CHAPITRE VI
Action sur la glycémie
Connaissant l’action hyperglycémiante de la caféine, signalée notamment par Sollmann [96], étudiée par Stenstrom [98] et qui peut aller pour de hautes dôses de cette purine jusqu’à une décharge glycosurique (Bardier, Duchein et Stillmunkes [3]), ainsi que celle du salicylate double de théobromine et de sodium (en réalité simple mélange des deux salicylates) qui est lui aussi hyperglycémiant d’après Takakusu [100], Bardier [3], et Fujü-ljuro [33], il nous a paru intéressant d’étudier l’action de la théophylline sur la glycémie.
Cette action a déjà fait l’objet des travaux de Senga Haruyoshi [94] et de Giordano [36].
Mais ce dernier a étudié seulement l’action de la théophylline-acétate de sodium sur la courbe de la glycémie chez le lapin accoutumé à la morphine, c’est-à-dire dans des conditions très particulières, qui ne nous intéressent pas directement.
Quant au premier, il a bien constaté une hyperglycémie, aussi bien avec la théophylline qu’avec la caféine ou la théobromine, moins marquée cependant pour cette dernière, mais nous n'avons pas pu connaître les conditions exactes de son expérimentation et notamment s’il avait utilisé la théophyl-
line seule ou en combinaison avec un corps: acétate de sodium, éthylènediamine, etc., qui augmente sa solubilité dans l’eau mais peut avoir un effet propre sur la glycémie.
Aussi avons-nous cherché, avec R. Hazard [47] à élucider le mécanisme de cette hyperglycémie, après avoir repris tout d’abord l’étude de ses modalités.
Nous avons opéré de la façon suivante : nous avons injecté au lapin à jeun, par la voie intraveineuse, une solution de théophylline à 1 p. 250 préparée dans les conditions habituelles, c’est-à-dire dans l’eau distillée rendue isotonique par addition de 8 p. 1.000 de chlorure de sodium.
Nous avons dosé le sucre sanguin par la méthode de A. Baudouin et J. Lewin [4] et multiplié les prélèvements sur un même animal pour suivre aussi étroitement que possible . les variations de la glycémie.
Les doses de théphylline injectées ont été, suivant les expériences, de 0,01, 0,02, 0,04 gr. par kilo d’animal.
-Nous avons effectué, sur quelques animaux, des expériences témoins en leur injectant une dose de sérum salé égale à celle qu'avait nécessitée l’injection de la plus forte dose de théophylline. Nous avons pu constater ainsi dans deux cas une hyperglycémie tardive et qui n’est devenue nette qu'après un temps considérable. Dans un cas, il y a eu hypoglycémie,
Le tableau suivant indique les résultats obtenus dans 17 expériences, ainsi que dans les 3 expériences témoins. Les temps sont indiqués en minutes avant (— n) et après (n) l'injection de théophylline.