‹ Contribution à l'étude de l'anesthésie paravertébrale cervicale dans la chirurgie du corps thyroïdeChapitre 14 sur 18 · AVANTAGES DE L'ANESTHÉSIE DU PLEXUS CERVICAL · texte numérisé non relu

AVANTAGES DE L'ANESTHÉSIE DU PLEXUS CERVICAL

Un fait est frappant et prime tous les autres: l'anesthésie régionale n'a jamais causé un seul accident mortel. Bornons-nous à constater que les anesthésiques généraux les plus employés : éther, chloroforme, chlorure d’éthyle, mélange de Schlecht, etc.,etc..., ont tous à leur actif des accidents mortels par syncope, complications pulmonaires, rénales ou hépatiques, qui pour exceptionnels qu'iissont existent cependant.

Mais, même en dehors de ces cas mortels peu fréquents, il est trois sortes d'accidents qui, eux, sont loin d’être rares dans les anesthésies générales et ne se voient pour ainsi dire jamais dans la régionale. Ce sont les vomissements, si pénibles pour l'opéré, qui se voient surtout dans l’anesthésie au chloroforme ; les complications pulmonaires légères, que l’on évite si difficilement dans l’anesthésie à l’éther, et enfin le shock qui est toujours sérieux dans toute anesthésie générale un peu longue, et qui se surajoute au shock opératoire. D’autre part des organes essentiels, comme les reins, le foie, pourront être

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dans l’avenir diminués fonctionnellement, et ceci n’est pas sans importance chez des sujets qui avant l'opération ont déjà ces organes plus ou moins déficienis. Rien de tel avec l’anesthésie paravertébrale, pas même la crainte d’«ëêtre endormi», et cette crainte chez certaines femmes nerveuses ne cède pas aux meilleures raisons. Le shock opératoire est réduit au strict minimum, pas de vomissements, pas de complications pulmonaires. Aucun trouble cardiaque, rénal ou hépatique, ou s’il en existait auparavant aucune aggravation : aussi la convalescence est-elle particulièrement rapide.

D'autre part la facilité et la simplicité de la technique, militent en sa faveur: dès la première fois qu’on pratique ceite anesthésie, on obtient les meilleurs résultats, si l’on a exécuté scrupuleusement, point par point, tous les détails de la technique : il s’agit seulement de faire preuve de patience et de sang-froid. Les connaissances anatomiques requises sont concrètes et peu compliquées : les repères simples et faciles à découvrir chez n’importe quel sujet.

De plus l’anesthésie paravertébrale donne une quiétude absolue au chirurgien : d’abord au lieu de surveiller l’anesthésiste et l'état du patient qui dort mal pendant la narcose, il peut librement, sans distraction aucune, s'occuper des divers temps de l'opération. D'autre part il n’est pas de situation plus embrouillée et plus délicate, que celle de l’anesthéciste qui administre l'éther ou le chloroforme, pendant une intervention sur le cou : constamment

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gêné par les bras de l'opérateur et de ses aides, par les champs qui recouvrent l’appareil,le moindre mouvement lui est pour ainsi dire impossible : la surveillance de la narcose devient par là même assez souvent défectueuse, et le patient reçoit une dose d’anesthésique plus élevée qu'il ne le conviendrait. Le chirurgien lui-même et ses aides sont gênés considérablement par la présence de l’anesthésiste et du masque : leurs mouvements sont moinslibres et leurs mains constamment exposées à des contacts septiques. Avec l’anesthésie paravertébrale le chirurgien et ses ajdes sont seuls autour de la tête du malade : ils peuvent sans crainte aucune de gêner personne ou de salir leurs gants, exécuter les gestes nécessaires à la bonne exécution de tous les détails de l'opération.

Le malade, resté conscient et maître de ses mouvements, pourra, sur leur demande, modifier son attitude, déplacer un peu sa tête, l’étendre ou la fléchir et ainsi faciliter un des temps de l'intervention. Rentré dans sa chambre ou dans la salle commune, il n'importunera pas ses voisins des cris et de l’agitation qui accompagnent presque toujours Le réveil de la narcose. Il sera dans son état habituel, aussi calme qu'avant l'intervention. }

La vitalité des tissus, enfin, n’est nullement diminuée par la solution anesthésique. Dans tous les cas qu’il nous a été donné d'observer, la cicatrisation s’est effectuée rapidement et normalement.

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