‹ Contribution à l'Étude de l'Anesthésie Lombaire: En particulier par la Méthode de Jonnesco ou RachicocainisationChapitre 7 sur 62 · ELA LEUR · texte numérisé non relu

ELA LEUR

leur lui fait subir des transformations physico-chimiques qui luienlèvent une partie de ses propriétés ; antiseptique par elle-même, elle n'a d'ailleurs point besoin de stérilisation. La solution strychninisée est préparée temporairement ; cependant la dissolution dela strychnine demandant quelque temps, il est bon de la faire un peu avant son emploi.

Dans un bocal de verre, bouché à l'émeri et stérilisé, on introduit 400 cm. 3 d'eau stérilisée, ae non distillée et de 0.05 à 0.10 centigrammes'de strychnine. On obtient ainsi une solution qui contient par centimètre cube de 0.0005 à 0.001 de strychnine.

La dissolution de la strychnine étant achevée, avec une seringue de Pravaz stérilisée, armée d’une aiguille, on aspire À cm. 3 de solution strychninisée ; on pousse ce liquide dans le tube qui contient la dose de stovaine jugée nécessaire pour l'anesthésie ; on bouche le tube et on agite : la dissolution se fait immédiatemment et la solution anesthésiante se trouve ainsi préparée.

M. Jonnesco a depuis modifié et perfectionné sa technique grâce à l'emploi de la stovaine stérilisée etsolidifiée, préparée en ampoules dosées (1) ; cette technique lui a permis de réduire considérablement la dose de stovaine employée (5 à 6 centig. au lieu de 8 à 10 pour la ponction basse ; 1 à 2 cent. pour la ponction haute). En même temps il a augmenté la dose de strychnine (2 millig. pour la

ponction basse, 1 pour la ponction haute).

(1) Jonnesco. La Rachianesthésie générale. XXIV* Congrès

français de chirurgie, Paris, octobre 1911.

L'injection doit être pratiquée, d'après M. Jonnesco, dès

qu'on a acquis la certitude, en constatant l'écoulement du

liquide céphalo-rachidien, d’avoir pénétré dans l'espace

archnoïdien.

D'après cet auteur, en effet, il ne faut laisser couler de liquide céphalo-rachilien qu'autant qu'il est nécessaire pour s'assurer que la pointe de l'aiguille se trouve en bonne place. M. JonxEsco va même plus loin et accuse la soustraction d’une quantité trop grande de liquide d’avoir des conséquences nuisibles, d’une part en provoquant des signes de défaillance ; d'autre part, en favorisant la diffusion trop rapide de la solution anesthésique.

Tous les auteurs ne sont pas d'accord sur la question de savoir s’il y a ou non intérêt à opérer la soustraction

de liquide céphalo-rachilien. Lorsque cette pratique a été préconisé pour la première fois, elle fut tout d'abord consi-

dérée comme en perfectionnement capital apporté à la technique classique de la rachianesthésie. Nombre de troûbles qu’on attribuait autrefois à l’action nocive de la cocaïne ou de ses succédanés, mais qui étaient dûs en réalité à l'hypertension intrarachidienne, allaient, pensait-on, disparaître grâce à cette modification de technique.

On alla même plus loin et certains auteurs soutenant cette hypothèse que l'introduction d'une solution aqueuse dans le canal dural était la cause principale des accidents observés, il y avait intérêt à employer le liquide céphalorachidien lui-même comme dissolvant. Il suffisait de recueillir le liquide dans un récipient stérilisé contenant la dose de stovaine et destrychnine à injecter, sous forme

pulvérulente ou en solution très concentrée, de façon à

n'introduire dans le canal qu'une très minime quantité

d'eau. Cette technique après avoir été employée par quelques chirurgiens n'a pas prévalu et l'usage ne semble pas s'en être beaucoup répandu. Cnapur retire de 15 à 20 centimètres cubes de liquide (1). AussirLoux (2) préconise la soustraction de 8 à 10 centimètres cubes de liquide, et DErancoURT (3) celle d'une quantité de liquide variable suivant sa propre tension; cet auteur propose de laisser s'écouler le liquide tant qu'il s'écoule en jet, c'est-à-dire tant qu'il semble traduire l'existence d'une hypertension, puis d'en soustraire ensuite 25 à 30 gouttes. Cette dernière méthode nous semble préférable pour notre part et nous pensons que la soustraction systématique de 10 à 20 centimètres cubes de liquide chez les sujets chez lesquels il n'y a pas hypertension pourrait devenir une cause d'accidents. Nous pensons en effet avec M. Joxxesco, que l'équilibre céphalo-rachidien ne doit pas être modifié et que s’il nefaut pas augmenter la tension intrarachnidienne, il ne faut pas non plus la diminuer ; qu'en conséquence la meilleure règle de conduite semble donc être de ne soustraire qu'une quantité de liquide équivalente à celle que l’on injecte. Nous ajouterons que lorsqu'il y a hypertension marquée, la soustraction d'une plus grande quantité de liquide, mais qui ne doit pas au grand maximum dépasser 8 à 10 centimètres

cubes nous paraît être indiquée.

(1). CHapur. Journal de Chirurgie, 1912, loco-citato. (2). AussiLLoux, loco-citato.

(3). DERANCOURT, loco-citato.

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