‹ Contribution à l'Étude de l'Agglutination du Col UtérinChapitre 8 sur 10 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Clinique obstétricale de Montpellier, service de M. le professeur Vallois

(Due à l'obligeance de M. le docteur Madon) re

Femme, âgée de 35 ans, primigeste, sans profession.

Les antécédents héréditaires ou personnels sont sans intérêt, il n’est relevé ni spécificité, ni affections du col, ni surtout de cautérisation de cet organe,

Menstruation à 13 ans, règles régulières, douloureuses, d’une durée de sept à huit jours.

Les dernières règles remontaient au début d'août 1919, la grossesse a évolué normalement.

La parturiente est entrée à la clinique en travail et n’aurait pas été examinée par un médecin pendant sa grossesse; nous n’avons done aucun renseignement sur l’état du col durant la gestation.

Le travail aurait débuté dans la nuit du 7 au 8 mai 1920 et dans la matinée du 8 la femme aurait perdu un peu de hiquide amniotique (?)

Le 9 mai, au matin, la sage-femme qui assiste la parturiente, fait appeler un médecin parce que le col, complètement effacé, ne se dilate pas et ne présente pas de trace d’orifice. Le médecin décide de faire entrer la parturiente à la Maternité. La femme entre à la clinique le 9 mai à 5

UE — 96 — | | heures du soit. En l’absence de M. le professeur Vallois, M. Madon, chef de clinique, est immédiatement appelé.

La femme présente un bon état général malgré la durée

du travail, la température est à 97°, le pouls à 72. * Le palper est rendu impossible par l’intensité et la fréquence des contractions utérines. La hauteur utérine est de 34 centimètres, les bruits du cœur sont bien frappés à gauche. |

Le toucher confirme l'impression de la sage-femme et du médecin: le doigt atteint immédiatement une calotte tendue au travers de laquelle on perçoit nettement la tête engagée, En en faisant soigneusement le tour, ni en avant, ni latéralement, ni surtout en arrière, il n’est possible d’attéindre le col ou de percevoir le tubereule ou la petite dépression signalés par les classiques qui correspondraient à l’orifice externe oblitéré. Dans ces conditions, on se demande s’il ne faudrait pas avoir recours à une hystérotomie soit par la voie vaginale, soit par la voie abdominale, intervention rendue possible par l’absence d'infection.

Mais avant toute opération, il est nécessaire de se rendre compte de visu de l’état des choses. Deux valves mises en place montrent un vagin sec, occupé par une tuméfaction arrondie et régulière sur laquelle on aperçoit un bourrelet transversal qui pourrait être un vestige du col.

En faison de l’état d’agitation de la femme, il avait été déjà nécessaire de recourir À l’anesthésie par l’éther goutte à goutte.

En appuyant avec insistance au dessous de ce bourrelet, ow sent le doigt progresser peu à peu et pénétrer dans la cavité utérine. La dilatation est alors facilement amenée aux dimensions d’une pièce de un franc et se complète rapidement par le procédé de Bonnaire.

L'accouchement est terminé par une application de for-

ROMA EX: — 27 — ceps banale sur une tête en occipito iliaque gauche antérieure:

L’enfant, du sexe féminin, né étonné, est facilement ranuné. Son poids est de 3 kil. 200. |

Une hémorragie assez abondante nécessite une délivrance artificielle. Les suites de couches furent normales : la mère et l’enfant quittèrent le service, bien portants, au quinzième jour. DE

Le diagnostie en pareil cas peut se débattre entre deux causes de dystocie qu’il est bien difficile de séparer : l’oblitération proprement dite et l’agglutination. Ce dernier diagnostic s’imposait en raison de ce fait que de simples pressions exercées avec l’index ont permis de vaincre l’obstacle, ce qui aurait été impossible ou-plus difficile en cas d’une oblitération.

OBSERVATION II | Clinique obstétricale de Montpéllier, service de M. le professeur Vallois ” {Inédile) Femme âgée de 27 ans, primigeste, exerçant la profession de charbonnière.

Cette femme étant très inintelligente, il est impossible d’avoir des renseignements sur ses antécédents. Tout ce que l’on peut savoir; c’est qu'avant sa grossesse, ses règles étaient régulières et indolores.

Entrée dans le service depuis le 4 novembre 1907. Elle croit avoir dépassé le terme de sa grossesse, mais elle ne peut préciser la date de la dernière époque menstruelle. L'utérus ést à.38 centimètres au-dessus du pubis. Le 28 janvier, à 11 heures du soir, elle sent quelques douleurs, mais ne prévient qu’à 5 heures du matin.

ET

Au palper, on trouve un sommet mobile en O I D. Les

bruits du cœur sont bons. Le col est effacé, mais fermé. Les contractions sont intenses, mais espacées.

: À 6 heures du matin, Mile Bazin, sage-femme en chef, confirme le diagnostic fait par l’élève de service. En pratiquant le toucher elle trouve le col effacé; l’orifice utérin est : oblitéré par une membrane très mince qu’elle déchire facilement, Elle peut alors introduire le doigt et sentir la poche des eaux qui paraît volumineuse, Le sommet semble vouloir s’amorcer en O. I: D. P. La femme est transportée à la salle d’accouchement.

À 9 heures, la dilatation est de 2? francs. Le sommet est bien appliqué en O. EL D. P. On atteint les deux fontanelles. Les contractions sont intenses et bien Rose Les bruits du cœur sont perçus à droite...

À 9 h. 10, la dilatation est de 5 Han à 9 h. 30, d’une petite paumie. On atteint toujours les deux fontanelles.

À 10 h. 30, dilatation complète. La poche des eaux est volumineuse.

À 10 h. 45, rupture artifcidile des membranes. Il s’écoule 145 grammes de liquide fortement teinté en vert. Le sommet est fléchi, les bruits du cœur sont bien frappés.

A 11 h. 10, la tête est à mi-excavation, toujours en ©. I. D. P. et en asynelitisme antérieur. ”

À 2 heures, la tête ne fait pas de progrès, le liquide est de plus en plus verdâtre. |

À 3 heures, la tête est dans la partie inférieure de lexcavation en O. I. D. A. 6 ;°

À 3 h. 45, la tête est toujours en 0.1. D. A., bien fléchie, M. Vallois fait une application de forceps oblique quant au bassin et régulière quant à la tête et dégage en occipitopublienne.

À 4 heures, délivrance tetes

Lg

L'enfant, du sexe féminin, en bon état physique, pèse 3 kil. 480.

Suites de couches normales; la mère et l'enfant, tous deux bien portants, quittent le service fe 28 février 1908.

OBSERVATION III - Clinique obstétricale de Montpellier, service de M. le professeur Vallois

(Inédite)

Femme de 18 ans, primigeste, profession: domestique.

Antécédents personnels: fièvre typhoïde à 15 ans; réglée à 13 ans; règles régulières durant cinq à six jours; pertes blanches.”

Date des dernières règles: du 20 au 25 juillet 1914.

Evolution de la grossesse: normale.

Elle entre à la Maternité, le 13 avril 1915. Apparition des premières douleurs le 7 mai, à 11 heures du soir.

La-parturiente entre à la salle d’accouchement, le 8 mai à midi. Hauteur de l’utérus: 30 centimètres. Au palper sommot engagé en position gauche. Bruits du cœur bons à gauche.

Au toucher, on ne sent pas le col, les culs-de-sac droit et antérieur sont très courts, on arrivé difficilement au culde-sae postérieur, mais on ne délimite pas le cul-de-sac gauche. Le segment inférieur est mince et bombe pendant les

contractions. La tête est engagée en O. I. G. P.

AÀ 4 heures, malgré des contractions énergiques, on ne constate aucune modification. M. Vallois, prévenu, trouve à gauche de la ligne médiane, une partie plus amincie, qu’il croit être le col. Il la gratte, le tissu cède et bientôt l’or1: fice utérin atteint le diamètre de 5 francs. Les membranes se rompent, la tête s’applique bien sur la dilatation.

NF Ware Pendant toute la nuit, contractions assez rapprochées et bruits du cœur bons. à Le 9 mai, à 6 heures du matin, même état.

A 9 h. 30, à gauche, le col semble brider la tête tandis qu’à droite il est souple ét se dilate. :

À 10 h. 40, M. Vallois complète assez facilement la dila-

tation avec les doigts de la main droite glissés entre la tête et le col.

À 12 h. 15, rotation faite, tête sur le périnée.

A 12 h, 30, expulsion en occipito-pubienne.

A 12 h. 55, délivrance naturelle,

L'enfant, du sexe féminin, pèse 2 kil. 800 et son état physique est satisfaisant.

Suites de couches normales; la mère et l’enfant quittent

le service le 25 mai 1915, tous deux bien portants. ’

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