II. — ETUDE DE LA TOXICITÉ DU CHLORHYDRATE DE PSEUDOCOCAÏNE DROITE
Comparaison des pouvoirs toxiques de chlorhydrate de pseudococaïne
droite et du chlorhydrate de cocaïne gauche. Toxicité rapide et toxicité lente.
Nous avons vu que la fréquence des âccidents toxiques que peut provoquer la cocaïne a considérablement restreint l'emploi clinique de cet anesthésique local. Il y a donc un intérêt pratique tout particulier à connaître la toxicité de la pseudococaïne droite, les variations que cette toxicité peut subir suivant le mode d'introduction dans l’organisme utilisé, et le rapport qui existe entre cette toxicité et celle de la cocaïne.
Nos expériences ont été faites sur le chien, cet animal étant d’une constitution plus voisine de la constitution humaine que les animaux utilisés par les autres auteurs et en particulier par Gottlieb. Pour pouvoir suivre facilement la marche de l’intoxication, et notamment son influence sur la pression artérielle, nous avons utilisé des chiens chloralosés (0%,12 par kilogramme).
L'administration du toxique était faite, par voie intraveineuse, à un rythme d'injection voisin, autant que possible, de OCm5 par seconde.
Dans une première série d'expériences, nous avons cherché, pour les deux corps étudiés, les doses minima par kilogramme, qui produisaient la mort en une seule injection (toxicité rapide).
Dans une seconde série d’expériences, nous avons cherché ces doses léthales en administrant 02,005 par kilogramme toutes les minutes.
Enfin nous avons cherché ces doses léthales en utilisant des injections plus espacées, répétées seulement à intervalles réguliers de cinq en cinq minutes (toxicité lente).
Dans ces derniers essais, nous donnons à l’organisme le temps de se défendre. Ainsi, en comparant les résultats trouvés d’une part par les épreuves de toxicité lente, et, d’autre part, par celles de toxicité rapide, nous aurons la possibilité d'estimer, jusqu’à un certain
point, l'intensité de la destruction que peut exercer l’organisme animal sur le toxique injecté.
Les symptômes généraux et toxiques que nous avons pu noter au cours de ces expériences sont différents suivant l’isomère injecté et le mode d'injection employé.
C’est ainsi qu'avec le chlorhydrate de cocaïne gauche nous n'avons jamais observé de convulsions, quelles qu’aient été la dose et la technique utilisées. La cocaïne gauche, qui, à dose toxique, provoque de si violentes convulsions cloniques chez le chien non endormi, produit donc la mort sans phénomènes convulsifs chez le chien anesthésié par le chloralose.
Le chlorhydrate de pseudococaine droïte, au contraire, provoque toujours des convulsions cloniques violentes chez le chien chloralosé lorsqu'on atteint la dose de 0%,008 par kilogramme en une fois, et avec cette substance, quel que soit le mode d'injection employé, la mort survient toujours après une phase convulsive plus ou moins longue. |
Il semble donc que les deux isomères : cocaïne gauche et pseudococaïne droite ne possèdent pas le même « point d’attaque » sur le système nerveux central.
Sur la pression artérielle, les deux corps étudiés produisent des modifications quelque peu différentes : l’injection d’une dose de 087,005 par kilogramme provoque d’abord une hypotension plus ou moins marquée, mais toujours de courte durée; les contractions cardiaques s’accélèrent, et bientôt la pression atteint ou même dépasse le niveau normal. Si on répète l’injection de 0%,005 par kilogramme, toutes les minutes, on provoque, avec la cocaïne gauche, une chute de plus en plus marquée et durable de la pression artérielle, et la mort survient, après une période de troubles cardiaques, par arrêt respiratoire. Dans les mêmes conditions expérimentales, les convulsions violentes produites par la pseudococaïne droite maintiennent la pression artérielle à un niveau élevé jusqu’à la période terminale; l'arrêt de la respiration précède alors de une à deux minutes l’arrêt cardiaque.
Nous présentons dans les tableaux suivants les résultats de nos essais de toxicité. Toutes les doses (fragmentaires ou totales) sont exprimées, non par animal, mais par kilogramme d’animal.
2 NS ee ———————mtm 000,
NUMÉRO Porps Dose de l'expérience. du chien, par kilo.
Chlorhydrate de pseudococaine droite.
A. Recherche VII. 10 kg. 087,025 Survie.
de la dose NADINE 11 » O8r,025 Mort.
léthale en’ [EX 10 » 08,030 Survie.
une injec-\ tion. Chlorhydrate de cocaïne gauche.
AC 10 » 081,025 Mort.