‹ Contribution à l'étude de l'angle de déclinaison de l'humérusChapitre 10 sur 11 · TES · texte numérisé non relu

TES

PIECE N° 6 COLLECTION DU LABORATOIRE D'ANATOMIE Fracture de l'extrémité inférieure

Os du côté gauche — Angle de déclinaison = Antérieur 8°

La fracture a porté sur l'extrémité inférieure.

Le bord antérieur, normal à sa partie supérieure, commence en avant du grand trochanter. A son extrémité inférieure (fig. XIIL), il se bifurque, mais ses deux branches, au lieu d’englober la fosette coronoïdienne, se terminent brusquement au niveau d'une surface libre disposée sur un plan perpendiculaire à l'axe du corps. En d’autres termes, l'extrémité inférieure du corps est libre et non recouverte par la trochlée et le condyle. La surface terminale dont je viens de parler ne forme pas un angle droit avec l’axe du corps, mais un angle égal environ aux deux tiers d’un angle droit = 60e.

Le bord externe est très net ; il ne présente rien de remarquable, pas plus, d’ailleurs, que ie bord interne.

Les faces ne présentent rien d’important à considérer; cependant, en examinant la face postérieure (fig. XIV), on constate que la cavité olécränienne, dont les dimensions paraissent supérieures aux dimensions normales, est en grande partie comblée par de la substance osseuse de nouvelle formation. Cette cavité olécränienne est divisée en deux parties presque égales par une crète osseuse saillante : la partie interne permet l’introduction d’un stylet qui vient ressortir sur le bord antérieur au-dessous du trait de la fracture; la partie externe n’est pas perméable au même moyen d'investigation.

A la région postérieure, la trochlée est moins large qu'à l'état normal. Elle présente en outre quelques rugosités, mais la plus grande partie du cartilage articulaire est conservée. Il n'en est pas de même du condyle (fig. XV) : le massif osseux est intact, mais le cartilage a disparu. L’épicondyle (fig. XVI) est normale, mais l’épitrochlée est notablement augmentée et rejetée en haut.

Si on considère l'angle que fait l'axe du corps de l'os avec la verticale en le plaçant debout sur un plan horizontal, on constate qu'ici l'angle est ouvert en bas ; on remarque en effet que la crète interne de la trochlée est située sur un plan supérieur à celui du condyle.

L'examen de cette pièce amène à expliquer de la manière suivante le mécanisme de la fracture : à la suite d’une chute sur le coude, l’épiphyse inférieure a été disjointe du corps de l'os, et cette épiphyse a glissé de manière à laisser l'extrémité de la diaphyse absolument libre et s’est trouvée placée sur un plan postérieur au plan de cette dernière.

Schéma de la projection (fig. XVII). — Mêmes signes que plus haut. ;

Avec un nombre de pièces aussi restreint que celui que j'ai pu obtenir, il serait téméraire de chercher à déduire de leur examen des règles bien absolues. Je dois du reste faire remarquer que je n’ai pu connaître, même approximativement, ni le sexe, ni l’âge des sujets qui on les ont possédées. Cependant, un enseignement important se dégage de la description qui précède : c’est que, sauf pour la pièce n° 1, dont l'angle est antérieur de 42, je trouve en général des angles dont la valeur ne dépasse pas la valeur normale. J'ai précédemment établi que, dans mes mensurations sur l'os normal, les limites extrêmes allaient de l'angle postérieur de 240 à l’angle antérieur de 21°; or, les angles présentés par les pièces 2, 3, 4, 5 et 6, sont compris dans ces limites. Et même, si la pièce 4 offre un angle antérieur de 7, je trouve, dans mon tableau relatifauxosnormaux, deux os présentant le mêmeangle. Si la pièce 5 offre un angle postérieur de 4°, je trouve dans lemême tableau unos normal présentant le même angle. J’en dirai autant de la pièce 6. Ilest vrai que la pièce 1 dépasse de beaucoup les limites normales; mais, en présence de cet angle de 42, on doit se rapporter à la description qui précède et à la lecture de laquelle on peut se convaincre qu'on a là affaire à un os entièrement modifié par une lésion inflammatoire. En effet, l’épiphyse supérieure n’exisle plus qu'à l’état d’une coque osseuse délimitant une vaste excavation; puisqu'on admet aujourd’hui que la torsion de l'os s'opère au niveau du col chirurgical, et que, dans la pièce dont il s’agit, cette région ne peut offrir aucune résistance en raison de sa nouvelle constitution anatomique, on peut admettre que l'angle ne s’est exagéré que de ce chef.

Un autre faif ressortant de l'examen des pièces est le suivant : l'angle est antérieur dans cinq pièces, postérieur

dans une seule, Cet angle a été déterminé au moyen du trepsimètre. Cet appareil maintient fixe l’extrémité supérieure, l'extrémité inférieure seule est libre. Dans ces pièces, c'est donc l’épicondyle qui a été attirée en avant, ou bien l'épitrochlée qui a été attirée en arrière. Faut-il voir là une manifestation de la tonicité musculaire? L’avant-bras et la main, dont les principales fonctions exigent un mouvement de pronation, exercent-ils, par l'intermédiaire des muscles qui les meuvent et dont plusieurs s’insèrent à l’épicondyle, une action rolatoire en avant sur cette apophyse? Et la déviation postérieure observée sur la pièce 5, ne pourrait-elle s’expliquer par la moindre importance du système musculaire chez la femme ?

Quoiqu'il en soit, j'observe généralement une rotation antérieure. Que faire pour la prévenir pendant le traitement ? . Quel que soit l'appareil que l'on croit devoir employer, le sommet de l’épicondyle doit regarder directement en avant et se trouver sur une ligne verticale menée de la pointe de l’acromion; mais je dois remarquer que, si cette règle doit être considérée comme inviolable dans des cas analogues à celui présenté par la pièce 1, il n’en est pas de même quand l’angle ne présente qu’une valeur relativement modérée. Les angles des pièces que j'ai décrites sont tous, sauf celui-là, compris dans des limites normales, et l’on aurait tort de faire abstraction des autres inconvénients du traitement des fractures, comme l’ankylose ou la pseudarthrose, pour s'attacher plus particulièrement à corriger une rotatation n'ayant rien d'excessif.

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