‹ Contribution à l'Étude de l'Agglutination du Col UtérinChapitre 5 sur 10 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les anciens accoucheurs, soit en France, soit à l’étranger, semblent avoir ignoré l’agglutination de l’orifice externe du col utérin, et la connaissance de cette cause de dystocie est assez récente.

Portal, au xvrr° siècle, en signale bien un cas et en fournit l’observation, mais cette observation est considérée comme fausse par certains auteurs.

Smellie en relate un autre cas.

Armand dit bien avoir trouvé le col fermé par une mem-

À brane, mais nous ne pouvons savoir s’il s'agissait d’un cas d’adhérence des membranes à l’orifice externe, d’une agglutination proprement dite, telle que l’entend Nœgelé, ou de la présence d’une bride cicatricielle cervicale.

Mme Lachapelle, dans un premier mémoire, glisse rapi-

- dement sur l’obstruction du col par des « mucosités épaisses et gélatineuses », mais, en 1821, elle y revient plus lon-

guement dans son X° Mémoire, et, pour la première fois, se sert du mot agglutiné pour désigner l’état du col dans cette cause de dystocie: « Nous avons vu quelquefois, ditd \ È 2 elle, ce même orifice externe où vaginal, en quelque sorte

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obstrué par des mucosités gélatineuses et épaisses, se dis- ,

. 1 Ê simuler aux recherches de l’accoucheur de telle sorte. que le vagin semblait terminé par un cul-de-sac sans ouver-

ture; nous l’avons vu alors assez fortement agglutiné pour

ne s’ouvrir et se dilater qu'après de vives et longues douleurs ct après ui amincissement excessif des parois environnantes, de telle sorte qu’au premier abord on eut pu croire que les membranes de l’œuf séparaient seules du doigt de l’accoucheur la tête du fœtus ».

Il semble d’ailleurs qu’elle n’ait observé que des cas bénins qui ne demandent aucune intervention de la part de ’accoucheur: car elle conseille l’expectation pour tout trai-

tement. “?

Deux autres observations nous sont fournies par Voigtel. | H Enfin, en 1835, Nœgelé en réunit seize cas dans un travail d’ensemble, publié à-Feidelberg, et le premier en donne une observation complète. Sr Pour lui, l’agglutination de l’orifice externe est due à la présence d’une € fausse membrane ou trame filamenteuse très peu résistante, cédant à la pression du doigt; elle ressemble beaucoup à cette matière qui sert d’union entre le placenta et l’utérus, à celle qui unit le poumon et la plèvre costale ou les intestins entre eux et avec la paroi abdominale lorsque l’inflammation se termine par adhérences ». En 1860, Depaul traite ce sujet dans un mémoire intitulé «€ De l’oblitération du col chez la femme en couches et de l'opération qu’elle réclame », et en reparle fréquemment. Hecker obsérva un cas tout à fait particulier mais qui, à

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nôtre avis n’est pas une agglutination proprement dite: un néoplasme qui partait de la caduque avait déterminé la soudure de l’orifice utérin avec les membranes : c'était un prolongement en forme de langue s'étendant de l’orifice aux enveloppes de l'œuf.

Mattéi, en 1862, fait à l’Académie de médecine un rap- - port ayant pour titre « De la dystocie par oblitération du col ». Il en réunit quarante-deux observations dont dixneuf sont nettement des agglutinations qui, selon lui, se-, raient dues à l’épaississement du mueus. | Depuis Tarnier qui lui consacre un paragrafhe, l’agglu- ; tination de l’orifice externe du canal cervical figure dans - tous les traités d'accouchement à l’article &« Dystocies provenant des parties molles », mais la rareté des faits nous. - explique pourquoi bien des auteurs ne traitent ce sujet

qu’en quelques lignes.

ETIOLOGIE -— PATHOGENIE à

Tandis que l’oblitération du col utérin reconnaît le plus souvent pour cause la métrite chronique, les interventions chirurgicales, les tentatives criminelles d’avortement, le traumatisme obstétrical et surtout les cautérisations, l’agglutination, en revanche, a une étiologie encore fort obs- CUT NE È

La primiparité semblé cependant jouer un certain rôle dans la jroductien de cette cause de dystocie. Les 1roi: femmes dont nous rapportons les observations à la fin de

cette thèse, étaient toutes des primipares. Sur sept obser-

- vations réunies par Lutaud dans sa thèse inaugurale, nous en trouvons trois concernant des primipares, c’est-à-dire près de la moitié des cas, et deux concernant des secondipares, dont les accouchements antérieurs dataient de sept ans pour la première et de dix-sept ans pour la seconde.

. Cette influence de la primiparité s’explique assez facilement, car l’orifice externe dilaté et déchiré pendant l’ac-

couchement, reste par la suite plus perméable et ses lèvres

sont en contact moins intime et, par conséquent, moins agolutinables. |

Parmi les antécédents gynécologiques des femmes qui présentèrent, au cours du travail, l’agglutination de l’orifice externe du col utérin, on note assez fréquemment la dysménorrhée.

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