‹ Contribution à l'étude de l'anévrysme sacciforme de l'aorte abdominaleChapitre 12 sur 32 · ROLE · texte numérisé non relu

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névralgie, soit la névralgie lombo-abdominale, soit la névralgie crurale, soit la névralgie sciatique.

Dans la forme de névralgie lombo-abdominale, le malade se plaint de sensations de pesanteur dans les reins. De la région des lombes les douleurs s’irradient latéralement et en avant, dans la région ombilicale, le

long des crêtes iliaques et dans la fosse iliaque cor-

respondante. Ces crises douloureuses deviennent pa-

roxystiques ; la flexion du corps, la station verticale augmentent leur acuité. La marche est difficile et douloureuse. C’est chez ces malades, présentant cette variété de névralgie, que l’on peut observer le signe décrit par Rendu sous le nom de claudication intermittente et qui, d'après cet auteur, serait pa‘hognomonique. Pendant la marche, brusquement des phénomènes douloureux apparaissent, accompagnés d'impotence fonetionnelle absolue, qui force le malade à s'arrêter. Pendant ces accès, des troubles vaso-moteurs s'observent ; la peau devient froide, et la sensibilité s'émousse. Après quelques minutes, la crise douloureuse est terminée, Nous avons observé une malade qui présentait nettement ce symptôme. Elle se plaignait de violents engourdissements du membre inférieur gauche qui survenaient sans cause pendant de courtes promenades : les douleurs la forçaient à s'arrêter, instinetivement elle soustraignait le membre inférieur douloureux au poids du corps et, si on ne la soutenait pas, elle avait tendance à tomber à gauche. Après quelques minutes, les douleurs disparaissaient et la marche pouvait être reprise.

Ces douleurs lombo abdominales sont exagérées par la pression au niveau de la crête iliaque et de l’orifice externe du canal inguinal : elles peuvent être calmées par le repos et le décubitus dorsal, mais elles réapparaissent quelques instants après avec leurs caractères paroxystiques et intermittents.

Quand les douleurs simulent la névralgie crurale, le malade accuse des élancements douloureux siégeant dans la partie antéro-interne de la cuisse et du genou. La marche est pénible et douloureuse et le signe de la claudication intermittente peut être observé.

Enfin la compression de l’irritation des racines rachidiennes ou du tronc lombo-sacré par un anévrysme siégeant au niveau de la 5° vertèbre lombaire, détermine des douleurs qui, s’irradiant dans l’un des membres inférieurs, donnent le tableau clinique de la névralgie sciatique. Au début, le malade se plaint de fourmillements et de sensations d’engourdissements, mais après des semaines et même des mois les crises paroxystiques caractéristiques s'installent. Cette évolution progressive différencie ce syndrome douloureux de la névralgie sciatique ordinaire qui est d'emblée très intense.

Les douleurs sont toujours unilatérales, elles partent de la fesse, et s’irradient dans la cuisse, le genou, et la jambe. Elles sont provoquées par la pression du sciatique ou de ses branches au niveau des points dou- Joureux décrits par Valleix. Dans l'intervalle des crises, les douleurs sont exacerbées par la recherche du signe

de Lasègue. Au début intermittentes et espacées elles

pe deviennent ensuite plus fréquentes et leur acuité rend le sommeil impossible.

Ces douleurs osseuses, viscéralgiques ou périphériques, peuvent être augmentées d’intensité par la pression des deux artères fémorales, mais ce signe, signalé par Schultze en 1878, est toujours dangereux à rechercher car du fait de l’augmentation de la tension sanguine dans le sac, on expose le malade à une rupture intra ou sous-péritonéale (cas de Saundry).

L'évolution de ces douleurs est toujours progressive : ce caractère est important et précieux pour le diagnostic de l’anévrysme sacciforme de l’aorte abdominale. A la période terminale elles deviennent lancinantes, transfixives ; les paroxysmes douloureux sont de plus en plus |: intenses et de plus en plus fréquents. Le malade essaye de prendre les positions les plus invraisembläbles pour calmer ses souffrances ; le sommeil est impossible et seul l’opium assure au malade une accalmié passagère.

Hémorragies. — A côté de ces symptômes douloureux le malade peut présenter des hémorragies soit sous forme d’hématémèses, d’hémorragies intestinales ou d’hémorragie interne. Ces hémorragies peuvent être mortelles et dans ces cas elles ont une valeur rétrospective ; elles peuvent être abondantes, non mortelles et elles acquièrent ainsi une grande valeur diagnostique et pronostique. Ces hémorragies gastriques et intestinales, apparaissant chez un malade porteur d'un anévrysme sacciforme de l’aorte abdominale présentent une

analogie certaine avec les hémoptysies abondantes an-

nonçant la rupiure d’un anévrysme de la crosse de l'aorte dans les voies aériennes.

Hématémèses. — Les hématémèses sont produites par une fissure de la poche anévrysmale dans l’estomac. On peut observer en clinique trois grandes formes d’hématémèses : la petite hématémèse, l’hématémèse d'intensité moyenne, et le grand vomissement de sang, toujours mortel.

La petite hématémèse est reconnaissable aux caractères du vomissement. Le sang est mélangé aux aliments, il a séjourné un certain temps dans l’estomac et il simule le vomissement marc de café du cancer de l’estomac. Les symptômes généraux sont nuls et quelquefois ces vomissements mare de café annoncent l’hématémèse d'intensité moyenne.

Elle détermine un véritable vomissement de sang, rouge, rutilant, les symptômes généraux sont assez accentués. Le malade est pâle et angoissé, le pouls est petit.

Dans notre observation ces hématémèses par leur abondance et leur répétition, survenant chez un homme âgé, avaient fait penser à un cancer de l’estomac. Chez ce malade on avait remarqué, après un certain nombre de vomissements de sang, un affaissement de la tumeur anévrysmatique qui était moins saillante et dont les limites avaient diminué. Les douleurs semblaient aussi moins intenses. |

Chez d’autres malades, par suite d’une grande fissure du sac dans l’estomac, une irruption brusque du sang se

produil analogue à la rupture de l’anévrysme de la crosse

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