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Douleurs. — La douleur est en effet un symptôme que l’on retrouve dans la plupart des observations. Cependant comme pour les anévrysmes de la crosse de l’aorte, il existe des anévrysmes de l’aorte abdominale latents. Aucun symptôme douloureux n'’attire l’attention du malade et à la suite d’un effort violent il ressent une douleur intense de la région ombilicale qui s’irradie dans tout l’abdomen. Le facies devient pâle, le pouls est petit, filiforme, incomptable; les extrémités se refroidissent. L’abdomen se météorise et le malade meurt après quelques heures. L’autopsie révèle un anévrysme sacciforme de l’aorte-abdominale rompu dans le péritoine ou dans le tissu cellulaire sous-péritonéal.
L'intensité de la douleur est variable, elle n’est pas en rapport avec le volume de la poche anévrysmale mais dépend essentiellement du siège de la tumeur. Il y a en effet de grosses poches sacciformes lombaires peu douloureuses ; de petits anévrysmes au contraire déterminent des crises paroxystiques intenses. D’ailleurs les anciens auteurs avaient remarqué que les douleurs les plus fortes s’observaient dans l’anévrysme sous-diaphragmatique de la région cæliaque. Aussi Stokes a formulé la loi suivante : « L’anévrysme de l’aorte abdominale provoque des douleurs d’autant plus intenses que la lésion siège sur un point plus élevé. »
Les rapports que présente l'aorte abdominale avec le plexus solaire, les nerfs splanchniques, le sympathique lombaire, et les racines rachidiennes du plexus
lombo-sacré (nerfs abdomino-génitaux, nerf crural et
nerf sciatique) expliquent la fréquence et l'intensité de ce symptôme. D'après Roux,ces douleurs sont dues au processus inflammatoire ou irritatif déterminé par la périartérite qui englobe les nombreux filets nerveux, entourant l'aorte abdominale, et provoque ainsi des lésions de névrite. Mais si les douleurs névritiques sont fréquentes, la distension de la poche anévrysmale et l’usure des corps vertébraux par un anévrysme sacciforme, doivent entrer en ligne de compte comme cause des symptômes douloureux observés.
Il faut aussi tenir compte de l’état subjectif du sujet; chezles névropathes on observera des crises douloureuses paroxystiques très intenses qui nécessiteront même au début l'emploi d’injections sous-cutanées de morphine. =
Douleurs osseuses. — Les douleurs osseuses sont beaucoup plus fréquentes dans l’anévrysme sacciforme de l’aorte-abdominale que dans l’anévrysme de la crosse de l'aorte.
Cette fréquence est expliquée par les rapports anatomiques que présente cette portion du vaisseau, étant appliqué directement sur la face antérieure de la co-
lonne dorso-lombaire, tandis que la crosse de l’aorte est éloignée de la colonne dorsale par un certain nombre d'organes du médiastin, veine cave supérieure, trachée, œsophage et canal thoracique. Au début le malade se plaint de sensations de pesanteur localisées dans la région dorso-lombaire avecirradiations dans la fosse iliaque correspondante. Puis l'intensité de ces douleurs augmente ; elles sont profondes, transfixives et térébrantes
et apparaissent par crises. À cette période de la maladie la marche est impossibie. Ces crises douloureuses sont en outre réveillées par la palpation de la région lombaire, et par la percussion de la colonne vertébrale. Elles ont toujours une évolution progressive, et seule, la morphine donne au malade quelque repos.
Douleurs viscéralgiques. — Les douleurs viscéralgiques son! les plus communément observées soit sous forme de douleurs stomacales paroxystiques ou de crises gastralgiques avec irradiations dans les régions sous” hépatique et lombaire et simulant ainsi une affection du foie ou du rein.
Les doulèurs stomacales débutent insidieusement par l'apparition de nausées non influencées par l’ingestion d'aliments et disparaissant sans cause. Leur intensité augmente et de véritables crises gastralgiques apparaissent trois ou quatre heures après les repas. Ces douleurs sont comparées à des sensations de brûlure qui par leur acuité et leur répétition deviennent intolérables. Elles surviennent de préférence par crises, provoquent des vomissements alimentaires ou bilieux et quelquefois même des hématémèses. Les douleurs ont leur maximum d'intensité au niveau de la région épigastrique et elles s’irradient dans la région dorso-lombaire.
Elles sont réveillées par la palpation de la régio n stomacale et par la pression de l’apophyse épineuse de la 10° vertèbre dorsale (point dorsal de Rendu).
Leur évolution est progressive: apparaissant au début
à intervalles plus où moins longs, elles deviennent de
00e plus en plus fréquentes et leur acuité augmente. Cependant malgré leur intensité, les troubles digestifs sont peu marqués, l'appétit est conservé et les digestions sont normales.
Quand ces crises gastralgiques s’irradient dans l’hypocondre droit, le malade se plaint de douleurs au début insidieuses et qui augmentent d’intensité. Elles siègent au niveau de la région sous-hépatique et s’irradient dans la région dorsale. Ces crises douloureuses intermittentes et progressives provoquent des vomissements alimentaires et bilieux. Enfin elles sont réveillées par la palpation de la région sous-hépatique. Dans un cas on a même signalé, du fait de la compression du canal cholédoque par un anévrysme sacciforme, l’apparition d’un ictère chronique qui a dérouté le diagnostic et fait penser à un calcul du cholédoque. Mais habituellement il n’y a pas d'ictère.
Enfin si les crises gastralgiques prennent le type des douleurs rénales, le malade accuse des douleurs profondes, siégeant dans la région lombaire, ces douleurs sont unilatérales et peuvent s’irradier le long de l’uretère et jusque dans le testicule chez l’homme et le clitoris chez la femme.
A côté des douleurs osseuses et viscéralgiques, il existe dans l’anévrysme sacciforme de l’aorte abdominale une troisième forme de syndrome douloureux, ce sont ies
douleurs périphériques, qui par leur acuité et leur téna-
cité imposent dans certains cas un diagnostic.
Douleurs périphériques. — Ces douleurs périphériques peuvent revêtir trois types bien distincts de
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