‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale par l'étherisation intrarectaleChapitre 12 sur 33 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Observations.

OBSERVATION 1 (personnelle).

Prise dans le service de M. le Dr LarraRGuE, Hôpital complémentaire n° 63, à Caudéran.

Albert C..., soldat à la 18° section des C. O. A., âgé de 25 ans, entre à l'Hôpital complémentaire n° 44 parce qu'il est atteint d'une adénite suppurée de la région cervicale.

Poids, 70 kilos; taille, 1" 65.

Le 7 juin 1919, on lui administre un lavement et on lui donne une purgation.

Le 8 juin, on lui donne un lavement d'un litre d’eau bouillie une heure avant l’anesthésie. On ne pratique pas d'injection de morphine.

À 9 heures, on lui fait une injection intrarectale de 140 cc. d’éther plus 40 cc. d’ huile. |

Au bout de quarante minutes, le malade paraît dormir d’un sommeil calme sans avoir présenté de période d'excitation. Mais il réagit au premier contact avec le bistouri et commence à s'agiter. On est obligé de le maintenir par la force en bonne position et l'opération, qui dure trente minutes, peut être menée à bonne fin.

Après l'opération, la sonde ouverte donne un liquide souillé d’une grande quantité de matières fécales et il est impossible d'apprécier la quantité d'anesthésiant en excès ainsi retiré. Pas de sang.

Le malade se réveille à 2 heures de l'après-midi, ne gardant aucun souvenir de l'intervention. Il n’a pas eu de vomissements, pas de ballonnement du ventre, pas de douleurs rectales. Son pouls est à 75; sa respiration à 16 par minute. Dans les jours suivants le malade

heÛre

ne présenta aucun accident et il quitta l'hôpital, quinze jours après, sans avoir présenté de phénomènes anormaux dus à son anesthésie.

OBSERVATION II (personnelle).

Prise dans le service de M. le professeur agrégé VÉNOT.

Alfred P..., 33 ans, entre à l'Hôpital Saint-André, le 17 juin 1919, parce qu'il est atteint d'une adénite cervicale chronique.

Taille, 1"55; poids, 45 kilos.

Le malade, qui devait être opéré sous chloroforme le 21 juin, avait été purgé la veille. Mais pour pouvoir pratiquer l'opération au moyen

de l’anesthésie intrarectale, on décide de la renvoyer au 24 juin. Le

malade n'est pas purgé à nouveau le 23 et subit seulement un lavement purgatif ce jour-là. Le lendemain, jour de l'opération, un lavement d'un litre d'eau bouillie est administré pour assurer la vacuité de son gros intestin. Une heure avant l'opération, injection de spartéine-morphine sous-cutanée, puis injection intrarectale de 80 ce. d'éther, plus 25 cc. d'huile. Au bout de quarante-cinq minutes, le sommeil vient tout doucement sans période d’excitation. L'opéralion, pratiquée dans des conditions parfaites, dure une heure dix minutes. Le malade rejelte par la bouche quelques sécrélions bronchiques et présente un myosis prononcé.

Après l'intervention, rien ne s'écoule par la sonde débouchée et le lavement évacuateur d'un litre, administré, n'est pas rendu immé-

diatement. Il n’est rejeté par le malade que lorsqu'on l'a remis dans :

son lit depuis un moment. Il s'accompagne, à ce moment-là, d'une grosse débâcle de matières fécales, Le malade a la même tension artérielle après l'opération qu'avant (8-12). Son pouls est à 72, sa respiration à 15 par minute.

Deux heures après son retour au lit, le malade se réveille lentement. Il a à ce moment-là une nouvelle débâcle intestinale et présente quelques vomissements de peu d'importance. |

Pas de douleurs, pas de sang, pas de ballonnement du ventre.

Le malade reste constipé pendant trois jours et ne va à la selle que le quatrième. À ce moment-là, il accuse une sensation de cuisson

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