juin. — Pas d’albaimine dans les urines
Ce sont les douleurs qui ont eu l’influence la plus marquée dans ce cas particulier, mais on doit aussi noter l'existence de quelques globules sanguins qui laissent soupçonner l'irritation de la moëlle avant l’exagération des douleurs.
OsservarIoN VII. — Ataxie locomotrice; — Alternance
de l’albumine et des cristaux uriques.
St-Léon, 2. — Th... 49 ans, cartonnier, né à Lyon, entré le r2 novembre 1874.
Les parents ont succombé à diverses affections cardiaques. Pas d’antécédents pathologiques personnels.
La maladie a débuté par des phénomènes gastriques. Un an après, troubles de la vision et de la marche (1870). Au-
. «re, ot nier et
mots jourd’hui, strabisme interne de l'œil gauche; la station debout, les yeux fermés, est impossible. Les réflexes sont abolis, miction facile. Urine normale en 1883.
La pointe du cœur bat dans le 6me espace intercostal à 1/2 cent. en dedans de la ligne mamillaire.
Avril 1885. Œdème dur à peau tendue, luisante, à la face interne du bras. Cet œdème n'est pas dû aux injections de morphine. Les urines du 8 et 9 mars 1885 ne renferment pas d'albumine. Claires, muqueuses, elles sont neutres.
Le 13 mers, le malade souffre beaucoup de douleurs fulgurantes et l’albumine apparaît en même temps non retractile dans des urines peu abondantes, densité 1022. Pas de sucre.
14 mars. — Matin et soir, 0,30 centigrammes d’albumine. Potion au salicylate de soude.
15 mars. — Les douleurs diminuent et avec elles l’albumine qui n'offre plus que des traces douteuses.
Les urines renferment de nombreux cristaux d’acide urique.
L'examen des urines du 16 au 25 mars, ne nous révèle rien.
31 mars. — Matin : rien. Soir : beaucoup de carbonates et d'urates. Pas d’albumine.
1er avril. — Mucus abondant. Pas d’albumine.
2 avril. — Nuage léger d'albumine. Enfin l’albumine, malgré des crises gastriques, disparaît complètement jus-
qu’au 10 avril.
Les cristaux d'acide urique ont ici remplacé l’albumine. Quelquefois, les urates prennent leur place comme un des termes de cette action qui produit les matières albuminoïdes mal comburées.
OBsERvATION VIII. — Ataxie locomotrice; — Transition de l’albuminurie transitoire à l'albuminurie permanente.
Ste-Marguerite, 9. — G... Ch... 57 ans, blanchisseuse,
entrée. lez mars 1875,
Jr
at
Père mort à 68 ans, en huit ou dix jours, avec œdéme des membres inférieurs. Pas d’antécédents pathologiques. Le début de l'affection actuelle remonte à onze ans. Ce fut un refroidissement qui entraîna une amaurose brusque avec paraplégie généralisée. Dès lors, douleurs fuigurantes et incontinence d’urine qui fit bientôt place à une rétention opiniâtre.
De temps en temps, arthropathies des genoux et contractures fréquentes des muscles des jambes. Œdème inconstant périmalléolaire, peau rugueuse et pityriasique. Troubles de la vue et de l’ouiïe. Rien aux poumons, rien à l'appareil digestif.
Cœur normal; pourtant palpitations assez fréquentes et quelquefois des irrégularités cardiaques indiquant un certain degré de faiblesse musculaire. Pouls faible sars grande tension. Urines troubles, légèrement albumineuses en 1883.
18 janvier 1885. — Urines claires, acides, sans odeur, densité 1020. Environ 0,10 centigrammes d’albumine non granuleuse, plus abondante le matin, peu sensible à la chaleur.
19 janvier. — Les urines conservent les mêmes caractères; nous trouvons quelques leucocytes dans un dépôt de phosphates.
20 janvier. — Mêmes résultats.
21 janvier. — Les urines sont acides, troubles, à odeur pénétrante. Densité 1018. L’albumine {0,70) semble légèrement rétractile. Des cristaux d’acide urique paraissent en quantité.
1er février. — L'albumine est presque disparue, mais la malade ne tarde pas à se trouver plus fatiguée et, quoi qu'elle continue à uriner à volonté depuis deux mois, elle accuse des douleurs de reins et des souffrances du côté de l'intestin. Rien au cœur. Dans l'urine, des cristaux d'hémoglobine dissoute, des leucocytes. 1 gramme d’albumine légèrement rétractile. La lésion paraît constituée, la salive semble très albumineuse. Aussi, abandonnons-nous ce cas où la lésion nous paraît en voie de se pro1oncer d’une façon définitive.
Du 8 au 10 juin. — Mêmes épreuves.
Cette observation n’est citée que pour montrer la transition de l’albuminurie transitoire à l’albuminurie permanente. Cette malade n'a pas eu d’urémie, pas de symptômes généraux, mais elle à un œdème périmalléolaire inconstant.
OBsERvATION IX. — Ataxie locomotrice; — Albuminurie; Influence du prurigo.
St-Emile 1. — V...… 63 ans. S Mère rhumatisante, frère goutteux, alcoolique. Le malade est lui-même syphilitique et goutteux.
Voici maintenant une observation où la lésion parait tout à fait établie. Cependant, elle nous offre encore des variations du symptôme albuminurique qui se montrent sous l'influence des douleurs, des irritations cutanées. Nous ne croyons pas que, dans ce fait de prurigo localisé que nous rencontrons ici, il y aît pu y avoir une rétention excrémentielle (Lécorché), mais plutôt comme l'avance le docteur J. Boyer, perturbation dans la circulation locale du rein à la suite de l’affection de la peau. É
Les premiers symptômes de la lésion médullaire survinrent il y a quatre ans et se manifestèrent du côté de la sensibilité par une anesthésie de la plante des pieds. Puis apparurent les douleurs constrictives au niveau de la ceinture. Plus tard vinrent les douleurs fulgurantes. Incoordination dans la marche.
[Il y a trois ans, début des manifestations cardiaques. A la base, souflle se propageant dans les gros vaisseaux ; à la pointe
souffle entendu aussi dans l’aisselle. En résumé, ce malade paraît avoir un rétrécissement avec insuffisance aortiques et une insuffisance nitrale.
En 1883, les urines ne renfermaient ni albumine ni sucre, mais beaucoup de matières colorantes.
15 avril 1884. — Urticaire de la cuisse gauche entraîné par une injection de morphine.
En novembre 1884, il n'y avait pas d’albumine dans les urines et celle-ci ne s’est constituée qu'après une série de douleurs fulgurantes à la fin de janvier.
9 mars. — Urines acides, D. 1018. Albumine légèrement rétractile 0,40.
12 mars. — Albumine plus abondante le matin que le soir. Nombreux cristaux d'acide urique, globules de sang déformés, quelques cylindres hyalins, des filaments de mucus.
13 mars. — La quantité d’albumine est la même matin et soir (0,70 centigrammes).
14 mars. — Mêmes résultats.
16 mars. — L'’albumine monte à 0,80 sous l'influence du
développement de papules d’un prurigo intense qui a mis 24 heures à se produire autour et sur les malléoles. Ce jourlà, les urines sont en petite quantité, jumentcuses, colorées. Albumine 1 gramme.
Céphalalgie, nausée, gêne à la pression lombaire. Pas de fièvre.
17 mars. — Etat général meilleur. L'albumine tombe à 0,70 centigrammes.
Du 1er au 15 avril, le malade ne cesse d’avoir de 0,80 centigrammes à 1 gramme d’albumine légèrement rétractile.
Nous croyons pouvoir rapprocher des observations précédentes, l'histoire du fait suivant que nous devons à l'extrême obligeance de MM. les professeurs Pierret et Renaut.
M. T... C fut soumis à l'examen des professeurs Pierret et Renaut en 1881, à la fin de la période préataxique. Il existait déjà de l'incoordination motrice des membres pelviens, mais à un degré à peine assez sensible pour modifier la marche d’une manière apparente. Il fallut un examen attentif pour confirmer le diagnostic porté par un médecin de Genève et qui fut reconnu exact. Absolument exempt de tuberculose, le malade maigrissait rapidement et présentait des contractions cardiaques faibles, indiquant un degré certain d’asthénie, du myocarde. Les urines étaient assez abondantes et ne renfermaient ni sucre, ni albumine décélable par les procédés ordinaires; mais elles contenaient une très notable proportion de phosphates et d’albumine peptone. L'analyse fut faite dans le laboratoire de M. le professeur Lépine et ne laissa aucun doute à cet égard.
Le malade fut mis au régime lacté et traité, à Divonne, par l'hydrothérapie méthodique. Au bout de deux mois, toute trace d’albumine peptone avait disparu de l'urine; l'appétit était revenu et le malade avait augmenté de poids (3 kilogrammes). Depuis lors cette sorte de diabète peptonurique, créant avec la phosphaturie une perte constante et grave pour l'organisme, ne reparut plus. En octobre 1882, il se produisit une paraplégie temporaire, puis le malade revint à un état satisfaisant. Son ataxie fait peu de progrès, et depuis deux ans, il va aux eaux de Lamalou qui, chaque fois, produisent une amélioration notable.
3e Groupe. — Néyropathie.
OBsERVATION X. — Névropathie. — Irritation dorso-spinale. Influence des émotions morales sur l'albuminurie momentance.
Ste-Anne, 24. — Mie D... 33 ans,entrée en décembre 1881. Parents inconnus. Depuis l’âge de 10 ans, la malade a un
tremblement continuel dans les mains. Il est plus accusé dans le bras gauche. Depuis longtemps elle se plaint de palpitations. À l’auscultation du cœur, bruit de souffle médiosystolique extra cardiaque.
Palpitations nerveuses.
. Rien aux poumons.
Mlle D... a de l’irritation cérébro-spinale, de l'aortisme ; un pouls rapide quelquefois petit. 4.200.000 globules, 13 à 14 C. m. de pression sanguine, 14°/, d'hémoglobine.
9 mais. — Les urines sont acides, abondantes, ont une densité de 1018, sont très claires et sans odeur. A l'œil nu, on voit de nombreux cristaux d'acide urique. Les urines renferment 0,20 centigrammes d’albumine non rétractile. La malade a été très émue le jour précédent, a beaucoup pleuré, peu dormi.
Elle ressent un malaise général, a quelques visions de mouches volantes.
11 mars. — À peine quelques traces d’albumine dans les urines. L’acice urique a augmenté et s’est déposé le long des parois du verre.
12 mars. — Préoccupations de la malade au sujet des analyses, 0,50 centigrammes d’albumine non rétractile dans des urines incolores, densité 1018.
14 mars. — Pas d’albumine.
15 mars. —Insomnies et cauchemars. Apparition de 0,50 d’albumine non rétractile plus abondante le matin.
Du 16 au 23 mars, la malade est satisfaite et l'urine point altérée.
23 mars. — 0,60 d’une albumine légèrement rétractile après une vive contrariété et une absorption exagérée d’omelette.
24 mars. — La malade est un peu indisposée, les urines qui, le 23 au soir, ne renfermaient pas d’albumine, donnent, à la suite d’un frisson et d’un peu de fièvre, près de 0,80 d’albumine qui diminue rapidement dans les urines du matin et disparait le lendemain 25 mars.
ES
Pendant mon absence, la malade prend froid, l’albumine reparait presque rétractile et de véritables fragments de cylindres granuleux se montrent à l’examen microscopique. Néanmoins, l’état général reste bon, seules les idées de ‘persécution persistent. :
27 mai. — Les urines acides renferment quelques traces d’albumine insensibles à la chaleur, décelées par le réactif de Tanret. La malade digère difficilement, a des vertiges et de la douleur lombaire. Toutefois, elle n’est point alitée.
4 avril. — Rien.
10 juin. — Pas d'albumine. C’est en vain que l’on use tour à tour de tous les procédés.
29 juin. — Traces d'albumine non rétractile par le réactif
de Tanret. La malade se sent mieux, est plus gaie et fait quelque exercice. 3.900.000 globules rouges dans le sang.
Dans cette observation, les émotions morales jouent un rôle prédominant. La pression sanguine est légèrement diminuée et la présence des cristaux d'acide urique permet de se demander s'ils ne joueraient pas un rôle d’excitation vis-à-vis des épitheliums du rein.
OgservarTioN XI. — Emotion morale vive entraînant l'albuminurie, chez un sujet jeune, bien constitue et issu d'une famille goutteuse. — (Communiquée par le docteur J. Teissier).
M. X..., 20 ans, a toutes les apparences de la santé. Il est grand et fort, tout en présentant une certaine prédisposition aux bronchites catarrhales.
Le père a eu autrefois des hémoptysies, mais il est actuelle-
ment bien portant; la mère a eu des fièvres intermittentes rebelles; la grand-mère paternelle présente tous les attributs de la goutte la plus légitime.
M. X. a eu la fièvre typhoïde en 1873, fièvre extrêmement intense qui a nécessité l'administration de plus de 100 bains froids. En 1881, scarlatine à rechüûte grave, mais les urines, examinées chaque jour avec le plus grand soin, n'ont jamais laissé suspecter la moindre trace d’albuminurie.
Pendant l'hiver de 1885, bronchites répétées, mais sans gravité aucune, travail un peu forcé, fatigues; ce jeune homme se plaignait parfois d'un peu de brisement général, de douleurs entre les épaules ou au bas de la colonne vertébrale.
Le 15 avril, après un échec inattendu à un examen très préparé et passé sans que la famille du candidat fut avertie, afin de lui procurer une surprise, ce jeune homme vient demander conseil le jour même du résultat et sous le coup de l'émotion produite par la nouvelle de son insuccès. Il ne présente aucun signe d’une affection organique quelconque.
Rien du côté du cœur, des poumons.
Il ne se plaint que d’avoir engraissé, d'avoir les chairs un peu molles « de la mauvaise graisse. »
L'examen des urines est pratiqué instantanément, il donne les résultats suivants : l’urine au bout de quelques minutes se trouble dans le verre à expérience qu’elle graisse; à la surface se forme une sorte de croûte gélatineuse qui donne des reflets irrisés. La réaction de Gübler produit immédiatement un disque albumineux très net. L’exploration par l’acide acétique et la chaleur, par le réactif acétopicrique donne des résultats non douteux. La quantité d’albumine rendue équivaut à 0,40 etest de plus franchernent rétractile. On conseille le séjour à la campagne, quelques toniques, de l’eau de Bussang et, chaque matin, des frictions stimulantes.
Quatre jours après, ayant fortuitement rencontré mon jeune malade, je pratiquai un nouvel examen des urines: l’albumine ne s'y montra plus qu’à l’état de traces; seul, le
réactif acétopicrique donna un louch: assez apparent sans formation de culot au fonds du tube.
Deux nouveaux examens d'urine ont été pratiqués au milieu de mai et au milieu de juin. L’urine a conservé, en présence de toutes les réactions, la limpidité la plus absolue.
Cette observation est surtout intéressante en ce sens qu’elle montre très nettement l'influence d’un ébranlement nerveux comme cause exclusive et suffisante de l'apparition de l’albumine dans les urines ; elle fait voir l'excrétion albumineuse se produisant brusquement sous l'influence de la secousse morale indépendamment de toute fésion viscérale préexistante, enfin la cessation du symptôme morbide par la Simple action du repos, du calme et la suppression des préoccupations tristes.
O8servaTION XIT. — Névropathie généralisée. — Dilatation stomacale. — Hypocondrie. — Vertiges. — Albuminurie transitoire. — (Communiquée par le docteur J. Teïssier.)
M. D... 24 ans, appartient à une famille de goutteux; ilest d’une nature délicate et très impressionnable. Aspect extérieur de la santé — bien membré, grande taille, front découvert.
M. D... a passé l'hiver de 1884 dans une grande ville d'Angleterre, il s’y est admirablement porté. D'ailleurs, jusqu’à cette époque, il avait toujours joui d’une excellente santé. Ce n’est qu’à son retour qu'il a éprouvé des troubles du côté de l'estomac, des fatigues de la digestion, ballonnements, borborygmes intenses, alternatives de constipation et de diarrhée, sensations vertigincuses extrêmement pénibles, lourdeurs de la tête avec difficulté de fixer ses idées. .
L'exploration de l'abdomen permet de constater une dila-
me 00
tation ventriculaire extrêmement prononcée; tympanisme épigastrique énorme avec succussion sous-ombilicale; palpitations concomittantes, sans altération nette des bruits du cœur, si ce n'est un certain degré de dédoublement du deuxième bruit, ainsi que cela s’observe si souvent en pareil cas. Par contre, dans les urines, des traces d’albumire en très faible quantité donnant un faible disque assez tardif audessus de la zône des matières colorantes, mais réagissant franchement en présence du réactif acéto-picrique.
Une saison d’hydrothérapie, faite dans un établissement d'eaux minérales, ne donne que des résultats incomplets. Au mois de septembre dernier, les troubles nerveux sont toujours accentués, les vertiges et les fatigues de la tête persistent. Seule, la dilatation gastrique s’est un peu amendée et les digestions sont plus faciles.
Le disque albumineux tardif persiste dans les urines dans l'après-midi seulement.
En janvier 1885, l'analyse complète de l’excrétion urinaire donne les résultats suivants :
QUANIRELANMIE PAT OO ETS
D'ens HE 1 029
(ree Re. PR 45
Phosphates terreux. 750
FPNICOSE Mr, néant
Albumine ..... .... traces non pondérables.
L'examen microscopique rèvèle en même temps la présence de moules de mucus chargés de cristaux d’urates de soude.
A ce moment déjà et sous l'influence du régime suivi : exercice au grand air, distraction, toniques, frictions stimulantes, puis à l’intérieur un peu de bromure et d’arséniate de fer alternativement donnés avec des poudres digestives et un peu de pepsine, une amélioration notable s'était produite; les phénomènes nerveux s’atténuaient sensiblement.