‹ Contribution à l'Étude de l'Anesthésie Lombaire: En particulier par la Méthode de Jonnesco ou RachicocainisationChapitre 6 sur 62 · II. L’anesthésie · texte numérisé non relu

II. L’anesthésie

La solution anesthesiante employée par M. le Professeur Jonxesco est une solution de stovaine et strychnine associées. M. Jonnesco a constaté que, en injection cervicale chez le chien, la stovaine pure à la dose de 1 centigr. 5 pour un chien de 10 à 15 kilogrammes (c'est-à-dire de 1 milligramme de stovaïne environ par kilogramme de matière vivante), amène régulièrement la mort par arrêt de la respiration, le cœur continuant encore à battre pendant quelques minutes.Seule larespiration artificielle, longtemps

prolongée, arrive parfois, mais non toujours a sauver l'animal. "

Pour parer à cette action paralysante de la stovaïne sur les centres nerveux, M. Joxnesco eût l'idée d'associer à la stovaïne un excitant du système nerveux, l'atropine. Il fit des expériences chez le chien : 4 cm 3 d’eau stérilisée contenant 0.03 centigrammes de stovaine et 0.0005 de sulfate neutre d'atropine, provoquait en injection cervicale une anesthésie parfaite du cou, de la tête et de la moitié antérieure du thorax qui, se prolongeait pendant 20 à 25 minutes ; le pouls restait normal ; la respiration, tout en

devenant inégale et superficielle n'avait aucune tendance à

s'arrêter.

Puis, M. Jonnesco eût l’idée de substituer à l’atropine la strychnine dont l'action physiologique se caractérise surtout par une augmentation persistante de la. puissance excito-motrice de la substance grise de la moëlle et du bulbe et en particulier par son action stimulante sur les centres respiratoires. Il employait chez le chien une solution contenant 0.06 centigr. de stovaïne et 0.00% à 0.005 milligrammes de strychnine par centimètre cube d'eau, et obtenait avec cette solution, en injection cervicale, une analgésie aussi complète que dans les expériences précédentes. D'autre part, le pouls restait normal, la respiration conservait toute sa régularité ; les seuls incidents observés étaient du nystagmus et parfois des mouvements convulsifs des membres, traduisant l'action excitante de la strychnine.

Fort de ces faits, M. JoxNEsco essaya chez l'homme ces injections de stigchnine et stovaine associées ; la rachistrychnostovaïnisation était créée. |

M. Joxxnesco® d’ailleurs, ne prétend pas que la stovaine est le meilleur des succédanés de la cocaïne, « Je l’emploie de préférence, dit-il, parce que je l'ai toujours employée, que je sais la manier et qu'elle m'a toujours donné d'excellents résultats. Mais on peut tout aussi bien employer la novocaine où la tropocaine ; le mélange sera aussi efficace et grâce à la strychnine, aussi innocent. » (1)

L'auteur n'emploie donc la stovaine que par habitude ;

(1). Jonnesco. La Rach. Anesth. gle Lococitato. Presse Médicale, 4909, n° 82. |

ane

il ne la considère pas comme préférable à la novocaïne ou la tropocaïne ; mais il la considère comme 1/3 ou 1/2 moins toxique que la cocaïne et la lui préfère en raison de ce qu'elle n'a pas ses propriétés vaso-constrictives.

Celle-ci cependant, dont le procès semble être définitivement fait par la majorité des auteurs, a encore conservé des partisans. Elle est employée notamment par M. le D: Le FiLciATRE et son élève DERANCOURT a consacré sa thèse à la défense de la rachicocaïnisation (1).

Cet auteur conclut que la cocaïne, maniée avec prudence et par un opérateur qui en a une longue expérience, reste un excellent anesthésique, et qu'il n'y a pas lieu de lui substituer l’un quelconque de ses succédanés.

Quoiqu'il en soit, les partisans de la cocaïne sont rares et beaucoups d'auteurs préfèrent même à la stovaine, ses autres succédanés. La novocaïne tend à être considérée comme la meilleure d'après AussirLoux (2) et M.CHAPuT (3) l'emploie couramment depuis quelques années (4). M. le Professeur ForGuE de Montpellier, s'est également rallié

à la novocaïine (5).

(1). DerancourrT. Contribution à l'étude de la rachicoc. Thèse, Paris, 1911-1912. :

(2) AussizLoux, loco citato.

(3). KümmeL. Presse Médicale.

(4). CuapuT. Rachinovococaïnisation. Journal de chirurgie. 1912, page 134. É

(5) Focus Rachiansethésie à la novocaïne, Académie de médecine, 4 juillet 1911.

vo 221"

Le

La tropacocaïne enfin serait d'après KümmeL (de Hambourg), la moins toxique, mais aussi la moins active.

La dose de stovaïine-strychnine, employée par M. Jox- NESCO, varie suivant le lieu de l'injection, l’âge de l'opéré et son état de résistance organique. Cet auteur fixe ainsi les doses à employer :

: Région dorso-lombaire : 0.06 à 0.10 cent. de stovaïne, 0.001 de strychnine.

Région dorsale supérieure : 0.03 de stovaine, 0.0005 à 0.001 miligr. de strychnine.

Chez l'enfant : 0.01 à 0.04 de stovaïne, 0.0003 à 0.0005 de strychnine. AE

Comme on le voit, la dose de strychnine reste la même chez l'adulte ; mais comme d'autre part la dose de stovaïne décroit à mesure qu'on se rapproche du bulbe, on peut

dire que proportionnellement la dose de strychnine varie

en raison inverse et que donc plus l'injection est prati-

quée près du bulbe, plus la dose de stovaine diminue, tandis que la dose de strychnine augmente.

La préparation de la solution anesthésiante doit être faite au moment même de son emploi, la stovaiïne comme la cocaïne d’ailleurs et tous les produits voisins,étant assez instable. M. Jonxesco décrivait en 4909 (4), la technique suivante :

Au moment de l'opération, la stovaine est introduite à la dose jugée nécessaire, dans un tube de verre muni d'un bouchon de caoutchouc et stérilisé à l’autoclave.

La stovaine ne peut être stérilisée, car l’action de la cha-

(1) Jonnesco. Loc, citato. P. M. 1909, n° 82, p. 721.

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