TROISIÈME PARTIE
La sulfamidothérapie sous forme de suppositoire
Niée absolument par certains auteurs, comparable pour d’autres à }a résorption par voie buccale, la résorption des corps sulfamidés par la voie rectale sous forme de suppositoire reste suffisamment discutée ou imprécisée, pour nécessiter une mise au point particulière.
Après avoir rappelé quelques caractéristiques de la thérapeutique par les corps sulfamidés, nous rapporterons les observations que nous avons pu recueillir et nous y joindrons les nôtres, enfin, nous tirerons de l’ensemble les conclusions thérapeutiques qui nous sembleront s'imposer.
Sulfamidothérapie et corps sulfamidés
La sulfamidothérapie est régie par quelques lois de base, que rappelait récemment HAMBURGER (32) et dont certaines nous paraissent devoir être rapportées :
a) L’activilé bactériologique d’un sulfamide est d’autant plus grande que la concentration de ce sulfamide est plus élevée au contact du germe pathogène.
Quand cette concentration est obtenue par voie générale, c’est la sulfamidéniie maximum que l’on recherchera. Celle-ci est d'autant plus élevée que le sulfamide utilisé a une :lenteur d'élimination rénale marquée.
b) La sulfamidémie totale ne correspond pas à la sulfamidémie bactériostatiquement active. Seule, en effet, la partie du sulfamide ne se conjuguant pas, restant libre, est efficace.
c) De plus, comme nous l'avons vu dans la première partie de notre travail, pour être absorbées par la muqueuse du rectum, les drogues thérapeutiques doivent être hydrosolubles ou liposolubles.
C’est pourquoi, malgré les travaux de FABRE, REYNIER et JoUSSsET (33) soulignant la prédominance marquée de la résorption des sulfamides par les Iymphatiques du rectum par rapport aux veines hémorroïdales, nous rapportons la solubilité dans l’eau à 37° centigrades de quelques corps sulfamidés. Cette solubilité nous parait d'autant plus importante, qu'il est admis que les sulfamides sont insolubles dans les corps gras, n'y étant que facilement émulsionnables.
Sulfaméthyldiazine (2 632 RP.).. 0,36 gr. pour 1.000 gr. d’eau
Sulfapyridine (693) ........... 0,45 gr. — Sulfathiazol (2090 RP.) ........ DIET: — Sulfamilamide (1 162 F)......... 14,80 gr. —-
C'est-à-dire que pour dissoudre 1 gr. des différents corps précités, il faut que le rectum contienne :
Pour la sulfaméthyldiazine .... 2.800 ce. de solvant aqueux Pour la sulfapyridine ......... 2.200 cc. — Pourde saifathiazol 7.92 1.100 cc. — Pour la Sulfanilamide ......... 70 ec. +
Ces valeurs, au moins pour les trois premiers corps, n'étant jamais pratiquement atteintes, l'absorption pour ces corps, ne dépendra pas de leur solubilité, ou leur quasi-insolubilité.