‹ Contribution à l'étude de l'action pharmacodynamique de la théophyllineChapitre 68 sur 70 · ACTION VASCULAIRE RÉNALE · texte numérisé non relu

ACTION VASCULAIRE RÉNALE

Personnellement, nous n’avons observé aucune variation importante du volume du rein, quelquefois une très légère diminution du volume traduisant une vaso-constriction rénale faible ; celle-ci n’est que passagère et suit immédiatement l'injection de théophylline, phénomène comparable à celui que l’on observe avec la caféine.

Cette constatation est en contradiction avec les travaux de Philips et Bradford [84] sur la théophylline-éthylène diamine, de Gremels [39] sur la théophylline, ainsi que de Fowler et ses collaborateurs [30]. Mais nous retrouvons ici un phénomène observé par plusieurs auteurs japonais : Ozaki [83] d’une part, Tamura et ses collaborateurs [99] d’autre part, pour la caféine. *

L’action diurétique n’est donc pas nécessairement liée à une vaso-dilatation rénale.

On retrouve, du reste, cette opinion dans l’article de M. Tiffeneau [102] : celui-ci cite Brings et Molitor [15]. Ces auteurs qui ont étudié, chez le chien, anesthésié ou non, l’action de différentes substances sur le volume oncométrique du rein parallèlement à la sécrétion urinaire, n’ont pu constater aucun rapport entre la vaso-dilatation rénale et l’accroissement de la diurèse. Ils ont cependant observé une

Vaso- dilatation passagère au début de la diurèse par les dérivés puriques : nous n’avons rien constaté de semblable, comme nous venons de le dire, pour la théophylline.

2}. - FACTEURS EXTRA-RENAUX.

a) ACTION CARDIAQUE :

L'action toni-cardiaque de la théophylline, que nous avons étudiée précédemment, peut être considérée comme l’un des facteurs secondaires d'augmentation de la diurèse, par l'accélération de la circulation sanguine qui en résulte, facilitée du reste par la légère vaso-dilatation générale qui se produit également, comme nous l’avons vu.

b) ACTION SUR L'HYDRÉMIE ET LA TENSION COLLOÏDO- OSMOTIQUE Ë

Il n’est pas établi de façon certaine que la dilution du sang ou hydrémie entraîne automatiquement la diurèse ; il semble bien que le parallélisme entre l’hydrémie et l’accroissement de la diurèse n’est pas aussi constant qu’on le croyait autrefois. Nous trouvons cette opinion sous la plume de Govaerts [38], ainsi que de M. Tiffeneau [102] qui relate les travaux de différents auteurs sur ce sujet.

Quoi qu’il en soit, il était cependant intéressant de savoir si la diurèse par la théophylline est précédée d’une hydrémie ou lui est concomitante. Les expériences faites sont assez contradictoires : Nonnenbruch [80], étudiant les variations du nombre des globules rouges, de la teneur du sérum en chlorure, ainsi que du taux des albumines sériques, après injection sous-cutanée ou intra-musculaire de théophylline-éthylène-diamine, de théophylline-acétate de sodium ou de théophylline seule, conclut que cette injection entraîne tout d’abord un passage de l’eau dans les tissus, puis un appel d’eau dans le sang.

J. Bauer et B. Aschner [5] pensent, contrairement à Nonnenbruch, que la détermination de l’albumine du sérum est

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une indication plus précise pour évaluer la concentration du plasma que la numération globulaire, et constatent une hydrémie notable après théophylline ou l’un de ses dérivés. Mais J. Bauer et B. Aschner concluent de leur travail qu'aucun parallèle n’existe entre les effets diurétiques et les quantités d’eau déplacées entre sang et tissus ; cependant, selon eux, bien

que l’on ne puisse pas établir de relation de cause à effet

entre l’hydrémie et la diurèse, la concentration du sang serait due à la diurèse.

Müller [75] affirme également une augmentation du pas-

sage de l’eau des tissus dans le sang, après théophylline, même si, en l’absence d’apport extérieur en eau, cette hydré-

mie n’est pas Suivie de diurèse. Biancardi [9], expérimentant sur l’homme, conclut de même à une dilution du sang sous l’action de la théophylline.

Par contre, Kimura Toshita [59] constate une concentration du sang, après injection de théophylline, une augmentation du nombre des hématies et de la teneur en hémoglobine, ainsi qu'une augmentation des albumines sériques. Il n’en tire aucune conclusion en ce qui concerne le mécanisme de la diurèse. .

Neuschloss [78] trouve, lui aussi, que les diurétiques du groupe des purines produisent une concentration du sang.

On voit, par ce rapide exposé, que les auteurs sont loin d’être d’accord sur la question : pour notre part, nous avons mesuré le volume globulaire et le volume plasmatique, au cours de l’étude des variations de la chlorémie, que nous avons exposée dans un chapitre précédent, et avons constaté, dans la majorité des cas, après injection de théophylline chez le lapin, un accroissement assez important du volume plasmatique, notamment pour les faibles doses de théophylline dont l'injection n’a entraîné que celle d’une quantité négligeable de sérum physiologique comme solvant: ceci paraît donc en faveur d’une augmentation de l’hydrémie.

Un autre point qui a fait également l’objet des recherches de plusieurs auteurs est celui de la tension colloïdo-osmo-

tique et de la viscosité du plasma circulant : Neuchloss [77] observe avec les corps puriques, une diminution de la pression osmotique des albumines du plasma, ainsi que de la viscosité du sérum. ee

C. Oehme [81] observe, par contre, une élévation dé la viscosité du sérum, par la caféine et la théophylline.

P. Meyer [72], travaillant sur la théophylline-éthylènediamine, constate une augmentation de la pression O0smotique des colloïdes du sérum, après injection intra-veineuse de purine : il en conclut à une action extra-rénale de ce corps, consistant en une augmentation de la quantité d’eau fixée dans le sang par l’afflux des albumines dans le courant sanguin. On voit que, là encore, les auteurs ne sont pas d'accord sur le sens de la modification que produit la théophylline,

Mais Ellinger [26] qui observe, lui aussi, sous l’action de laminophylline, une modification de la tension osmotique des colloïdes du plasma, souligne qu’il est indifférent, à son avis, pour expliquer l'élimination aqueuse, qu’il y ait augmentation ou diminution de la tension osmotique.

Il faut seulement qu’il y ait dénivellation nette entre tension osmotique du sang et des tissus; l'organisme cherche alors à compenser ce déséquilibre tensionnel; il en résulte que de l’eau doit être mobilisée et c’est une partie de cette eau qui est éliminée par les reins.

Ellinger fait de cette modification de la tension colloïdoosmotique le seul mécanisme de l’action diurétique de la théophylline-éthylènediamine.

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