CHAPITRE PREMIER
Historique.
C'est en 1816 que Morton découvrit les propriétés ROME ques de l’éther.
Dès 1847, Roux proposait comme voie d’ introduction possible du précieux agent la voie rectale.
. Immédiatement les expérimentateurs se mettaient à l’œuvre. Vincente y Hedo introduit dans le rectum du cobaye et du chien de l’éther liquide pur.
Résultat : Une violente irritation du gros intestin, des selles sanglantes. La méthode paraît inapplicable à l'homme.
Marc Dupuy (1847) a beau expérimenter un mélange d’éther et d’eau, il n'obtient pas de meilleurs effets. En même temps, Pirogoff utilisait chez l’homme des vapeurs d’éther. Une sonde élastique introduite dans l'anus conduisait les vapeurs dans le gros inteslin. Les premiers essais furent heureux, mais il ne tarda pas à déchanter : sur 81 cas, 16 accidents. Il se rallia alors nettement à la méthode par inhalations.
La voie rectale fut complètement abandonnée jusqu'à l’année 1881. Elle fut reprise à cette date par Yversen (de Copenhague), qui, au cours d'un voyage à Lyon, la conseilla vivement à Mollière. Celui-ci lança la méthode parmi l’école lyonnaise. Mais Delore après un grave incident, Poncet après une syncope qu'il ne jugula qu'après vingt minutes d'efforts l'abandonnaient à , nouveau. D'une part, ils ne pouvaient doser la quantité d'éther
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introduite dans le rectum; si, d'autre part, un accident survenait, il leur était impossible d'enlever du côlon les vapeurs anesthésiques et, par conséquent, de soustraire le patient déjà intoxiqué à leur action.
Cependant la méthode Re à l'étranger : Américains, Russes, Anglais l’utilisaient tour à tour. :
En 1906, Vidal (d'Angers) rouvre le débat dans une communicalion au Congrès de chirurgie de Paris. Le mélange air-éther lui a donné par voie rectale d'excellents résultats. Tous les insuccès seraient dus à une mauvaise préparation de l'intestin.
Dumont (de Berne) en 1908, a recours à l’anesthésie mixte. Il commence par inhalation une anesthésie qu'il entretient par voie rectale et se déclare très satisfait du procédé.
Villard (de Lyon) remet en honneur la méthode et inspire sur ce sujet la thèse de G. Saulnier (1910). tre
A. Mirosow, pendant ce temps, publiait une statistique de 68 cas où il avait obtenu deux fois une anesthésie partielle, cinq fois un sommeil agité et soixante et une fois un sommeil parfait. | G
En 1911, Arnd (40° Kongress der deutsche Gesellschaft für chirurgie, 1911) injecte dans le rectum une solution éthérée à 5/100, après une préparation soignée à purgation la veille, grande irrigation du gros intestin à l’eau savonneuse le matin de l'opération.
Il injectait un litre de sa solution. Mais, s’il n'eut point d'accident et s'il fut arrivé à obtenir dans 30 cas une anesthésie convenable, 1l dut convenir que le sommeil était très lent à venir, si bien qu'il fut parfois conduit à injecter jusqu’à trois litres de solution. *
C'est en Amérique qu'est née l’anesthésie par l'huile éthérée intrarectale. Son principal promoteur fut le docteur Gwathmey qui, dès 1913, en réunissait plus de 1.000 observations dont nous reproduisons les plus typiques. Lathrop, en 1915, avait utilisé celte méthode pour 100 thyroïdectomies.
Les Italiens Domenichini et Magini l'employaient couramment pendant la guerre, Les Russes en rapportaient plus de 400 cas.
Elie
- Les Français enfin s’y A netienl peu à peu en 1917 : Dufourmentel avec l'éther pur, Robert Monod {de Paris) avec l'éther .pur d’abord, l'huile éthérée ensuite (30 observations); le professeur Denucé (de Bordeaux), les docteurs Lefèvre et Laffargue et enfin Darget (de Bordeaux) avec l'huile éthérée, Darget à qui nous devons l'idée de ce travail.