‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale par éthérisation intra-rectaleChapitre 4 sur 12 · A MON MAITRE · texte numérisé non relu

A MON MAITRE

M. le Professeur agrégé DESMAREST

Chirurgien des Hôpitaux

Témoignage de notre très vive reconnaissance.

DE

L’anesthésie par éthérisation intra-rectale, & éthérisation par absorption colique d’éther », suivant la dénomination des auteurs américains, est une question actuellement à l'ordre du jour en France.

De nombreuses publications ou communications ont été faites tout récemment et il ne semble pas que l'accord soit définitivement réalisé en ce qui concerne l’opportunité de son emploi.

En apportant ici un certain nombre d'observations personnelles nous pensons contribuer utilement à la mise au point définitive de cette méthode d’anesthésie.

Les premiers essais remontent à l’année 1847 et furent tentés par Dupuÿ et Pirogofr.

Malgré une certaine publicité faite autour de ce nouveau procédé d’anesthésie, malgré une communication importante transmise à l’Académie royale de Médecine, la question resta dans l’ombre pendant de nombreuses années et ne fut reprise qu’en 1884.

A cette époque de nouvelles expériences furent

faites presque simultanément par Mollière à Lyon et Abner Post en Amérique ; mais, soit que les résultats n’aient pas été encourageants, soit que les dangers et les inconvénients en aient paru trop grands (Séances de la Soc. des Sc. méd. de Lyon) le procédé fut à nouveau abandonné.

-Jusque-là tous les expérimentateurs employaient les vapeurs d’éther associées ou non à l'oxygène, méthode qui provoquait un météorisme abdominal intense, une irritation intestinale considérable se: montrait souvent inefficace et nécessitait l'emploi d'une instrumentation parfois compliquée (Vidal d'Arras).

En 1913, Cunningham proposa de substituer aux. vapeurs d’éther le mélange oléo-éthéré moins irritant pour la muqueuse intestinale,

Cette nouvelle technique eut un certain succès, en Amérique surtout, et c’est réellement de cette époque que datent les premières études vraiment complètes. de la question (7raité de Gwathmey).

Successivement Edward Foote, Lumbard, Ch. Lar-. key. W. Luthrope, Flagg, Coburn apportaient les résultats de leur expérimentation qui, dans l’ensemble, se montrait favorable à ce mode d’anesthésie.

Seul, peutêtre, Clifton Luke la combattait avec autorité dans une étude très détaillée et s’appuyant sur des considérations théoriques, sous l'impression, peut-être, d'un cas malheureux auquel il avait

assisté, apportait des argumerts de nature à condammer l'emploi de celte méthode.

En Russie, il y eut de nombreux adeptes, voire même des précurseurs, mais de nombreux accidents et des cas de mort furent signalés par Protopoff et Kholzoff, en particulier qui, sur 1500 anesthésies relevaient 6 morts et 7 complications graves. D'autre part, M. Petit de la Villéon déclarait à la Société de Chirurgie que les médecins russes avec lesquels il s'était trouvé en rapport, lui avaient dit à ce sujet : « N’employez pas cette méthode : elle a donné chez nous de nombreux déboires ; vous aurez des ennuis. à

Ces résultats un peu angoissants et ces affirmations seraient de nature à jeter définitivement le discrédit sur cette méthode, mais nous eslimons que ces aceidents sont dus pour la plupart à des erreurs de technique, et, en particulier, à Femploi de doses exagérées d’éther.

Il est d’ailleurs difficile d’en apprécier la valeur, les moyens de vérification faisant totalement défaut,

En France Luzoir en 1907, étudiait dans un article de la Presse médicale, les méthodes américaines d’anesthésie et signalait les bons résultats obtenus par l’éthérisalion intra rectale.

Après lui, Robert Monod apportait en 1918 une série de 30 cas très favorables et Dufourmentel, employant l’éther pur, montrait les bénéfices que l'on pouvait en retirer dans la chirurgie faciale.

En 1919 les observations se multiplient et la ques-

tion fait l’objet d’un long rapport de M. Wiart à la Société de Chirurgie, à la suite de la publication de 63 cas rapportés par M. Vitrac.

La discussion qui suivit l’exposé de ce mémoire montra que les avis étaient également partagés et qu’en tous cas une étude plus complète s’imposail avant de préconiser ou de condamner ce procédé.

Tout récemment Clayton, Chalier et Dunet ont apporté d’assez nombreux résultats très favorables.

Nous-mêmes depuis le début de l’année 1919 nous avons pu, dans le service de notre maitre, M. le Professeur agrégé Desmarest, étudier cette méthode d’anesthésie et en préciser certains détails de technique.

Enfin, grâce à l’obligeance de M. le D: Savignac il nous a êté possible de déterminer, à la rectoscopie, les altérations locales produites par le mélange oléoéthéré, étude à laquelle nous attachons une grande mportance. |

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