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INDICATIONS ET CONTRE INDIGATIONS

DE LA RACHIANESTHÉSIE

Bien que quelques chirurgiens, en particulier l’un des

premiers, M. CHAPur (1), et plus récemment M. Jonnesco et ses élèves, aient voulu faire de la rachianesthésie, une méthode générale applicable à toutes les interventions sur quelque région qu'elles portent, au même titre que les méthodes d’anesthésie générale par inhalation, la majorité | des auteurs n’en a pas moins continué à la considérer ou bien comme une méthode d'exception, ou bien et c'est l'opinion qui nous paraît la plus rationnelle, comme une méthode applicable à certains cas, mais non à tous.

La rachianesthésie, qu'on emploie la stovaine ou l’un quelconque des autres succédanés de la cocaïne, a donc ses indications. Et il est de toute évidence que le lieu de

l'opération est l'indication capitale. Malgré l'élan et

(1) CHapur. L’anesthésie générale ou très étendue obtenue par

le rachicocaïnisation. Presse Médicale, 1911, n° 90,

l'extension qu'a donné à cette méthode générale d’anesthésie, en particulier en Roumanie, la technique de M. Joxxesco, il n'en reste pas moins qu'elle se trouve avant tout indiquée dans les interventions sur les membres inférieurs, la région ano-périnéale, les organes pelviens et en particulier pour les opérations gynécolo-

giques.

Beaucoup de chirurgiens veulent que les indications de la méthode soit rigoureusement sous-ombilicales. Nous estimons qu’en employant la technique de M. Joxxesco, et en la maniant avec prudence et habileté, ces indications peuvent être étendues à tousles cas où l'on obtient une anesthésie suffisante par l'injection basse au point dorso-

lombaire, c'est-à-dire à la plupart des interventions

abdominales.

Nous estimons qu'il faut être plus réservé en ce qui concerne les cas où l’anesthésie, pour être obtenue, nécessite l'emploi de la ponction haute, au point dorsal supérieur, c'est-à-dire pour les opérations sur le thorax, et le membre supérieur. Il n'y a pas à nier que beaucoup de chirurgiens et en particulier M. Jonxesco lui-même ont obtenu par ce procédé des anesthésies parfaites, sans accidents ; mais en général l'anesthésie obtenue dans ces conditions est souvent imparfaite : la technique est plus difficile et nécessite une grande habitude, non pas tant pour la pratique de la ponction que pour la question de la position à donner au malade et celle de la dose d'anesthésique à employer. D'ailleurs sur les 69 observations que

nous avons réunies, l'injection dorsale supérieure n’a été

faite que 4 fois et dans chacun de ces cas des accidents se sont produits.

Enfin la méthode rachianesthésique nous semble n'avoir que des indications bien exceptionnelles dans les inter” ventions sur le crâne, la face et le cou, son emploi dans ces conditions exposant à de rééls dangers.

En dehors de la question du siège de l'intervention, la rachianesthésie reconnaît quelques autres indications. Elle aura de réels avantages en chirurgie d'armée par exemple, ou en chirurgie de campagne où elle supprime l'emploi d'un aide souvent difficile à trouver.

La rachianesthésie, a quelques avantages d'un autre ordre. Le malade quoique insensible reste présent à son intervention et il est. des cas où son consentement, au cours de l'opération, devient nécessaire pour étendre l'opération, pour décider l’ablation d’un organe important qu on n'aurait pas cru devoir être nécessaire avant de toucher du doigt les lésions.

Enfin on peut dire d’une manière générale que l’anesthésie lombaire se trouve indiquée lorsqu'il y a précisément contre-indication à l'anesthésie générale, du fait d'une lésion organique du cœur, d'une déchéance organique proonde, d'une lésion rénale ou pulmonaire, ou encore d'une grande appréhension de la part du malade.

M. Joxnesco affirme qu'il ne connaît pas de contre-indication À la rachianestésie; toutefois nous pensons pour notre part que le fait que l'intervention porte sur le crâne, la face ou le cou, doit être considéré comme une contre indication, à moins que tout autre mode d'anesthésie ne

se trouve rendu impossible.

L'âge n'est pas une contre indication, pour M. Joxxesco. D'après RHEM DE FRANGFORT (1), l’anesthésie lombaire est toutefois plus indiquée chez les vieillards que chez les jeunes gens en raison [de l'épaississement chez eux du scaglial qui s'oppose à la diffusion de l’anesthésique.

Le même auteur cite comme contre-indication à la rachianesthésie, l'existence d’une suppuration chronique viscérale, l'artério-sclérose et les troubles du système nerveux central. |

Enfin il faut placer au rang des contre-indications les cas où l’on se trouve en présence de sujets atteints d'une

insuffisance rénale ou hépatique reconnue.

(1) Ruen. L'anesthésie lombaire. Discussion du II: Congrès’ Inter-

national de chirurgie de Bruxelles, in Presse Médicale, 1908, n° 92.

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