CONCLUSION
Cette étude de la théophylline nous a permis de faire les constatations suivantes : À
Les symptômes que l’on observe au cours de l’intoxication par cette purine montrent qu’elle exerce sur le système nerveux central une action excitante, qui paraît permettre son emploi comme antidote des barbituriques. Il s’y joint une action excitante portée directement sur la fibre striée.
La théophylline constitue un analeptique respiratoire puissant, qui combat efficacement l’action dépressive de certains hypnotiques et des analgésiques comme la morphine sur le centre respiratoire bulbaire.
Sur le cœur, elle produit, déjà à doses très faibles, une accélération du rythme et une augmentation de l’amplitude des contractions auriculaires et ventriculaires.
Pour des doses plus élevées, une légère vaso-dilatation accompagne l'effet cardiaque.
Elle semble agir sur le myocarde par excitation à la fois des ganglions sympathiques, des centres autonomes du cœur et de la fibre myocardique.
La théophylline inhibe enfin l'hypertension que donne l’adrénaline, sans jamais toutefois l’inverser.
Elle élève le sucre sanguin ; cette hyperglycémie, fortement diminuée ou même supprimée par la spartéine, est vraisemblablement d’origine centrale.
Elle produit assez régulièrement une diminution de la réserve alcaline, probablement en relation avec l’excitation du centre respiratoire.
Quant aux variations qu’elle fait subir à la chlorémie, elles sont inconstantes, l’irrégularité des résultats obtenus peut
s'expliquer par l'intervention des actions sur la respiration et sur la diurèse. ESS
Sur la chronaxie, tant du muscle strié que du muscle lisse, elle a une action biphasique très nette : elle l’abaisse d’abord pour l’élever ensuite.
Diurétique puissant, même à doses faibles, elle peut, pour des doses fortes, produire des phases d’anurie passagère. Son action diurétique semble être très complexe et mettre en jeu tous les mécanismes que l’organisme peut faire intervenir.
Dans l’ensemble, à quelques différences près, la théophylline possède donc, à un degré supérieur, les propriétés de la caféine, jointes aux propriétés diurétiques de la théobromine.
Ceci concorde avec le fait que c’est la substitution sur l'azote 1 qui confère aux composés à noyau purique leur solubilité ainsi que leur action cardiaque et excitante générale.
C’est donc à tort, à notre avis, que l’on rapproche, dans certains ouvrages, la théophylline de la théobromine plus que de la caféine.
Il serait plus juste de dire qu’elle réunit, exaltées, les propriétés de ces deux corps et qu’elle est, de ce fait, la plus active des trois purines utilisées en thérapeutique.
Vu : Le Doyen de la Faculté de Pharmacie de Paris, DAMIENS.
Vu: Le Président de Thèse, FABRE.