — M" X..., accouche à terme, le 17 avril 1924, après avoir subi l’amputation du bras pour sarcome au 3° mois de grossesse,
6. — Maternité. — M"° X... accouche à terme le 19 décembre 1927 après avoir été opérée d’un ulcère de l’estomac au 2° mois de sa grossesse.
7. — M"° X.. accouche à terme, le 24 avril 1926, après avoir subi une ponction pour arthrite gonococcique au 6° mois de grossesse.
8. — Maternité. — M°"° X... accouche à terme le 24 juillet 1927, après avoir été opérée pour varices des membres inférieurs au 1‘ mois de sa grossesse.
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Traitement.
Avant d'intervenir chez une femme enceinte, il faudra d’abord établir un diagnostic ferme tant au point de vue de la gestation qu’au point de vue de la lésion susceptible de déterminer l’opération.
Il arrive en effet que des femmes, désireuses de supprimer le produit de la conception, trompent le chirurgien ; aussi celui-ci devra-t-il, dans tous les cas douteux, employer tous les moyens de recherche à sa disposition et, parmi eux, la radiographie.
Mais, en dehors même des cas de supercherie, le diagnostic est souvent difficile et exige de la part du chirurgien l'application de l'épreuve du temps qui, en dehors des cas d'urgence, permet de résoudre aisément le problème,
D'autre part, une fois le diagnostic de gestation établi, il convient d'établir celui de la complication qui nécessite l'opération. La même prudence est nécessaire, mais si l’indication est ferme et le moment d'intervenir propice, on ne devra pas hésiter car l’hésitation à elle seule peut compromettre la grossesse : une femmé a une crise d’appendicite, pourquoi attendre que cette crise s'aggrave, se reproduise plus violente ou nécessite une intervention à une époque plus avancée, c’est-à-dire moins favorable ?
Cependant, il n’y a pas toujours urgence absolue et il y aura alors intérêt à attendre l’époque la plus convenable, le moment où la malade sera le plus en état de soutenir
l'opération. Dans l’ensemble, les meilleurs moments sont le 3° et le 4° mois.
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La technique opératoire est, dans l’ensemble, à peu près la technique habituelle; elle comporte cependant un certain nombre de précautions.
Il faut d’abord faire accepter l'opération en montrant la gravité de l’abstention et, dans les cas d'urgence, celle de l'hésitation.
On se souviendra du rôle de l'émotion et, plus encore qu'ailleurs, on tâchera de calmer la malade et de la rassurer.
Le froid étant susceptible de faire contracter l’utérus, on l’'exposera le moins possible à l’air, d’une part, et d’autre part, on maintiendra la salle d'opération à une température élevée,
On évitera le plus possible les pertes de sang, surtout celles qui se produisent brusquement, puisqu’une anémie aiguë peut provoquer des contractions de la matrice.
Dans les interventions portant sur son voisinage ou sur lui-même, on évitera soigneusement à l’utérus tout traumatisme non indispensable.
La plaie abdominale sera refermée avec grand soin car la paroi sera mise à l’épreuve dans les mois qui suivront.
Quand on interviendra sur le muscle utérin, on emploiera aux sutures la plus grande minutie, pour les mêmes raisons.
L’asepsie la plus rigoureuse étant la règle, il est inutile d’en parler si ce n’est pour songer qu’autrefois son insufisance était la source de beaucoup d’avortements consécutifs au traumatisme chirurgical.
Enfin, dans tous les cas, il faut s’efforcer de sidérer au maximum le muscle utérin par l’administration d’opium, sous forme d’injections de morphine dès la veille de l’opération et, pour les. opérations importantes, pendant les dix jours qui suivent, à raison de 1 centigramme toutes les 6 heures, et cela surtout s’il y a menace d’avortement.
La femme devra, bien entendu, rester au lit jusqu’à ce que tous risques soient écartés.
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