‹ Contribution à l'étude de l'albuminurie transitoire: dans quelques maladies du système nerveuxChapitre 5 sur 16 · EN · texte numérisé non relu

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A partir de cette époque, le rétablissement général de la santé est allé en s’affermissant chaque jour, si bien qu’aujourd'hui le malade n’a plus aucun malaise et se dit guéri. L’examen de ses urines, actuellement normales, permet de considérer sa guérison comme définitive.

Cette observation mérite l'attention en ce sens qu’elle montre l’albuminurie se développant chez un jeune homme dont les principaux organes paraissent sains, mais affecté surtout d'hypocondrie avec dyspepsie flatulente et dilatation de l'estomac.

Ici, l'albuminurie a duré plusieurs mois et la question pourra se poser de savoir si elle est imputable aux troubles digestifs ou aux accidents nerveux. Nous inclinons à la rattacher à cette dernière cause, pour cette raison que les troubles digestifs avaient déjà cessé lorsque l'albuminurie durait encore et que celle-ci a disparu seulement avec la cessation du vertige, des fatigues de la tête et des ennuis que causait au malade le sentiment de sa situation.

L'observation suivante est à peu près analogue. Nous y trouvons l’albumine en faible proportion chez un sujet de 34 ans, admirablement constitué, mais atteint aussi de troubles nerveux étranges qui paraissent se rattacher à la diathèse rhumatismale. Le malade étant encore en observation, nous n'en donnerons qu'un résumé succinct; c'est surtout au point de vue des variations produites sur l'albuminurie par l’hydrothérapie et l'exercice particulièrement étudiés ici que nous croyons devoir la publier.

Es Ts

OssErvarion XIII

M. F., 34 ans, fils d’uncultivateur aisé d’un département voisin, vient consulter le docteur Teissier au mois d'avril 1884 pour des accidents nerveux caractérisés surtout par des palpitations fugitives, de la névralgie intercostale et de la dyspepsie flatulente. Il a parfois des vomissements et il se plaint d’éprouver une grande pesanteur d'estomac après chaque repas. Il a cependant le visage coloré, l'air bien portant, est très solidement constitué et pèse près de 90 kilogrammes

Sous l'influence du bromure, des poudres digestives et de l'alimentation lactée, les accidents s’améliorent, mais M. F. conserve une grande impressionabilité et cause constamment de sa maladie qui le préoccupe fort.

En octobre 1884, il accuse surtout des douleurs dans les jambes; il dort mal, mange peu et se plaint de maigrir. — L'examen des urines révèle un très léger disque albumineux, disque tardif qu’on peut apprécier à peu près à une perte de 0,25 centigrammes d’albumine au maximum.

En janvier 1885, il semble qu’il y ait un peu d’amélioration de l’état général; mais le malade accuse des spasmes œsophagiens. — Urines très pâles, grande quantité d'indican, — Nuage albumineux très tardif et douteux.

En avril; il n'y a plus que des traces impondérables, une saison hydrothérapique, conseillée en ce moment, donne d'assez bons résultats. (Voir plus loin la note additionnelle de la page 88).

Au mois de mai, le malade est appelé à faire ses 28 jours. Il supporte assez bien les fatigues du service, mais au retour, M. Teissier constate qu’au lieu de disparaître complètement, l'albuminurie avait notablement augmentée.

4® Groupe. — Hémiplégies.

L'albuminurie transitoire des hémiplégiques pourrait, nous le savons, être mises sur le compte de l'athérome, de l'alcoolisme, de la lésion cardiaque. Gübler qui l'a observée dans l’hémiplégie alterne, ne s'est pas laissé arrêter par ces considérations. D’autre part, le caractère absolument transitoire de ce symptôme semble bien montrer qu'il n’est pas l'effet d’une lésion persistante.

OgservarioN XIV. — Hémiplégie ancienne gauche ; — Albuminurie transitoire ; — Sa disparition pendant les troubles cardiaques.

Ste-Marguerite, 19. — Mme H. J.., 39 ans, tisseuse, entrée le 22 juillet 1881.

Antécédents héréditaires rhumatismaux. Pas de syphilis ni d’alcoolisme. Dès l’âge de 16 ans, elle eut des palpitations, de l’essoufflement, des nausées, des vomissements. Un jour, elle tomba sans perdre connaissance. On la releva paralysée de tout le côté gauche. Le 22 juillet 1881, entrée de la malade au Perron, elle présente tous les caractères d’une hémiplégique. En outre, les réflexes sont exagérés. Au cœur, au niveau du quatrième espace, à deux doigts du bord gauche du sternum, souffle diastolique doux, musical, mais bien marqué. Pouls petit, faible, un peu filiforme.

Rien aux poumons. Fonctions digestives pénibles. Les urines, neutres, ne renferment pas d’albumine.

21 janvier. — Urines, densité 1015. Clairés, ambrées, sans odeur, elles offrent un peu de mucus et ne contiennent que de légères traces d'albumine plus abondante le soir.

CP Gloss

22 janvier. — Urines acides, densité 1020, mêmes caractêTeS.

23 janvier. — L’albumine est toujours plus abondante le

soir : Environ 0,40.

Examen microscopique : Cristaux d'acide urique, de phosphates et d’urates de soude.

24 janvier. — L’albumine disparaît pour reparaître plus abondante le 27 janvier au matin, jour de froid intense.

28 janvier. — Les divers réactifs décèlent matin et soir 0,20 centigrammes d’albumine dans une urine acide, densité 1020, sans odeur et sans dépôt. Pas de matières colorantes.

Quelques vertiges, de la douleur lombaire comme symptômes généraux.

29 janvier. — L’albumine est stationnaire, ne se montre pas granuleuse ou rétractile. Un peu plus d'albumine le soir que le matin.

31 janvier. — Le régime maigre du vendredi (riz et herbages) fait disparaître l’albumine des urines. La malade boit assez de vin pour que l’albumine, non rétractile, renaisse le soir dans les urines du 2 février (0,30 centigrammes).

3 février. — Urines normales, beaucoup d’acide urique.

4 février. — Apparition des phénomènes de contracture chezla malade et retour de l'albumine dans les urines du matin.

Le 1o février, après six jours d’état normal, les urines offrent de nouveau de l’albumine en même temps que s'exagèrent divers phénomènes du côté du cœur {bruit de galop). Vertiges, mouches volantes, céphalalgie.

11 et 12 février. — L'albumine reste stationnaire matin et soir (0,50) le 13 février, traces d’albumine le soir, quelques cristaux d'acide urique. Au cœur, soufHe diastolique très aspiratif à la base, qui sépare deux révolutions care diaques ; la pression du sang n’est pas tout à fait de 0,140, À proprement parler, il y aurait souffle de rétrécissement mitral avec souffle extracardiaque non constant à la base.

Le sang renferme 3,960,000 globules rouges pendant le temps que dure la mise en observation de cette malade.

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