ANTAGONISME DE LA THEOPHYLLINE A L'EGARD DE L'ADRENALINE
Il semble bien que l’on puisse faire intervenir cette double action sympatholytique ganglionnaire et musculaire dépressive - directe pour expliquer la diminution progressive de l’hypertension produite par l’adrénaline chez un animal qui reçoit des doses successives de théophylline : diminution pouvant aller jusqu’à une inhibition presque complète.
Nous avons pu observer plusieurs fois cet antagonisme fonctionnel avec une netteté parfaite, notamment dans les expériences 27 et 34 (fig. 10 et 11).
Frédéricq et Bacq [31] au contraire, ont observé, comme nous J’avons dit, sur la membrane nictitante du chat, une action sympatholytique très marquée des dérivés xantniques mais pas d’action adrénolytique nette, et ils croient pouvoir en conclure que ces dérivés s'opposent à la libération du médiateur chimique des nerfs adrénergiques.
Les résultats que nous avons obtenus ne nous permettent pas de souscrire à cette hypothèse. ge
N. Sahlstrôm [92] constatant chez la grenouille que l'effet du chlorure de baryum sur la veine abdominale est supprimé par la théophylline, conclut à une action musculaire directe, et plutôt à un antagonisme fonctionnel vis-à-vis de l’adrénaline.
De même, L. Backman [2], constatant que les sels de xanthine (il opère pour la théophylline avec de l’acétate double de théophylline et de soude) suppriment la sensibilité de . l’utérus à l’adrénaline et au chlorure de baryum, en conclut qu’ils agissent par parésie de la musculature.
K. Junkmann et W. Stross [56] observent également une action adrénolytique sur la plupart des organes innervés par le sympathique.
Enfin, plus récemment R. Kohn [60], expérimentant sur les extrémités du chien en survie, avec ou sans conservation de la moëlle lombaire, admet qu’il s’agit, non pas d’un véri-
/ si = SRE
Légende de la figure 10 ci-contre
Fig. 10. — ACTION DE L’ADRÉNALINE SUR LA PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LE CHIEN SOUMIS A L'ACTION DE LA THÉOPHYLLINE
Chien ? 4 ke. 600; vagues intacts; respiration artificielle; animal atropinisé. Pression carotidienne avec trait repère à 5 em. de He.
En bas, à droite, les temps en secondes.
L'animal recoit par la voie intraveineuse :
En 1,5 y d’adrénaline en tout.
En 2, la même dose d’adrénaline, SRE injection de (us gr. de théo-
phylline En 3, la même 0,02 er.
En 4, la même 0,02 gr.
En 5, la même 0,01 gr.
En 6, la même
0,03 gr.
par kg.
dose d’adrénaline, après de nouvelles injections de de théophylline par kg. (en trois fois).
dose d’adrénaline, après de nouvelles injections de de théophylline par kg. (en deux fois).
dose d’adrénaline, après une nouvelle injection de
de théophylline par kg.
dose d’adrénaline, après de nouvelles injections de de théophylline par kg. (en deux fois) soit après
0,085 gr. de théophylline par kg. au total.
(Tracé réduit de 1/4.)
Fig. 11. — ACTION DE L’ADRÉNALINE SUR LE CŒUR ET LA PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LE CHIEN SOUMIS A I/ACTION DE LA THÉOPHYLLINE
Chien ©, 4 kg. 500 ; vagues intacts ; respiration artificielle.
Or. — contractions . auriculaires, et V — ventriculaires du cœur in situ (méthode ‘de suspension). En dessous, pression carotidienne avec trait repère à 6 cm. de Hg. En bas, les temps en secondes.
L’animal a reçu 0,00125 gr. d’atropine en tout.
En 1, Ÿ Adr, injection de 10 y d’adrénaline en tout.
En 2, f Adr., injection de la même dose d’adrénaline, l'animal venant
de recevoir 0,004 gr. de théophylline par kg.
En 3, Ÿ Adr., injection de la même dose d’adrénaline, après injection
d’une nouvelle dose de 0,004 gr. de théophylline par kg. Toutes les injections ont été faites par la voie intraveineuse. (Tracé réduit de 1/3.)
table antagonisme, mais d’une susceptibilité réduite, sous influence de la théophylline, de la paroï vasculaire à l’excitation sympathique.
Il admet de plus une action de la théophylline sur les centres vasculaires situés dans la moelle épinière.
LÉ
Nous pouvons conclure de tout ceci que l’action hypotensive de la théophylline, de même que la diminution qu’elle produit de l’hypertension adrénalinique, est due à la fois à une action sympatholytique et à une action musculaire dépressive directe.
à I. - ACTION SUR LE CŒUR
Agissant sur le cœur in situ (méthode de suspension), la théophylline exerce essentiellement une action tonicardiaque, à la fois par accélération du rythme et par augmentation de l’amplitude des contractions auriculaires et ventriculaires.
Cette action se manifeste déjà pour des doses extrêmement faibles, surtout en ce qui concerne le rythme.
Après injection de 0,0001 gr., nous obtenons déjà une accélération de 5 p. 100 qui passe à 11,4 p. 100 après injection de 0,0004 gr .et à 18 p. 100 après injection de 0,0009 gr. de théophylline au total (exp. 11) : l’amplitude de l'oreillette présentant à ce moment une augmentation de 14 p. 100.
Pour des quantités un peu plus importantes de théophylline, on peut constater par exemple (fig. 12 et 13) : après injection de 0,002 gr., une accélération du rythme de 16 %,
une augmentation d’amplitude de l'oreillette de 20 %, une augmentation d'amplitude du ventricule de 18 %.
Exp, 12
après injection de 0,002 gr.,
Exp. 14 ) une accélération du rythme de ZA D, une augmentation d'amplitude de loreillette de 22 %, une augmentation d'amplitude du ventrieule de 21 %.
après injection de 0,005 gr.
une accélération du rythme de 17,6 %,
une augmentation d’amplitude de l'oreillette de 34 %, une augmentation d'amplitude du ventrieule de 32 %.
Exr. 35
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COURERNTENENNNESUEBSNNENENENSUENN
Fig. 12. — ACTION DE FAIBLES DOSES DE THÉOPHYLLINE SUR LE CŒUR ET LA PRESSION ARTÉRIELLE
Chien ©, 16 kg. ; vagues intacts ; respiration artificielle.
Or. —= contractions auriculaires, et V — ventriculaires du cœur in situ. (méthode de suspension). En dessous, pression carotidienne avec trait repère à 12 cm. de Hg. Æn bas, à droite, les temps en secondes.
1. L’animal reçoit par la voie intraveineuse, en f 0,001 gr. de théophylline par kg. (Tracé réduit de 1/3.)