‹ Contribution à l'étude de l'alcoolisme en BretagneChapitre 15 sur 26 · EFFETS DES ABUS ALCOOLIQUES SUR LE SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

EFFETS DES ABUS ALCOOLIQUES SUR LE SYSTÈME NERVEUX

Sous l'influence répétée des excitations dues à l’alcool pur ou mélangé d'essences, l’organisme animal présente une agitation qui varie de l'excitation simple à l’agitation par réaction et à l'agitation automatique. Cette classification du syndrome agitation (puisée dans la thèse de Pochon, Paris 1899) permet de sérier les médications usitées pour calmer l’alcoolique. Nous ver- ‘rons ensuite les moyens de réparer le déficit organique causé par l’intoxication et ses suites.

Les abus alcooliques font sentir leur désastrueuse influence sur tout l’organisme de ceux qui s’y livrent. L'état physique présente les premières altérations ; l’état mental subit naturellement le retentissement en vertu de l’axiome: mens sana in corpore sano.

La continuité du mal se fait sentir au point de vue de la descendance car un grand nombre d’unions entre alcooliques demeurent infécondes ou bien les jeunes enfants meurent en bas âge.

D’autre part les enfants des alcooliques sont sujets

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aux affections qui débilitent et détruisent la race, la scrofulose, la tuberculose, les affections cérébrales ou cérébro-spinales, l’abaissement même du niveau intellectuel, les convulsions, les maladies nerveuses parmi lesquelles on distinguera fréquemment l'épilepsie et l’hystérie. Enfin les dégénérés qui procéderont de parents alcooliques seront portés à le devenir eux-mêmes, et seront fréquemment candidats aux affections mentales. D’après Krafft-Ebing 50 0/0 des crimes en Allemagne sont commis sous l'influence de l'alcool et20 0/0 des admissions dans les asiles d’aliénés ont la même

cause. Au début des troubles mentaux que présente

l’alcoolisé chronique, on remarque Faffaiblissement du

sens moral. La tenue devient débraillée et va jusqu'au cynisme, les mœurs se relâchent, l’honneur est méprisé et l’égoisme est devenu très souvent la règle.

Puis l’affectivité diminue, l'irritabilité s'exagère et va jusqu'aux colères paroxystiques, suivies de dépression profonde avec découragement et tendance au suicide.

La volonté s’altère et s’annihile et l’on voit parfois dans une lueur de raison l’alcoolisant supplier qu'on l’interne dans un Asile où il sera tenu de se conformer

à un régime d'abstention alcoolique.

Nous passerons en revue : 1° les accidents aigus et 2° les accidents d’alcoolisme chronique avec phénomènes subaigus.

Les accidents aigus peuvent se subdiviser en acci-

dents : a potu nimio et a potu suspenso.

1° Dans ce premier groupe seront rangés les acci-

dents immédiats consécutifs à l’ingestion immodérée des boissons alcooliques.

2° Dans le second les accidents qui surgissent après la privation du poison durant un laps de temps parfois très variable (jusqu'à deux ans chez des prisonniers par exemple). C’est une sorte d’alcoolisme larvé sans manifestations apparentes, qui se révèle après

une maladie intercurrente, un choc moral, etc.

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