‹ Contribution à l'étude de l'anatomie pathologique et de la pathogénie de la tuberculose mammaire de la femmeChapitre 8 sur 14 · DR · texte numérisé non relu

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Montpellier médical, est des plus intéressantes. Il s'agissait d'une femme de quarante-quatre ans, mariée, sans enfants, ayant au sein gauche une tumeur de nature tuberculeuse dont l'examen histologique fut fait par le professeur Kiener. Un cinquième de seringue de Pravaz du pus retiré de la tumeur fut injecté dans le péritoine d'un cobaye qui mourut tuberculeux quatre mois après. A l’autopsie, on trouva les poumons et le péritoine farcis de tubercules.

MM. Sabrazès et Binaud (1), agrégés à la Faculté de médecine de Bordeaux, ont consigné dans le numéro du 1% novembre 1894, des Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, un nouveau cas de Tuberculose mammaire qu'ils ont fait suivre d'un remarquable examen histologique et bactériologique. Quelques rares bacilles de Koch ont été rencontrés dans les follicules tuberculeux. Un cobaye a été inoculé avec un centimètre cube de pus recueilli dans l’intérieur d'un trajet fistuleux. Trois mois après cette inoculation, l'animal a été sacrifié. Il présentait, à l'autopsie, des lésions manifestement tuberculeuses.

Après le travail de MM. Sabrazès et Binaud, parut, la même année, dans le Journal de la Société royale d'Hygiène de Milan, un article important sur la Tuberculose mammaire où l’auteur, ANGELo Fiorenminr (2) se livre à des considérations pleines d'intérêt sur l’analogie des lésions mammaires chez la femme et chez la vache, et sur la contamination de la Tuberculose par le lait provenant de sujets infectés.

Les conclusions que l’auteur italien tire de son travail, sont les suivantes :

1° La présence du bacille de Koch dans la mamelle, témoi-

(1) Cf. Index bibliographique : 57 bis.

RSR

one d’un processus tuberculeux, in situ. Le passage du bacille daos le lait n'est possible que dans ces conditions.

2° Chez la vache, la Tuberculose de la mamelle est toujours secondaire à la Tuberculose d'un autre organe et affecte le plus souvent la forme miliaire, qui est cliniquement d’un diagnostic quasi impossible.

En 1895, dans les Beitrage zur klinische Chirurgie Bd 30, R£eriNk (1) consacre un long chapitre à l'étude de la Tuberculose mammaire chez la femme. Il cite un cas typique qu'il a observé dans la clinique chirurgicale du professeur Kraske.

Les lésions étaient caractéristiques : au tissu glandulaire s'était substitué la néoformation en voie de caséification et de sclérose. Les rares acini que l’on trouvait étaient débordés par les follicules tuberculeux. Des bacilles furent rencontrés en très petit nombre. Il ne fut pas pratiqué d'inoculation, l'examen microscopique ayant été suffisamment affirmatif.

Enfin, tout récemment (octobre 1895), MM. Gaunrer et Pérames (2), de Lille, ont observé 3 cas de Tuberculose mammaire qu'ils ont publié dans la Revue de Chirurgie.

Le nombre des cas de Tuberculose mammaire observés actuellement et que nous avons colligés est de soixante-dixsept.

Quarante-trois seulement ont subi le contrôle de l'examen microscopique.

Scientifiquement parlant, 11 n'existe donc que quarante-trois cas dont on puisse dire qu'il s'agissait vraiment de Tuberculose mammaire.

Des inoculations aux animaux ont été pratiquées seulement dans sept cas.

(1) Cf. Index Bibliographique : 52.

Nov

De tous les cas de Tuberculose opérés, deux seulement ont été guéris définitivement. Ce sont les cas de MM. SaBrazès et BixauD et REERINK.

Dans le premier cas, la malade a été revue deux ans après l'intervention chirurgicale : elle était complètement guérie.

Dans le second cas, celui de Reerik, la guérison était définitive au bout du huitième mois.

La Tuberculose mammaire est doncjustifiable du traitement chirurgical.

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