I. — ENCÉPHALE
1° Méninges. — En général à l'autopsie d’un dément précoce on ne remarque pas de différence de coloration, de consistance des méninges, elles n’adhèrent pas à la surface des hémisphères et se détachent facilement. On peut parfois constater tout au plus un piqueté hémorragique, une légère congestion vasculaire, quelquefois un léger épaississement partiel, très rarement de pauvres adhérences, un peu d’opacité de l’arachnoïde, fait
d’ailleurs fréquent chez les aliénés chroniques ; toutes ces lésions sont rares ou peu accentuées.
Claude et Rose ont signalé un épüussissement des méninges qui, par ses caractères, était d'origine tuberculeuse. Toutefois Claude croit à l'existence de lésions méningées. Îl pense qu’au début de la démence précoce il existe un stade infectieux, inflammaioire, qui lèserait les méninges aussi bien que le parenchyme cérébral et laisserait des lésions cicatricielles.
Dunton, de son côté, a vu des altérations méningées, mais 1] a pu les attribuer à une infection intercurrente, cause de la terminaison fatale.
D'après Doutrebente et Marchand, des lésions méningées assez prononcées et assez durables peuvent produire des lésions des cellules pyramidales occasionnant ainsi les troubles chroniques de la démence précoce. Mais ces lésions doivent être attribuées à l’action des toxines tuberculeuses, et ne peuvent, Comme nous le verrons plus loin, être considérées comme cause possible de la démence précoce.
Les lésions méningées, quand elle sexistent, sont sous la dépendance de Ja maladie terminale, de la cachexie, de la sénescence ou de tout autre cause.
+ Hémisphères cérébraux. - Le plus souvent à première vue on ne remarque aucune modification du cerveau. Sa couleur, sa consistance sont normales, les circonvolutions sont nettes. Les hémisphères paraissent égaux et non diminués de volume. Pourtant la modification la plus fréquente consiste en une atrophie, marquée lorsqu'elle existe, unilatérale, mais le plus souvent bilatérale, des lobes frontaux. On rencontre encore l’atrophie d’un hémisphère droit ou gauche, l’atrophie
de la partie inférieure des hémisphères est moins fréquente. à
L'atrophie, quand elle existe, siège sur les centres d'association et respecte les zones de projection.
D'après Marchand, la dilatation des ventricules latéraux serait constante et leur surface est toujours lisse.
A la coupe, on peut noter une modification des noyaux gris, consistant en un état lacunaire; il en est de même dans la substance blanche.
3 Vaisseaux corticaux. — Hs ne présentent aucune modification. On a pu toutefois noter une dégénérescence hyaline des vaisseaux de la base, de l’artério-sclérose chez les déments précoces ayant atteint un âge
avancé.
MN CERVEÉLET.:
L'atrophie du cervelet est fréquente, elle peut être globale ou hémisphérique. Cette atrophie peut réaliser une simple diminution sans malformation. L'atrophie globale peut présenter cette particularité qu’elle porte sur les éléments des hémisphères sans lésions concomitantes des noyaux centraux. Les lobules sont plas petits que ceux d'un cervelet normal. Les lamelles sont diminuées de volume, elles s’écartent les unes des autres, on a même noté que certaines d'entre elles étaient moins développées et réduites à l’état de bourgeons.
Les arborisations de l'arbre de vie sont dimmuées et simplifiées. Ces lésions n'ont qu'une valeur relative étant donné leur fréquence chez les aliénés en général.
FPE ULee.
On ne rencontre jamais d’altérations du bulbe appré-
ciables à l'œil nu.