INCIDENTS ET COMPLICATIONS
Parmi les incidents et les complications signalés par les auteurs, il faut distinguer:
1° Les cas imputables à la méthode elle-même et résultant de l’action prolongée de l’éther sur la muqueuse intestinale ou de la distension plus ou moins grande et brusque du côlon. |
20 Ceux qui sont dus à une absorption trop considérable ou trop rapide d’éther et constituant une véritable intoxication par l’anesthésique.
Avec les doses que nous employons nous n'avons jamais observé aucun de ces derniers. Aucune menace de syncope ou d’asphyxie. Pas de complications broncho-pulmonaires.
Dans 2 cas nous avons noté au début de l’anesthésie une légère cyanose de la face, symptôme qui a rétrocédé très rapidement.
Si la cyanose, le caractère stertoreux de la respiration indiquaient que la zone dangereuse est atteinte. Sutton conseille, pour éviter tout accident, de retirer immédiatement de l'intestin le reliquat du mélange amesthésique, et si cela ne suffit pas, d'introduire par la bouche une canule pharyngée, de faire une
injection intra-veineuse de 1 à 2 litres de sérum physiologique et de pratiquer la respiration artificielle en faisant inhaler au malade une petite quantité d’acide carbonique.
Les vomissements ont été assez fréquents, mais très légers et bien moins pénibles qu'avec le chloroforme ou l’éther. k
Enfin aucun de nos malades ne s’est plaint de douleurs abdominales, symptôme signalé par Vitrac,
Ces douleurs apparaîtraient de une heure à vingtquatre heures après la fin de la narcose, sous forme de crampes, de sensation de brûlures, exagérées par la pression el nécessitant un traitement calmant.
Clifton Luke insiste sur la possibilité d’une forme spéciale de toxémie, l’éther qui passe dans le sang étant susceptible de contenir en dissolution des produits toxiques provenant du contenu intestinal,
Cette complication ne paraît pas avoir été observée jusqu'ici.
Rappelons, d’auire part, que, d’après les expériences de W. Park, le coli-bacille est tué en une minute par le:mélangé oléo-éthéré à 95 0/0.
Parmi les accidents en rapport avec la méthode elle-même on peut décrire :
1° Les altérations locales que nous avons déjà étudiées.
2° Les hémorragies intestinales qui j euvent résulter soil de lafdistention trop brusque du cô'on, soit
d'uucicctite ulcéreuse,
Cette cernière complication est en somme l’aboutissant des lésions précédemment décrites .
Pour l’éviter, il faudra donc :
-1° Jnterroger avec soin tous les malades que l'on veut anesthésier suivant ce procédé, ce qui permettra, dans certains cas, de découvrir l'existence d'une affection gastro-intestinale, contre-indication formelle à son emploi.
2° Dans ce doute et pour s’assurer de l'intégrité de la muqueuse intestinale l’examen rectoscopique devra être fait enfin.
3° 11 faudra s’en tenir aux doses que nous avons indiquées.