A. — HISTORIQUE
L'usage de la voie rectale, pour l'administration de drogues sous la forme solide, a ses origines dans lantiquité. Les Hébreux déjà disposaient de «suppositoires >» à base d’argent » (1), après eux, HIPPOCRATE (2) a mentionné un important nombre de formules, dont certaines sont fort curieuses :
« Si vous voulez traiter les hémorroïdes avec les suppositoires, prenez l'os de la sèche, un tiers de molybdène, de l’asphalte, de l’alun, un peu de fleur de cuivre, de la noix de Galle, un peu de vert-de-gris ; versez là-dessus du miel cuit, faites-en un suppositoire allongé et appliquez-le jusqu'à ce que les hémorroïdes aient disparu. »
Contre l'inflammation du rectum, HIPPOCRATE conseille : « Faites un suppositoire long et le chauffant au feu, donnez lui la forme avec lés doigts ; alors introduisez-le bien chaud dans le fondement ; on oindra les parties extérieures avec du cérat et on appliquera un cataplasme fait d'ail cuit dans du vin noir coupé d’eau. Après avoir retiré le suppositoire, vous ferez prendre un bain de siège chaud. »
« On fera avec du miel seul, un supposiloire long de dix doigts, on enduira lextrémité avec de la bile de taureau ; ce suppositoire sera introduit et deux et trois fois jusqu'à ce que tous les excréments calcinés dans le rectum soient expulsés. Si cela réussit on fera prendre un lavement, sinon on prendra un soufflet de forge et on introduira Fair dans le ventre. »
Après lui, DioscoRIDE (79 ans après J.-C.) (13), GALIEN (13) en ont donné des formules comparables.
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Mais ce mode d'administration différait totalement du suppositoire moderne aussi bien dans sa structure que dans son intention thérapeutique. Aujourd’hui, le suppositoire est composé d’un excipient fusible à la température du rectum, mélangé intimement à la substance active, il est destiné à agir localement, régionalement ou sur toute l'économie. Autrefois, il était composé d’un support inactif en corne ou en miel cuit enduit de la drogue thérapeutique et destiné à une action immédiate locale ou laxative réflexe. Ce n’est qu’au xvine siècle (3) qu'est mentionné, pour la première fois, le suppositoire à base de beurre de cacao, le support habituel étant jusqu'alors la cire blanche ou jaune, le suif, le miel cuit et la graisse. Quant à la glycérine solidifiée elle ne fut préconisée qu'à la fin du xix° siècle par CHAUMEL (4.