janvier. — Albumine estimée à 0,25 centigrammes
Même quantité matin et soir, urines troubles, densité 1022, odeur fade, nombreux cristaux d’acide urique, pas de sucre. Rien de particulier jusqu’au 29 janvier, époque à laquelle, à la suite du froid et d’efforts musculaires, la quantité d’albumine s'élève à près d’un gramme.
30 janvier. — Urines 750 grammes, traces d’albumine. Pas de globules de pus, de sang, ni cylindres. Pas de symp-
tômes généraux.
31 janvier. — 700 grammes d'urine. Traces d’albumine. 1°r février. — Urines acides : 900 grammes, albumine 0,15. 2 février. — Urines 8oo grammes, pas d’albumine, nom-
breux cristaux d’acide urique.
3,320,000 globules rouges; 13,5 0/0 d’hémoglobine.
4 février. — Pas d’albumine.
7 juin. — Traces d’'albumine non rétractile. Après un travail manuel, ce malade a ressenti de la lassitude lombaire. 10-11 juin. — Pas d’albumine, 15 o/o d’hémoglobine.
12 juin. — Traces d’albumine sous l’influence du vent. 13 juin. — Travail manuel, douleur lombaire, pas d’albumine.
Le sucre s’est montré dans les urines de ce malade. I! a fait place à l’albumine qui, de temps à autre, cède son tour à l’acide urique qui se montre en nombreux cristaux. Le vent, le travail manuel ont rappelé l’albumine.
O8BsErvarioN XX. — Meéningo-myélite dorso-lombaire ; —
Albuminurie transitoire; — Effets des contractures ; — Existence d'un phlegmon.
St-Lazare, 8. — F.CI .., 50 ans, tiss.,entré le 15 août 1877.
Père mort d’affection vésicale. Aucune diathèse dans la famille. Le malade n'a commis aucun excès. En 1853, apparition de la syphilis qui ne fut l’objet d'aucun traitement.
Dix-sept ans après, premiers symptômes de la lésion médullaire, faiblesse des jambes, rétention urinaire et fécale suivie d’incontinence, enfin abolition des fonctions génésiques. En même temps se montrèrent des plaques muqueuses et des éruptions généralisées.
Aux symptômes paralvtiques se joignit un tremblement nerveux de la jambe droite. La marche est lente et pénible. Les contractures qui ont atteint les deux jambes sont surtout accusées du côté droit.
Diminution notable de la sécrétion sudorale.
Il ya incontinence d'urine qui présente des variations assez grandes de quantité suivant les jours.
En 1881, ni albumine ni sucre, cœur et poumons sains.
Le5,6, 7 février 1885, pas d’albumine dans les urines, densité: 1018.
8 février. — UÜrines acides, densité 1020, odeur fade, couleur blanche qui peut être attribuée à de nombreux phosphates. Albumine non rétractile : 0,40 centigrammes. Nombreux cristaux d’acide urique. Ce malade a bu à l'occasion d’une cérémonie du dimanche plus de vin qu'à l'ordinaire.
10 février. — L'albumine a presque disparu.
L'examen microscopique ne révèle aucune altération du rein.
11 février. — Comme les jours précédents, l’albumine est restée en même quantité matin et soir, maiselle est peu abondante 0,05 à 0,10.
Pie 12 février. — Des traces d’albumine non rétractile subsistent. 3,320,000 globules rouges dans le sang. 12.5 °/, d'hémo-
globine. Pas de paralysie de la vessie ni de globule de pus
dans les urines.
Du 12 février au 4 mars. La composition des urines ne
varie pas. Les cristaux uriques sont toujours abondants.
4 mars. — Phlegmon de la main; un peu de fièvre fait augmenter légèrement la quantité d'albumine (0,60). Urines acides D'#1022.
Cependant les 1, 2, 3,4, 5 mars, l’albumine était en diminution sous l'influence de courants constants descendants, mais l'excitation de la moëlle a amené la présence de quelques globules rouges dans les urines.
Du 10 juin au 13 juin. — Nous ne retrouvons pas d'albumine dans ces urines. Seuls, de nombreux cristaux d'acide urique persistent encore. L'état général s’est amélioré et le malade n’éprouve plus ni palpitations ni sensations de ver-
tiges.
On retrouve ici la diminution de la sécrétion sudorale qui a précédé le symptôme albuminurie et aussi un phlegmon de la main survenu à la suite d’une piqûre qui semblait inoffensive.
Enfin, l’albumine est disparue sous l'influence de l'électricité continue.
La dernière observation sera celle d’un cas de paralysie générale, sans paraplégie. Les contractures ont aggravé l’albuminurie. Les irritations intestinales amenées par des troubles de la digestion ont joué le même rôle. Au mois du juin, la malade a dù s’aliter, mais son albuminurie n’a point augmenté.
6° Groupe. — Périencéphalite (1).
OBsERvATION XXT.— Périencéphalite. — Troubles psychiques d'origine sénile. — Albuminurie.
Ste-Marguerite, 18. — M..., 69 ans.
Quelques jours avant le 18 janvier, époque à laquelle ses urines sont examinées, la malade éprouva quelques crises épileptoides. A cette date, urines acides, densité : 1016, ambrées, claires, sans albumine.
24 janvier. — Exercice modéré, albumine dans les urines, (0,20). Elle est plus abondante le matin qui présente moins de matières colorantes que le soir.
25 janvier. — Urine acide avec albumine en flocons. Le soir, pas d’albumine. |
26-27-28 janvier. — Traces d’albumine qui disparaissent complètement à partir du 29.
3 février. La contracture s'accentue dans le bras paralysé. (0,20 centigrammes d’albumine.)
4 février. — Urines acides, densité 1020. Pas de cellules épithéliales, de globules de sang ou de pus.
Cet état persiste jusqu’au 9 février, époque à laquelle l'al-
(1) Dans une communication récente à la Société médicale des hôpitaux sur ce qu'il appelle la folie brightique, M. le D' Dieulafoy vient de passer en revue certains cas pathologiques dont on pourrait peut-être rapprocher l’observation de cette malade. Les sujets qu'il a étudiés n’ont en effet que peu d’albumine dans leurs urines et même quelquefois l’albumine fait défaut. Le médecin de l’h6pital Saint-Antoine inculpe une néphrite chronique, car il a trouvé une altération des tibes contournés et de la branche ascendante de Henle. Ne pourrait-on pas soutenir qu’en pareil cas l’albuminurie a été la conséquence des troubles nerveux et la cause de
l’altération du rein.
Et bumine augmente sous l'influence de l’hypochondrie et des insomnies' de la malade (0,40).
Dès le 10 février l’albumine diminue et disparaît. Urines colorées, acides, densité 1018.
13 février. — Sous l'influence des troubles digestifs, l’albumine revient légèrement rétractile, en même dose matin et soir.
L'albumine augmente jusqu’au 16.
Ces caractères persistent jusqu’au 1° mars, époque à laquelle il reste quelques traces d’albumine soir et matin.
La salive ne présente rien de remarquable.
Juin. — L’albumine des urines paraît légèrement rétractile (0,50). La malade est très éprouvée par de nouvelles douleurs. Pas de cylindres. 3.900.000 globules rouges.
10 juin. — Disparition de l’albumine.
12 juin. — Son retour sous l'influence du vent, quelques douleurs lombaires chez la malade qui ne quitte pas le lit. Les urines, tout en conservant une faible densité, gardent les mêmes caractères jusqu'au 16 juin. 13,5 °/, d'hémoglobine.
CHEAP LERREN TI
SYMPTOMATOLOGIE
SOMMAIRE. — ETUDE CLINIQUE DE L'ALBUMINURIE TRANSITOIRE. — DURÉE. — PROPORTIONS.—VARIATIONS.— INFLUENCE DU RÉGIME, DE LA DOULEUR, DES ÉMOTIONS MORALES, DE L'EXERCICE. —- ÊTATS CONCOMITANTS : SUEUR,
ÉRYTHÈME, SANG.
L'albuminurie transitoire est caractérisée par la présence momentanée de l’albumine dans les urines.
DurÉE. — Sa durée peut varier de quelques heures à cinq ou six jours pour cesser et reparaître ensuite. Elle apparaït lorsque la maladie nerveuse est bien établie. Elle ne peut pas être attribuée à un vice de digestion, car ces phénomènes d’albuminurie ne se montrent pas seulement dans un état gastrique particulier ou l’après-midi dans la période digestive.
LR
PROPORTIONS. — Les proportions en sont modérées; l’albumine non rétractileesten faible quantité à moins qu'une lésion ne se soit établie du côté du rein. Il ne saurait en exister dans les urines plus de 0,50 centigrammes et les chiffres de Leube, établis cependant sur des sujets prétendus sains, ne peuvent être acceptés. Chez les ataxiques, l’albumine ne dépasse pas 0,40 centigrammes.
Cependant, ce chiffre peut atteindre 0,80 centigrammes à 1 gramme. Le symptôme devient alors permanent et prend une signification plus sérieuse.
VARIATION. — À l'étranger et surtout en Allemagne, on a beaucoup discuté sur le moment de la journée où apparaît l’albumine.
Ultzmann (à Vienne, Médical Presse, 1870) atrouvé l'urine du matin plus albumineuse. Lépine, Leube, Rooke, Sandby, Edlefsen, Führbringer se rangent à cette opinion. Marcacci (/mparziale, 1878) est d’un avis contraire. D'autre part, nous avons souvent vu l’'albuminurie plus abondante ou plus constante le matin. Mais, il est plus d'un cas où cette proportion est variable et l’albumine est alors alternativement plus abondante le matin ou le soir.
Il semble cependant qu'en général l’albumine du soir est le plus souvent en rapport avec la digestion et celle du matin avec les douleurs.
INFLUENCE DE L'EXERCICE. — S'il est possible de s'écarter de Marcacci à ce point de vue, il faut recon-
naître avec lui que l'exercice violent et même quelquefois modéré peut rappeler l'albumine dans les urines. (Obs. no 13 de M. T'eissier et obs. n° 10).
EFFETS DE L'ALIMENTATION. — Quoiqu'il en soit, l'influence de l'alimentation est manifeste, et, sans rappeler l'exemple de CI. Bernard, il est à remarquer que le vendredi, jour de régime maigre, faisait disparaître l'albumine transitoire des urines chez les malades du Perron. Le 27 février, la plupart des sujets en observation mangèrent des œufs, et tous présentèrent une notable augmentation de cette sorte de diabète leucomurique.
Au contraire, les herbages ont toujours paru produire des effets favorables. Les féculents n’ont pas donné les symptômes fâcheux qu'ils ont amenés dans les expériences de Semmola.
Les liquides ont une action parfaitement marquée. Les effets du vin et surtout de petites quantités de rhum ont été déplorables dans le régime des n° 4, 5. St-Lazare.
Il en a été de même pour lesirritations intestinales (19. Ste-Marguerite).
DES CONTRACTURES ET DES DOULEURS. — Mais, si l'alimentation a quelque effet, toute puissante est l’action nerveuse. L’'exagération des contractures chez les hémiplégiques fait naître souvent une albunurie momentanée (XVe, XVIe et XXe observa-
tions).