COTE
« La poudre jaune de dioxydiamidoarsénobenzol est « versée au fond d’un verre à pied, puis mélangée soi- « gneusement avec quelques gouttes de lessive de soude
(10 à 12 gouttes par 40 centigrammes de « 606 »), de
façon à obtenir une sorte de pâte épaisse très homo-
« gène. Nous ajoutons ensuite dans le verre à expérience
une petite quantité d’eau salée physiologique à 8 °/., « dans laquelle nous délayons la pâte restée au fond du « verre ; en quelques instants on obtient une solution « d’une limpidité parfaite. » On étend ensuite au moyen d’eau physiologique, de façon à avoir une solution d'un titre déterminé {en général 1 centigramme de « 606 » pour 3 centimètres cubes de liquide).
Cette solution très limpide contient un excès de soude ;il faut réduire cette alcalinité au strict minimum. Pour cela,on ajoute goutte à goutte dans la solution de l’acide acétique jusqu'à persistance du précipité qui tout d’abord se redissolvait au fur et à mesure par agitation. À ce moment pour rétablir la limpidité de la solution, il suftit d'ajouter une ou deux gouttes de soude.
La filtration de la solution sur bougie Chamberland est utile car elle débarrasse le liquide des impuretés qu’il peut contenir. Peut-être n'est-elle pas indispensable.
« Pour pratiquer l'injection intraveineuse d’une quan- « lité assez grande de liquide, on emploie, à l’hôpital « Pasteur, un appareil à soufflerie extrêmement simple, « facile à désinfecter dont on indiquera la description. « Il se compose d'une large éprouvette graduée bombée
« à son extrémité supérieure, par un bouchon de caout-
Lu, Ce
« chouc percé de deux orifices ; daas l’un d’eux pénètre « un tube recourbé assez court, qui dépasse seulement « de 2 à 3 centimètres l’extrémité inférieure du bouchon, « et dont l'extrémité libre présente un léger étrangle- « ment qui contient une bourre de coton, l’autre ori- « fice est traversé par un tube long, également coudé « à son extrémité supérieure, descendant jusqu’au fond « de l’éprouvette ; à l’extrémité libre de ce tube est fixé < un tube de caoutchouc mesurant 75 centimètres à « 1 mètre de longueur terminé par un ajutage que l’on
« peut armer d'une aiguille ; tout près de l'ajutage, le
tube de caoutchouc a été sectionné circulairement, et « les deux tronçons ont été adaptés aux deux extrémi- « tés d’un tube de verre long de 3 à 6 centimètres. « L'appareil peut être stérilisé à l’autoclave.
« Au moment de pratiquer l’injection, après avoir in-
troduit le liquide dans l’éprouvette graduée, on adapte « au tube court une poire à soufflerie à l’aide de laquelle | « on fait pénétrer le liquide jusqu’à l’aiguille, une pince « à pression comprime alors le tuyau de caoutchouc « pour empêcher la rentrée de l'air dans l'appareil. « L’aiguille est alors enfoncée dans la veine, et il est « facile de s’assurer qu’elle est bien dans la lumière du « Vaisseau, car en ce cas on voit le sang pénétrer dans « le tube de verre interposé sur le trajet du tuyau de « caoutchouc. On enlève alors la pince et on actionne « la soufflerie. L'injection doit être poussée lentement « en cinq à six minutes environ. Si pendant l'injection « l'aiguille sort de la veine, on voit apparaître une boule
« d’æœdème en même temps que le malade accuse une
Th « vive cuisson. Il faut alors immédiatement retirer l’ai- « guille, comprimer le bras et laisser s’écouler un peu « de sang qui entraîne les quelques gouttes de la solu- « tion introduites dans le tissu cellulaire ; de cette façon « on évite la production d’une infiltration locale dou- « loureuse et gènante. Il peut arriver que quelques bul- « les d’air pénètrent dans la veine, mais il n’y a pas lieu « de s’en préoccuper, car la pénétration de l’air dans « les veines ne détermine aucun accident lorsque lin- « jection est poussée lentement dans les veines du pli « du coude (1). »
Pendant toute la durée de la maladie,le malade devra éviter les aliments toxiques : viandes, poissons de mer, conserves, fromages, mets épicés et boissons alcooliques ; et prendre de préférence un régime lacto-végétarien.
Enfin à la période terminale le traitement sera symptomatique, on combattra la douleur par le repos au lit, les applications de glace et les injections sous-cutanées
de morphine ou d’héroiïne.
1. Martin et Darré. Traitement de la syphilis par les injections intraveineuses d’arsénobenzol. Sociét. médicale des Hôp., 1910,