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Enfin l’examen des préparations nous montre encore un autre caractère : tendance peu marquée à l’envahissement en profondeur, surtout en ce qui concerne l’adénome papillaire. Ce caractère n’a d’ailleurs ici qu’une importance relative, comme le fait remarquer Moukayé, car normalement, ou dans le cas d’inflammation chronique légère, quelques glandes du col peuvent pénétrer dans la profondeur.
Cette hyperplasie glandulaire constituant l’adénome, un examen à un plus fort grossissement va nous permettre de l’étudier dans ses détails.
a) La basale, si intense que soit le processus de prolifération, est toujours intacte.
b) Elle supporte presque partout un seul rang de cellules. Rarement plusieurs. Ces cellules sont celles de l’épithelium cylindrique normal : cellules hautes, à calices muqueux, à noyaux rejetés à la base. Elles se multiplient uniquement par clivage vertical du noyau. Elles se reproduisent certainement assez vite vu la rapidité parfois grande du développement constaté dans certaines tumeurs. Cependant on ne frouve jamais de caryocinèses pas plus d’ailleurs que dans les glandes cervicales normales (1).
c) Le stroma conjonctif présente des réactions variables. Certaines sont peut-être contingentes : œædème, dilatation vasculaire, infiltrats leucocytaires.
(1) I y a d’ailleurs là une distinction capitale au point de vue de la biologie cellulaire entre les glandes cervicales et celles d’un corps utérin.
Dans ces dernières, on sait que les caryocinèses sont nombreuses et constituent le mode mormal de régénération,
d) Enfin il s’agit d’une tumeur bénigne et jamais on ne rencontre d’envahissement lymphatique.
En résumé : l’intégrité de la basale, la conservation de la fonction glandulaire, l’absence de mitoses anormales, l'absence d’envahissement des lympathiques et de métastases montrent que nous nous trouvons en présence de tumeurs bénignes.
À côté de ces premiers types, Moukayé en décrit un troisième, extrèmement rare, mais intéressant parce qu’il représente peut-être un stade vers la malignité :
L'ädénome térébrant. — Son aspect est celui d’un adénome peu papillaire, nullement lobulé, poussant très profondément dans les muscles de nouveaux culs de sac qui restent en communication avec la glande. Il présente donc une tendance marquée à l’envahissement en profondeur.
Il existe de petites plages où la sécrétion muqueuse a à peu près disparu, où le noyau devient plus central, « C’est. là sans doute une tendance vers un processus cancéreux, mais encore très flou et très limité » (Moukayé).
Les cas de dégénérescence épithéliomateuse
L’adénome tumeur bénigne peut se transformer en tumeur maligne. Le cancer glandulaire représente le terme de cette évolution maligne.
Nous venons de voir, à propos de l’adénome térébrant, combien il était difficile de fixer les limites respectives de l’adénome et du cancer. Nous avons dit que cette tendance au processus cancéreux était surtout caractérisée par des modifications cytologiques apparaissant en petites plages
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discrètes : perte de la sécrétion muqueuse, modifications nucléaires.
Ce sont ces modifications cellulaires qui nous guideront dans le diagnostic des cas de dégénérescence épitheliomateuse.
Il nous faut donc étudier maintenant les caractères cytologiques qui, pour Champy, Moukayé, doivent être considérés comme des indices de malignité.
a) Les tubes en voie de cancérisation sont caractérisés par leur densité. En effet, dès le début de la transformation maligne, on assiste à une stratification des éléments glandulaires en deux ou trois couches. Cette stratification se fait rapidement. La couche cellulaire tournée vers le centre de ia glande garde souvent, mais non toujours, un type glandulaire parfait. Au contraire on ne peut retrouver dans les cellules sous-jacentes la moindre trace de la fonction primitive.
b) Dans ces couches profondes on note les modifications capitales qui traduisent la perte du caractère glandulaire. I! n’y a plus de calices muqueux dans les cellules. Le cytoplasme prend un aspect granuleux. Les noyaux viennent occuper la partie moyenne ou la partie superficielle. Ils se multiplient activement par caryocinèse, Rappelons combien ces caryocinèses, dans les cellules à mucus du col, constituent un fait d'ordre pathologique.
A ce stade de cancer au début on peut encore retrouver les deux aspects que Moukayé a décrit dans l’adénome : aspect papillaire, aspect lobulaire.
c) La métastase est possible. Douay l’a rencontrée une
fois. Sa fréquence est difficile à apprécier étant donné le nombre trop peu considérable des cas de dégénérescences jusqu’à présent publiés. =
En résumé, au cours de cette description histologique, nous avons envisagé successivement des lésions allant de la métrite chronique avec hyperplasie légère aux premiers stades du cancer cylindrique. Entre ces termes de notre étude nous avons passé en revue la série des états adénomateux.
Pour schématiser la question, nous ne nous sommes attachés qu'aux cas suffisamment individualisés pour pouvoir nous servir de jalons.
Mais on conçoit l’existence de formes de transitions et que leur diagnostic puisse être délicat.
Ce diagnostic n’a, en pratique, d'importance que dans les cas qui sont à la limite des dégénérescences cancé-
reuses. Nous verrons plus loin la conduite très simple qui s'impose dans ces cas.
Formes anatomo-cliniques
Au point de vue anatomo-clinique, l’adénome du col
revêt des aspects différents suivant qu’il intéresse seulement un point de la muqueuse du col (formes partielles) ou qu’il se généralise à la totalité de cette muqueuse (formes diffuses).