‹ Contribution à l'étude de l'action pharmacodynamique de la théophyllineChapitre 45 sur 70 · Peut-on en faire une action sympathomimétique · texte numérisé non relu

Peut-on en faire une action sympathomimétique

a) I ne s’agit pas d’une excitation de l’adrénalino-sécrétion, puisque l’action de Ia théophylline sur le cœur est conservée après surrénalectomie (exp. 33, 35, 37) (fig. 9);

b) Ce n’est pas une action portée au niveau des terminaisons sympathiques, car, après yohimbine (exp. 8, 12, 38, 40, 41) ou après 933 F (exp. 14 et 15), aux doses pour lesquelles l’hypertension adrénalinique est inversée, la théophylline conserve une action chronotrope positive mais diminuée (fig. 14).

Notons que ladrénaline conserve son action cardiaque après théophylline (fig. 11), et on ne retrouve pas ici l’action sympatholytique chservée sur la pression artérielle, contrairement à K. Junkmann et W. Stross [56]. On sait du reste que l’accélération cardiaque provoquée par l’adrénaline se manifeste même dans une phase avancée de l’intoxication par la plupart des sympatholytiques naturels ou de synthèse.

c) S’agit-il d’une action portée au niveau des ganglions ?

Dans ce cas nous devrons la voir disparaître après spartéine.

Nous avons pu observer, suivant les doses respectives de spartéine et de théophylline injectées, soit la persistance de Paction chronotrope positive de la théophylline, soit la disparition de cette action. Cependant le problème nous paraît assez complexe, car il faut tenir compte du fait que des doses suffisamment élevées de théophylline seule n’entraînent plus l'accélération du rythme, et la sommation des doses par des injections répétées de purine au cours d’une même expérience peut expliquer à elle seule la disparition de l’action chronotrope positive.

__ fl semble done que nous puissions logiquement conclure à une action partiellement portée sur le ganglion, et surtout à une action musculaire directe sur la fibre cardiaque : d’ail-

Légende de la figure 14 ci-contre

Fig. 14. — ACTION DE LA THÉOPHYLLINE SUR LE CŒUR ET LA PRESSION ARTÉRIELLE CHEZ LE. CHIEN SOUMIS A L’ACTION DE L’YOHIMBINE

Chien %, 7 kg. 400 ; vagues intacts ; respiration artificielle.

Or. — contractions auriculaires, et V — ventriculaires du cœur in situ (méthode de suspension).

En dessous, tracé de pression carotidienne avec trait repère à 4 em. de Hg. En bas, à droite, les temps en secondes.

L'animal a reçu d’abord par la voie intraveineuse 0,002 gr. de théophylline par kg., puis 0,005 gr. d’yohimbine par kg. en 3 injections, et une injection d’adrénaline pour contrôler l’inversion de l’action hypertensive de cette dernière. On lui injecte par la même voie, enf, 0,002 gr. de théophylline par kg. |

(Tracé réduit de 1/10°.)

Gore

leurs R.-S. Heatcote [50], expérimentant sur le cœur isolé de grenouille et de lapin ainsi que F.-M. Smith, G.-H. Miller et V.-C. Graber [95] sur celui de lapin — cas dans lequel toute cause extrinsèque est exclue — ont pu constater également une accélération du rythme pour des doses faibles, et de plus R.-S. Heatcote a noté une diminution du rythme pour des doses élevées. 3

L'étude que nous avons faite sur la chronaxie du muscle strié nous a montré à dose faible un abaissement de la chronaxie, suivi, pour des doses plus élevées, d’une élévation plus ou moins considérable, qui nous paraît expliquer de façon satisfaisante l’action de la théophylline sur le rythme du cœur.

Toutefois ceci n’exclut pas l’hypothèse d’une action portée directement, comme dans le cas de la caféine, sur la région sinusale, qui tient sous sa dépendance la régulation du rythme cardiaque.

B) ACTION INOTROPE: POSITIVE.

Cette action est explicable à la fois :

1° par la vaso-dilatation coronaire dont nous avons montré ci-dessus la vraisemblance et qui, en augmentant la nutrition .et l’oxygénation du cœur, augmente l’amplitude de ses contractions;

2° par l’action directe exercée sur le myocarde, dont nous venons déjà de faire état pour expliquer l’action sur le rythme.

On peut donc conclure que la théophylline exerce sur le cœur in situ des actions inotrope et chronotrope positives, qui se manifestent même pour des doses très faibles, et au contraire ne $e produisent plus pour des doses élevées voisines des doses toxiques.

L'action chronotrope paraît due à la fois à une action ganglionnaire puisqu'elle est partiellement inhibée par la spartéine, et à une action propre sur les centres autonomes et la fibre musculaire, cette dernière eonclusion -étant également

2 ot

celle à laquelle était arrivé R.-S. Heatcote [50], ainsi que R. Charlier [19].

L'action inotrope paraît être la conséquence à la fois de la vaso-dilatation coronaire qui permet l’augmentation d’amplitude des contractions du cœur et de l’action directe de la théophylline sur la fibre myocardique.

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