‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie générale: Variations de l'adrénaline, de la cholestérine et des 'lécithines' dans les organes et dans le sang du cobaye sous l'influence des anesthésiques générauxChapitre 8 sur 44 · I. — Historique des Anesthésiques généraux · texte numérisé non relu

I. — Historique des Anesthésiques généraux

gazeux et volatils non gazeux:

Les narcotiques, comme la mandragore, le pavot, la morelle, la ciguë, la jusquiame, étaient déjà employés au temps d'HIPPOCRATE ainsi que le haschisch pour atténuer les douleurs opératoires chirurgicaies.

La compression des vaisseaux du cou était employée dans ce but par ARISTOTE et les Assyriens.

Au xv° siècle on imprégnait des éponges de sucs narcotiques que l’on faisait respirer. |

En 1784, Sawe MooRE préconise la compression des nerfs. J.-D. LARREY, la réfrigération.

En 1789, Humphry Davy emploie le protoxyde d’azote.

En 1844, Horace WELLs, dentiste à Hartford, pratique une opération sous anesthésie au protoxyde d’azote et découvre les propriétés anesthésiques de l’éther mais il se vit ravir tous les fruits de son invention par son élève, MORTON, qui s’associa au chimiste JACKSON.

Dès 1847, MALGAIGNE et VELPEAU, en France, adoptent

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l’éther comme anesthésique. La même année (mars 1847), FLOURENS annonce à l’Académie des Sciences les propriétés anesthésiques du chloroforme découvert par SOUBEYRAN, en 1831; SIMPSON, d'Edimbourg, applique le chloroforme à l’homme et son emploi comme anesthésique se répand en France et en Aïlemagne.

Paul BERT en fait l’expérimentation méthodique et introduit l’usage des mélanges titrés.

Le chlorure d’éthyle a été essayé par Von HACKER en 1997,

Le bromure et iodure d’éthyle par RABUTEAU.

Le chlorure d’éthylène par RABUTEAU.

Le chlorure d’éthylidène par LANGENBECK.

Le pental (diméthyléthylène) par HOLLANDER, 1891,

Citons encore le chlorure de méthylène CH° CF (Soles- thine de MrisTEr Lucius) ; le trichloroéthylène CH C1 = CCE (chiorylène de KAHLBAUM). |

Les anesthésiques gazeux sont redevenus en faveur depuis quelques années et en particulier depuis la guerre, après les observations des chirurgiens de toutes les nationalités. La Conférence Chirurgicale interalliée de novembre 1918 donne dans ses comptes rendus la liste, par ordre de préférence, des anesthésiques que l’on doit employer. À

Des différents anesthésiques, le meilleur est celui qui est le moins hÿpotensif. C’est pourquoi le protoxyde d’azote associé à l’oxygène a été recommandé particulièrement dans les cas de shock. Voici les conclusions

du rapport : 1

ACL Conclusions sur l’anesthésie en chirurgie de guerre

« 1° L’anesthésie générale doit être largement employée « en chirurgie de guerre : elle constitue la méthode de « choix.

« 2° Les méthodes employées sont, par ordre de pré- « férence :

« a) Le protoxyde d’azote associé à l’oxygène;

« b) L’éther, et plus spécialement l’éther chauffé;

« c) Le chloréthyle;

« d) Le chloroforme.

« Chacun de ces agents doit être administré aux doses

les plus réduites.

« Le chloroforme doit être déconseillé.

« 3° Pour les grands blessés et les shockés, les métho- « des anesthésiques recommandables sont:

« Le protoxyde d’azote associé à l’oxygène;

« Le chloréthyle;

« L’anesthésie locale.

« Dans les armées anglaises et américaines, on utilise

plus particulièrement l’éther chauffé. »

Ces observations justifient l’étude des autres gaz susceptibles de provoquer l’anesthésie.

Gauss et WIELAND (175) ont étudié surtout l’acétylène; d’après ces auteurs, ce gaz serait un anesthésique rapide, sans effets secondaires fâcheux sur la circulation et les poumons.

BrowN et HENDERSON (Toronto) (27), ainsi que LUCKARDT et CARTER (106) (Chicago) ont fait l’étude physiologique de l’éthylène reconnu déjà comme anesthésique par WIELAND (174). L’anesthésie est rapide, le réveil aussi; ce gaz a l’énorme avantage de ne pas avoir

LTTERES d'action hypotensive et n’influence pas le rythme cardiaque. |

Si l’on pousse la concentration jusqu’à la mort, celle-ci arrive par arrêt respiratoire.

Il a sur le protoxyde d’azote l'avantage d'agir mélangé préalablement à l’oxygène :

10 % d’oxygène,

90 % d’éthylène,

Un mélange de 80 à 85 % d’éthylène et

un mélange de 20 à 15 % d’oxygène suffit à entretenir l’anesthésie.

L’éthylène a été étudié chimiquement par Papin et . AMBARD (133) en France, HorwiTz en Angleterre.

Les conclusions de ces auteurs sont toutes favorables.

Récemment (1922) K. MEYER (118) et Hoprr (118) ont étudié le propylène et ont montré que les concentrations actives de ce gaz (pour la souris) sont les 5/8 de celle de l’éthylène.

Ces auteurs ont montré en outre que le méthane n’est anesthésique qu'à des concentrations bien plus fortes. Ce gaz avait été étudié auparavant en France par REGNAULT et VILLEJEAN (144).

Pour tous ces gaz, il faut tenir compte de la loi de Paul BERT :

« L'action des gaz et des vapeurs sur l’être vivant est réglée par leur tension partielle. »

TIFFENEAU (164 bis), dans son article, donne les concentrations actives de ces divers gaz rangés par ordre d’activité croissante (pour la souris).

Methane Protoxyde d’Ate Ethylène Acétylène Propylène 370 100 00 65 50

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H faut attirer l’attention sur le fait que tous ces gaz, sauf le protoxyde d’azote, non seulement sont inflammables mais forment avec l’oxygène des mélanges explosifs. Nous avons obtenu les meilleurs résultats avec le propylène. Nous poursuivrons nos recherches sur ce gaz, car l’alcool isopropylique générateur de ce carbure est devenu un produit industriel. Ce gaz pourrait rendre les plus grands services en temps de guerre et remplacer

avantageusement le protoxyde d’azote.

Il. — Influence des groupements chimiques

Bien que tous lés corps à l’état gazeux soient susceptibles de provoquer ïa narcose, comme nous le verrons plus loin, il existe néanmoins dans chacune des familles de la chimie organique certains groupements fonctionnels ou noyaux privilégiés.

En partant du méthane et en remplaçant successivement les atomes d’hydrogène par du Cl, nous avons la série des corps suivants :

CH CHCI CHCF CHCF le pouvoir hypnotique va en croissant du chlorure de méthyle au chloroforme.

Le dérivé tétrachloré n’est plus un hypnotique mais un poison tétanisant. |

Dans cette famille citons encore le chloral et l'isopral (CCE-CHOH-CH'). Mais il faut mentionner que si la présence du chlore dans la molécule augmente l’action anesthésique, elle augmente aussi les actions secondaires

néfastes sur le cœur et la circulation.

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Le brome possède les mêmes propriétés que le chlore, celles de l’iode sont douteuses.

Toute la série des carbures gras, jusqu’au propylène, fournit des anesthésiques. Le pouvoir hypnotique de la molécule croît avec la nature des radicaux (les radicaux éthyliques étant plus actifs que les méthyles) et avec le nombre de ces radicaux. Cette force s’élève également des alcools primaires aux alcools tertiaires. Les restes benzéniques introduits dans d’autres noyaux augmentent aussi l’action anesthésique.

Entre le protoxyde d’azote et le chloroforme il n’existe aucune analogie physique ou chimique. A défaut de lien de parenté chimique, la volatilité paraît être un lien de

parenté physique entre les divers anesthésiques généraux.

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